12 propositions pour remplacer les « Dépêche-toi » et autres « Moi, je m’en vais ! »

J’ai lu avec intérêt le billet Tu ne viens pas ?…. Moi, je m’en vais sur le blog Ensemble naturellement. Je pense que tout le monde est d’accord a priori sur l’intérêt de ne pas trop presser ni menacer l’enfant (bien que j’avoue y avoir déjà eu recours) mais justement, comment agir au mieux dans des situations de départs plus ou moins pressés ?

12 idées concrètes pour remplacer les « Dépêche-toi » et autres « Moi, je m’en vais ! »

Même s’il n’existe pas de solution miracle prête à l’emploi à dégainer dans toutes les situations, je vous propose quelques idées concrètes pour remplacer les « Dépêche-toi » et autres « Moi, j’y vais ! ». Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive mais est plutôt à prendre comme une source d’inspiration :-).

  • Chanter

Je l’avais testé avec une de mes petites élèves de moyenne section. Elle aimait bien prendre son temps et se faisait régulièrement « enguirlander » par les ATSEM : « Mais tu es encore la dernière, dépêche-toi donc, c’est pas possible d’être aussi lente ! ».

J’étais en remplacement et cela m’a brisé le coeur. Je me suis donc occupée d’elle au moment de mettre chaussures et manteau avant d’aller en recréation : pour la motiver à s’habiller, j’avais inventé une petite chanson avec son prénom et les étapes à suivre pour pouvoir ensuite aller jouer.

L’idée était de personnaliser la chanson sans poser une étiquette négative sur elle, de lui montrer comment s’y prendre (d’abord les chaussures puis le manteau, le bonnet, l’écharpe et enfin les gants) et de lui faire comprendre qu’elle aurait plus de temps pour jouer en s’habillant plus vite.

Et, en tant qu’adultes, quand on chante, on ne s’énerve pas :-).

  • Faire la course

Classique mais efficace :-). Je l’utilise tout le temps avec ma fille mais on aime bien pimenter le jeu. Par exemple, c’est très compliqué de la motiver pour aller à la douche. Du coup, je lui propose de faire la course : « Plutôt en araignée ou en girafe arrière ? ». Et on varie : en pas chassés, en canard, à cloche pieds…

J’aime bien en rajouter. Dernièrement, j’ai eu un accident de mur (j’ai malencontreusement foncé dans le mur en position girafe arrière…). Il va sans dire que je la laisse gagner :-). Je ne sais plus où j’avais lu cette phrase qui m’a marquée :

Qui est le mauvais perdant quand c’est le parent qui refuse de laisser l’enfant gagner ?

  • Poser la question : De quoi as-tu besoin avant d’y aller ?

Je recours aussi souvent à cette phrase. Hier encore à la pharmacie, ma fille jouait avec des rails en bois. Une fois que j’eus fini au guichet, elle ne voulait bien sûr pas partir car elle s’amusait trop bien.

Je lui ai demandé ce qu’elle avait envie de faire avant de partir. Elle m’a répondu : « Un dernière technique pour poser les rails ». Je lui ai dit « d’accord » tout en lui précisant que je commençais à m’avancer vers la sortie. Elle a donc fait sa construction, me l’a montrée de loin et a rangé les rails.

Je l’ai attendue sur le perron de la pharmacie en mettant mon bonnet et mes gants histoire de lui montrer que j’étais bien sur le départ tout en l’attendant. Nous sommes reparties tranquillement en parlant des circuits de train et des techniques qu’elle avait utilisées pour construire son circuit.

  • Mettre le minuteur/ prévenir à l’avance

J’ai acheté un Time Timer et je m’en sers régulièrement (un minuteur de cuisine, la sonnerie du réveil ou un sablier font aussi l’affaire mais le Time Timer a l’avantage d’être visuel pour les enfants et d’émettre une sonnerie).

Parfois, je le règle en disant « Dans 5 minutes, on y va », parfois je lui demande de combien de temps elle a besoin pour finir son activité (quand je sais que nous sommes moins pressées).

