10 manières d’utiliser le corps pour apprendre

10 manières d’utiliser le corps pour apprendre

Le corps peut faciliter la compréhension et la mémorisation. L’apprentissage gestuel est souvent oublié et pourtant il est à la base de nombreux métiers (artisans, athlètes, danseurs, chirurgiens…).

utiliser le corps pour apprendre c'est favoriser le développement des fonctions cognitives de l'enfant

Les enfants gagneraient en efficacité d’apprentissage s’ils apprenaient à utiliser leur corps et leurs sensations corporelles pour apprendre, comprendre et mémoriser. Voici quelques idées qui ne demandent qu’à être testées, enrichies et complétées !

1. Manipuler des Kaplas au sol pour les périmètres et les aires

kaplasC’est ce que j’ai proposé à un élève de CM1 que j’accompagne. Nous nous sommes assis par terre et je lui ai demandé de construire un carré en Kaplas (planchettes en bois). Je lui ai ensuite demandé de me monter le périmètre et de l’exprimer en Kaplas. Il a même déroulé les Kaplas les uns à côté des autres pour se rendre compte que le périmètre est la somme de la longueur de chaque côté puis nous les avons mis les uns en dessous des autres pour comprendre que tous les côtés avaient la même longueur.

Nous avons ensuite rempli le carré de Kaplas pour comprendre la notion d’aire et la différence entre aire et périmètre.

On peut également imaginer le même principe avec des Lego.

 

2. Rattraper un ballon au moment de répondre à une question

Cette idée de répondre à une question en attrapant une balle ou un ballon est utilisé dans certaines pédagogies comme la pédagogie Steiner-Waldorf.

Bénédicte Denizot écrit dans  Jeux pour apprendre d’après la pédagogie d’Antoine de la Garanderie que :

« Ce jeu est un exemple de l’utilisation du ballon pour mémoriser les associations possibles entre deux listes [par exemple, le nom d’un pays et sa capitale ou une opération et son résultat], tout en faisant de l’interrogation un moment ludique. L’enfant est obligé de se souvenir très vite parce qu’il est accaparé par une autre mission : attraper le ballon. »

Utilisez ce jeu pour toutes sortes listes : vocabulaire bilingue, capitales des pays, tables d’addition, tables de multiplication… A condition que ça l’amuse !

 

3. Mimer des scènes historiques ou littéraires

Avec une élève de 5° qui avait du mal à comprendre les relations entre suzerains et vassaux, nous avons mis en scène la cérémonie de l’Hommage afin qu’elle comprenne les relations de dépendance et de pouvoir entre le suzerain (supérieur) et le vassal (inférieur).

Elle s’est agenouillée pour me jurer fidélité puis je lui ai pris les mains dans les miennes, et je lui ai donné un objet symbolisant le fief. Une vraie-fausse reconstitution historique :-).

 

4. Mémoriser les mesures des angles en ouvrant plus ou moins les bras

J’avais également vu une photo sur Internet d’une classe dans laquelle les mesures des angles étaient symbolisées au sol : chaque fois que la porte s’ouvrait, on pouvait regarder la mesure de l’angle correspondant au degré d’ouverture de la porte.

 

5. Apprendre ses leçons en marchant de long en large

Dans une école, les tables de multiplication ont par exemple été scotchées sur les marches d’escalier. Chaque fois que les élèves empruntent les escaliers, ils ont les tables sous les yeux.

Source : http://www.gamaniak.com/

Source : http://www.gamaniak.com/

6. Utiliser le corps comme une boussole

Cela peut par exemple servir de repère sur une carte de géographie pour des enfants ne se souvenant jamais de l’Est et de l’Ouest. La tête est le Nord, le bras droit est l’Est, le bras gauche est l’Ouest et les pieds sont le Sud.

 

7. Inventer des repères gestuels pour mémoriser ses leçons

L’enfant peut compter sur ses doigts le nombre d’idées principales d’un texte et les cite au fur et à mesure qu’il lève ses doigts. Je le faisais beaucoup plus jeune avec les titres et sous titres des chapitres.

 

8. Aborder les additions par la pesée

Dans la pédagogie Montessori, la notion d’addition est abordée à l’aide d’un foulard. L’enfant met les perles correspondant aux unités des nombres à additionner dans un foulard . Il est ensuite invité à le soupeser :  “Ce n’est pas lourd ? On peut ajouter les dizaines ?”