Plusieurs types de Time Timer sont disponibles sur Amazon :

Vous pouvez aussi vous aider d’une horloge à aiguille (« quand la grande aiguille sera sur le 6, on y va ») ou un cadran numérique (« quand tu verras le nombre 30 à droite, on y va »). Mais cela peut aussi se compter en nombre de tours de toboggan etc…

  • Réfléchir les sentiments de l’enfant

Il nous arrive aussi à nous adultes de ne pas avoir envie de quitter un endroit qu’on aime bien (… notre lit par exemple !)… on sait bien qu’on doit quitter notre lit à un moment ou à un autre mais on va préférer le faire en douceur plutôt qu’être violemment extirpé du lit. C’est pareil pour les enfants :-).

On peut reconnaître le sentiment de l’enfant en lui disant que oui, c’est agréable de jouer au parc et qu’on comprend qu’il n’ait pas envie de partir.

Je comprends que tu ne veuilles pas mettre ton manteau.

Tu as le droit d’être en colère parce que tu ne veux pas partir.

Je vois bien que tu t’amuses et que tu préférerais rester.

  • Parler de nos sentiments

On peut dire à l’enfant l’état dans lequel nous met le fait d’être en retard ou de devoir se presser. On peut l’exprimer de manière non violente en exposant ce que l’on ressent dans une situation donnée et exprimer nos besoins.

Je suis nerveux(se)/impatient(e)/ irrité(e)  quand tu traînes au moment de partir car j’ai besoin de respect/ de soutien/ de compréhension. Je te demande de t’habiller dans les temps convenus pour arriver à l’heure.

C’est le principe de la communication non violente :

Communication Non Violente par Marshall Rosenberg

  • Se rapporter à une situation vécue par nous dans notre enfance

Je me souviens d’une fois où ma fille était particulièrement récalcitrante à aller à l’école. J’ai combiné réfléchir les sentiments et faire la course pour qu’elle daigne s’habiller mais elle traînait toujours dans l’escalier et sur le parking.

Je me suis alors mise à lui parler de ce que je faisais à l’école quand j’avais à peu près son âge, je lui ai raconté des anecdotes, je lui ai expliqué que, dans mon école, le même garçon arrivait toujours en retard car il regardait un épisode de La petite maison dans la prairie jusqu’à la fin avant de revenir en classe ! Il arrivait toujours avec une ou deux minutes de retard tout essoufflé car il avait absolument besoin de regarder l’épisode en entier ! Elle m’a posé des questions sur le garçon en question et sur la série; on n’a pas vu le trajet passer finalement !

  • Proposer des choix et poser des questions impliquantes, engageantes

Il faut que tu mettes ton manteau pour aller dehors, mais tu préfères peut-être rester dans la maison ?

Il pleut dehors  qu’est-ce qu’on met aux pieds quand il pleut ?

Tu as envie de passer par le chemin de l’église ou celui de la mairie pour rentrer ?

  • Jouer

Cela peut passer par le jeu de Jacques a dit. Par exemple, Jacques a dit : »Mettez la chaussure droite », Jacques a dit : »Mettez le bonnet ». Vous pouvez aussi « piéger » l’enfant : « Jouez » ou « Enlevez le manteau »… et non, j’ai pas dit Jacques a dit :-).

Vous pouvez lancer des défis à l’enfant sur le thème de « Je parie que… » : « Je parie que tu n’arrives même pas à appuyer sur le bouton de l’ascenseur avant que je finisse de mettre mes bottes. »

Il est aussi possible de proposer à l’enfant de le porter dans le dos, de faire le cheval, de jouer à la bagarre-poursuite…

« A ton avis, qu’est-ce qui va le plus vite : le porté cheval ou le porté escargot ? »

« Et si on essayait le porté sac à patates ? »

  • Attirer son attention vers l’endroit où nous voulons aller

J’ai vu… là dehors.. on va voir ?

Viens vite voir, j’ai vu…

Est-ce que ça t’intéresse de voir… ?

Je crois avoir vu… est-ce que tu l’as vu aussi ?

Si on poursuivait le… que je viens de voir ? Il a tourné par là je crois…

  • Entrer dans l’imaginaire de l’enfant

Si l’enfant ne veut pas partir d’un endroit car il joue ou qu’il veut absolument acheter une chose par exemple, on peut avoir recours à l’imagination : « Tu voudrais cette peluche ? qu’est-ce que tu pourrais faire avec ? moi je ferais ça… A ton avis, elle aurait quelle taille la plus grosse peluche du monde ? ».

L’idée est de continuer à marcher tranquillement tout en parlant et en stimulant l’imagination de l’enfant. Le désir n’a pas forcément besoin d’être comblé mais d’être entendu.

Vous pouvez aussi noter la chose dont l’enfant a envie dans un carnet secret des désirs de Lou/Tom/ Léa/Hugo… Vous pouvez lui dire de garder cette idée dans sa tête pour Noël ou son anniversaire.

Je développe cette idée dans l’article L’imagination au service de l’éducation.

  • Aider l’enfant à trouver une solution

Ce n’est pas forcément évident à faire pendant l’action surtout si l’enfant entre en crise pour ne pas aller ou partir à un endroit. Mais cela pourra se faire en amont en anticipant les difficultés rencontrées (« muscler » le cerveau de l’enfant comme dirait Isabelle Filliozat) ou en aval (après coup, rejouer la scène avec des jouets ou en reparler pour demander à l’enfant ce qu’il ou ce que vous auriez pu faire pour que les choses se passent dans le calme.)

Cela peut se passer dans le cadre d’un temps d’échange en famille par exemple. J’en parle dans cet article : Le temps d’échange en famille : un outil de discipline positive.


Ces propositions restent de simples propositions issues d’expériences personnelles et de quelques lectures. Elles peuvent bien sûr être mixées les unes avec les autres. Parfois, elles fonctionneront dans certaines situations, pas dans d’autres, avec certains enfants, pas avec d’autres.Mais l’idée principale reste de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’enfant et de rester présent, attentif aux besoins, aux sentiments de l’enfant.

Quoiqu’il en soit, ces idées ne prennent pas plus de temps à mettre en oeuvre que de faire face à d’énormes crises avec tapages de tête par terre et hurlements  :-).

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52 Réponses

  1. biovalam dit :

    Hello

    Super article qui tombe à pic ! J’ai un peu trop tendance à presser mon’ petit monde le matin.
    La phrase sur le mauvais perdant vient de filliozat

    • Caroline dit :

      Bonjour

      merci pour votre message :-). J’espère que vous pourrez y trouver des pistes pour le quotidien.

      Merci pour la source, j’aurais juré que c’était Faber et Mazlish mais j’avais un doute donc je me suis abstenue… j’ai bien fait du coup !

      Bonne journée
      Caroline

  2. Adeline dit :

    Moi, il y a un autre truc qui marche très bien avec mon 5 ans, en dernier recours, quand il est tellement dans son jeu, qu’il ne peut pas m’écouter, c’est une phrase positive courte et précise : « Je m’en vais avec toi maintenant !  »
    Et je me dirige lentement vers la sortie… Il m’a toujours rejoint avant que je sorte, sans stresser que je parte seule.
    Je l’utilise aussi quand je suis trop fatiguée, stressée, pressée car elle permet de se rattraper quand les mots trop entendus me rattrapent « Moi je m’en vais…. avec toi et maintenant ! »

  3. Paulina dit :

    Bonjour,

    Article très intéressant ! Par contre comment faire avec un bonhomme d’à peine 2 ans qui ne parle pas encore et qui se roule parterre en hurlant avant même que j’aie eu le temps de lui expliquer les choses ? 🙂 J’essayerai déjà de m’inspirer de toutes ces astuces pour commencer moi-même par changer d’état d’esprit et être plus positive. J’imagine que cela aidera pour créer une atmosphère propice à la compréhension mutuelle. Cela dit s’il y a d’autres astuces pour des enfants plus jeunes, je suis preneuse 🙂

    • Constance dit :

      Bonjour Paulina,
      Peut-être pouvez-vous essayer de prévenir votre enfant un peu plus longtemps à l’avance de ce qui va se passer pour lui. Par exemple : lui donner le programme de la journée dès le matin, lui indiquer au début du repas ce qui se passera après le repas, parler un peu des personnes chez lesquelles vous irez, de l’endroit où il passera l’après-midi sans vous, et pourquoi pas du fait qu’auparavant il faudra mettre chaussures et manteau et aller dans la voiture, etc… L’idée n’est pas de lui rabâcher les choses pour mieux le préparer, mais de les lui dire une fois suffisamment à l’avance pour qu’il ait le temps de s’y préparer psychologiquement, pour qu’il puisse en parler de son point de vue ou poser les questions que cette perspective suscite en lui, et qu’une fois l’action en question arrivée vous puissiez lui rappeler que c’est une chose dont vous aviez déjà parlé précédemment (« tu te souviens, on en a parlé tout à l’heure, maintenant c’est l’heure de la sieste »).
      Bonne recherche 🙂
      Constance

    • Caroline dit :

      Bonjour Paulina,

      Merci pour votre message.
      je vois que vous avez déjà eu une réponse et je suis ravie que le site puisse être une plate-forme d’échange entre mamans :-).