A chaque fois que l’enfant ajouter des perles dans le foulard (perles des dizaines, des centaines et des milliers), il est invité à soupeser pour se rendre compte du poids qui augmente : “lorsqu’on met tout ensemble, c’est lourd, ça fait beaucoup.”.

montessori pas à pasSource : Pédagogie Montessori pas à pas, Le calcul et les maths (disponible sur ecole-vivante.com)

 

9. Ecrire des mots dans l’espace ou dans le dos

L’écriture en l’air ou dans le dos d’une personne donne aux mots une existence corporelle. Pour les enfants qui ont du mal à mémoriser l’orthographe d’un mot, les écrire avec la main dans l’espace peut les aider à ancrer l’enchaînement des lettres dans leur corps. J’adore pour ma part faire écrire des lettres cursives par ma fille dans mon dos : elle apprend le geste et me fait un massage au passage 🙂 (et comme je ne suis pas – tout à fait – une mère indigne, on inverse aussi et j’en profite parfois pour lui demander de reconnaître la lettre que je trace dans son dos).

Pour retrouver l’orthographe d’un mot, les enfants peuvent aussi faire semblant de l’écrire sur la table avec le doigt.

 

10. Retenir une date ou un code grâce aux mouvements faits par la main sur un clavier numérique


Ce ne sont que des propositions parmi d’autres, mais elles permettent d’ouvrir le champ des possibles :-). A chacun d’inventer ses propres manières d’utiliser l’intelligence du corps et d’ajouter une corde à son arc pour acquérir des connaissances plus facilement et plus efficacement !

A retenir : plus un enfant est jeune, plus il lui est difficile de rester immobile et attentif.

Le temps maximum d’immobilité qu’on peut raisonnablement demander à un enfant de primaire serait de 10 à 20 minutes en primaire; de 30 à 40 minutes pour des élèves de collège et lycée.

Pour plus d’idées, je vous conseille la lecture de ce livre :
Donner l’envie d’apprendre: Comment aider vos enfants à réussir à l’école

9 réponses

  1. vio dit :

    Bonjour,

    Je suis depuis longtemps vote blog auquel je suis abonné via bloglovin’. Je suis aussi professeur des écoles et maman d’un enfant EIP. J’aurais aimé avoir un retour d’expérience de votre part. Je crois comprendre que vous aidez d’autres enfants dans leurs apprentissages. Avez-vous entamé une reconversion ? Je suis en disponibilité pour rapprochement de conjoint depuis trois ans déjà, et mon métier me manque. Je suis en recherche d’autres actvités qui me permettent de renouer avec « mes élèves ». Bien cordialement.

    • Caroline dit :

      Bonsoir

      merci pour votre message :-).

      J’ai pour ma part fait un passage éclair dans l’Education Nationale car je ne m’y suis pas du tout plu. En revanche, j’ai gardé contact avec le monde de l’éducation car je suis maintenant « enseignante à domicile ». J’interviens auprès d’enfants déscolarisés et instruits en famille qui présentent des difficultés d’apprentissage. J’accompagne les parents dans leur choix d’instruction en famille en respectant les désirs de chaque famille et en prenant en compte les spécificités de chaque enfant.
      Je fais également du soutien scolaire (même si je n’aime pas ce mot auquel je préfère le terme d’accompagnement). Je donne des pistes pour apprendre autrement en intégrant du mind mapping, des lapbooks, de la manipulation de matériel, de la pédagogie Montessori, des exercices de créativité, du yoga, de la pleine conscience, de la psychologie positive, de la prise en compte des intelligences multiples, des jeux… mon objectif est que mes « élèves » prennent autant de plaisir que moi :-).

      J’espère que vous arriverez vous aussi à « créer » votre activité.

      Bonne soirée
      Caroline

  2. Leveau Fabienne dit :

    Blog passionnant! Je suis enseignante mais en pleine réflexion sur d’autres façons d’accompagner l’apprentissage des enfants.
    Même si j’ai mis en oeuvre dans ma classe des éléments de pédagogie coopérative je reste très insatisfaite du système scolaire.
    Votre expérience m’intéresse. Quel est votre parcours? Comment en êtes vous arrivée à cet accompagnement des familles « unschooling »?
    Quelles compétences avez vous du développer? Est ce une formation autodidacte que vous avez suivie?
    Merci de toutes les informations que vous pourrez m’apporter.
    Fabienne Leveau

    • Caroline dit :

      Bonjour,

      merci pour votre message.
      Mon parcours est une suite de hasards et de bouche à oreille :).

      Suite à mon passage dans l’Education Nationale, j’ai senti un immense besoin de m’auto-former à la communication, à la psychologie de l’enfant et au développement personnel. J’ai donc commencé à beaucoup lire, à acheter des livres, à regarder des vidéos, à me rapprocher d’associations (type Colibris ou Familles pratiquant l’IEF). C’est à l’occasion d’échanges lors d’une réunion de familles IEF qu’a germé l’idée d’accompagner ces familles-là.

      Je fais aussi du soutien scolaire plus « classique » (disons orienté pédagogie active et psychologie positive). Et je partage mes outils, mes apprentissages, mon cheminement sur le blog :).

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