      Je me permets d’ajouter quelques pistes :
      – Quelques minutes avant de partir, vous pouvez le prévenir et lui donner un choix : « Dans 5 minutes, on y va (quand la grande aiguille sera en bas par exemple ou le temps de faire 3 tours en cube…). Tu voudras mettre ton manteau tout seul ou que je t’aide ?/ Tu préféreras mettre le blouson marron ou la veste verte ?/ Tu commenceras par mettre quoi en premier : le manteau ou les chaussures ? » Comme ça, l’enfant sait qu’il lui reste du temps avant de partir et il aura anticipé les étapes à suivre avant de partir.

      – Reconnaître que c’est embêtant de partir quand on s’amuse bien et proposer d’emmener le jouet avec lequel il est en train de jouer (je le fais souvent avec ma fille) : « Je comprends que tu sois fâché de partir, tu avais l’air bien occupé et tu voulais continuer à jouer/regarder le dessin animé/ dessiner… Nous devons partir mais je te propose de choisir une chose à emmener » La dernière fois que nous sommes allées faire des courses, ma fille jouait justement à la marchande et elle a absolument tenu à emmener son caddy en plastique. Au début, j’ai refusé et finalement, je me suis dit que c’était absurde de refuser. Elle était ravie d’avoir son caddy dans le magasin et elle a même mis dedans une partie des achats :-).

      J’espère que ces quelques pistes pourront vous aider et peut-être ouvrir sur d’autres idées.

      Bonne journée
      Caroline

    • zaragoza dit :

      Bonjour j’ai des jumeaux de 2ans. Et effectivement chaque action est préparée répétée plusieurs fois avant. A chaque sortie je répète dans la voiture plusieurs fois. Ça marche pas trop mal. Je suis pas à l abri de louper bien évidemment. Mais c’est souvent ma faute. Malpréparé au départ trop de bruit trop de monde. Bref ça marche la répétition . Bonne soirée 😉

      • Caroline dit :

        Bonjour,

        merci pour votre message.

        Je suis complètement en ligne avec votre message :-). Les crises d’enfant ont toujours une raison dans l’environnement ou la préparation : le manque d’information ou de préparation de l’enfant à ce qui va suivre peut être source de stress et de comportements qu’on jugera inappropriés. L’avantage est qu’une fois qu’on a compris ça, il y a moins en moins de crises 🙂

        Bonne journée
        Caroline

  4. Constance dit :

    Merci pour ces idées Caroline !

    • Caroline dit :

      Bonjour

      Avec plaisir :-). Et merci pour votre message : les commentaires des lecteurs et lectrices sont mes meilleurs encouragements !

      Bonne journée
      Caroline

  5. ny dit :

    Merci pour cet article. . Je suis en plein dedans avec mon 2 ans. . Voici un bon plan : Le time timer existe en appli sur les smart phone.

    • Caroline dit :

      Bonjour

      merci pour votre message !

      Cette information tombe très bien puisque ma fille a fait tomber le Time Timer et qu’il ne fonctionne plus maintenant : à point nommé :-).

      Bonne journée
      Caroline

  6. Marie dit :

    Bonjour
    Merci pour cet article. C’est exactement ce que j’ai fait spontanément avec ma fille aînée ( 4 ans 1/2) mais je m’aperçois que je ne l’ai absolument pas mis en place avec ma deuxième ( 2 ans 1/2 ) avec qui j’ai automatiquement et sans m’en rendre compte pris le chemin des  » dépêche toi, je m’en vais sans toi  » ! …
    C’est bien moins efficace et je m’énerve beaucoup plus souvent !
    Merci donc de m’avoir  » remise dans le droit chemin  » !

    • Caroline dit :

      Bonjour

      merci pour votre message.

      Il ne s’agit pas de « remettre dans le droit chemin », je ne souhaite pas me poser en donneuse de leçon :-). Mais plutôt proposer quelques alternatives pour un quotidien plus doux.
      Je suis ravie de savoir que vous pourrez piocher quelques idées dans cet article.

      Bonne journée
      Caroline

  7. Lauriane dit :

    Merci beaucoup pour ce billet ! Ence moment c’est au moment de repartir de la garderie que j’ai le plus de mal a réfréner mes « dépêche toi », moi je veux rentrer au plus vite a la maison, et lui veut jouer encore avec ses copains… Et au final les moments ou ça se passe le mieux sont ceux ou je lui laisse le temps de terminer de jouer 🙂
    Bonne journée !

    • Caroline dit :

      Bonsoir,

      merci pour votre message 🙂

      Pareil ici… encore la démonstration ce soir : elle était chez une amie et ne voulait pas partir en pleine séance de coloriage. On a pris le temps de boire un thé avec la maman et finalement, les filles ont pu terminer leurs coloriages tranquilles, nous les offrir et on est parti sereines (même s’il était trop tard à mon goût… le repas s’est donc transformé en un plat de nouilles histoire de gagner du temps sur le rituel du soir 🙂 ).

      Bonne soirée
      Caroline

  8. Carmen dit :

    j’ai un petit fils de 3 1/2 ans,depuis tout petit,il nous frappe,laisse ces jouets,fait la grimace,on a tout essayé ,,assis sur une chaise,en lui parlant doucement de son geste,3 min.et je lui fait s’excuser avant de se lever et défaire un câlin …15 à 30 min+tard,il refait autres choses de méchants..Des fois je lève la voix,sur le moment,et je le rassoit en douceur en lui reexpliquant son geste,quelques fois il pleure le temps de sa punition,et je vais le voir en lui expliquant,son mauvais geste…????quoi faire de +ou de -… Aidez nous,il est en garde partagée ,une semaine ,une semaine,il fesait ca avant,et encore aujourd’hui..

    • Caroline dit :

      Bonjour

      merci pour votre message que je prends comme un témoignage de confiance.

      Il est difficile de vous répondre sans plus d’éléments (présence de frères et soeurs, relations entre les parents séparés…) mais je vous propose quelques pistes axées sur la bienveillance.

      1. Je vous propose de supprimer les punitions et les mises au coin.
      Je vous invite à lire cet article que j’ai rédigé sur le sujet : 12 propositions pour éduquer sans violence ni physique ni morale

      2. Peut-être essayer de lui refléter ses sentiments plutôt que le raisonner.
      Quand un enfant est en « crise », il ne peut pas entendre les raisonnements. Il a besoin d’être compris, soutenu et de se reconnecter à sa figure d’attachement. L’écoute active et empathique est très efficace dans ce cas : « tu as l’air../ je vois que tu es… / c’est parfois difficile quand… ».

      3. Rediriger son geste et son attention
      Quand l’enfant tape, il est possible de rediriger son geste : « tu peux taper le coussin/ lancer la pierre par terre/ si tu veux lancer quelque chose, froisse une feuille de papier et lance la le plus fort possible… ».
      Ce qui est efficace avec ma fille est de lui faire dessiner la colère : elle a le droit de transpercer la feuille avec son feutre, de déchirer la feuille, de dessiner ce qu’elle veut. A chaque fois qu’elle s’arrête, je lui demande si toute la colère est partie et si elle me répond non, je lui dis de continuer. Quand c’est fini, je lui demande de dessiner comment elle se sent maintenant (souvent un bonhomme qui sourit) et nous faisons un câlin.

      4. Remplir son réservoir d’amour en prévention
      Isabelle Filliozat considère qu’un parent doit consacrer minimum 20 minutes de pleine attention à son enfant par jour (sans téléphone, sans écran, sans aucune distraction) : le regarder, le laisser parler, l’écouter et lui poser des questions sans lui faire passer un interrogatoire, jouer avec lui, faire des câlins.
      C’est à cette seule condition que le réservoir d’amour de l’enfant sera assez rempli pour faire face à ses frustrations du quotidien.

      5. Avez-vous envisagé un rendez-vous chez un pédopsychologue ?
      J’ai eu de très grosses difficultés avec ma fille il y a 1 an (elle avait 4 ans) et j’étais tellement désemparée que je l’ai emmenée consulter un psy. Il s’est révélé qu’elle est précoce et que son maître l’avait complètement découragée en la prenant en grippe. C’est aussi à cette époque que je me suis tournée vers l’éducation bienveillante et ça a été une révélation pour elle et moi (je suis maman solo). Notre quotidien s’est beaucoup apaisé.

      Je suis de tout coeur avec vous.

      Bonne journée
      Caroline

  9. Aow dit :

    Désolé, erreur de manip… Je disais que selon moi, dans l’exemple suivant : « « Je suis nerveux(se)/impatient(e)/ irrité(e) quand tu traînes au moment de partir car j’ai besoin de respect/ de soutien/ de compréhension. Je te demande de t’habiller dans les temps convenus pour arriver à l’heure. » » l’adulte n’a pas à faire peser ses états d’âme de façon aussi lourde sur les épaules de l’enfant. C’est plus lourd de sens que l’agacement du « dépêche-toi » et c’est cupabilisant pour l’enfant.

    • Caroline dit :

      Bonjour,

      merci pour votre message.

      L’idée n’est pas de culpabiliser l’enfant mais d’exprimer ses propres sentiments et besoins selon les principes de la communication non violente (ou du message Je de Thomas Gordon). Je vous accorde que cette phrase peut être ressentie comme culpabilisante si le ton employé est l’agacement ou si cette phrase est accompagnée d’un soupir.
      Les adjectifs employés dans l’exemple ne correspondent pas forcément aux sentiments ressentis par le parent à ce moment-là : ce ne sont que des exemples et la phrase est à personnaliser selon la situation.
      Elle pourrait être accompagnée de l’expression des besoins du parent (j’ai besoin de…) et d’une demande formulée à l’enfant (je te demande de../ serais-tu prêt(e) à …).

      Bonne journée
      Caroline

  10. Solène dit :

    Bonjour,
    personnellement je vis très mal le fait d’être en retard pour des raisons liées à mon enfance. Depuis que je l’ai expliqué à mes enfants (2 et 4 ans) avec des mots compréhensibles pour eux, ils sont beaucoup plus coopératifs et moi-même je m’énerve moins. Expliquer nos ressentis ou les raisons de nos actions ce n’est pas faire peser des choses sur nos enfants, à mon avis, c’est leur montrer que leurs parents sont faillibles mais qu’ils font de leur mieux et que leurs actions ne sont pas toujours liées directement aux actes précis des enfants (ce qui, à l’inverse, peut éviter auxdits enfants, la culpabilité du type « c’est ma faute si mes parents sont malheureux, séparés ou autre). Enfin en tous les cas, pour moi, expliquer pourquoi je réagis parfois mal ou trop fortement à certaines attitudes de mes enfants a fonctionné, pour eux comme pour moi.

  11. Berzingh dit :

    Merci pour ces idées qui pourront peut-être nous aider pour les matins et soirs d’école toujours très stressants…

    Je vais notamment tester l’application Time Timer. J’avais essayé un minuteur standard, mais ça angoissait totalement mon fils de 4 ans. Peut-être était-ce dû au fait qu’il n’avait aucun repère pour connaître le temps restant ?

    Par contre, je suis gênée par la méthode « Faire la course ». C’est vrai que c’est simple (et l’ajout de variantes absurdes et rigolotes, je note), mais quand on a une fratrie et qu’on joue à celui qui sera prêt à sortir le premier, ça peut amener des tensions, voir du défaitisme. Chez nous, j’ai très vite arrêté de le faire, parce que le plus jeune, qui estimait avoir perdu d’avance, se bloquait totalement, et ce même si son grand frère lui proposait de l’aide.

    • Caroline dit :

      Bonsoir

      merci pour votre message.

      L’avantage du Time timer est effectivement de voir le temps restant : la partie rouge qui indique le temps restant diminue au fur et à mesure que le temps passe.

      Pour ce qui est de la course, j’avoue que ma fille est fille unique et que je m’arrange pour la laisser gagner… mais elle supporte mal en effet si elle sent que je vais trop vite et qu’elle a l’impression qu’elle va perdre. Je n’avais pas pensé à ce genre de problème pour des fratries ! Peut-être à conserver sous le coude quand vous êtes seule avec seulement l’un des deux.

      Bonne soirée
      Caroline

      • Berzingh dit :

        J’ai commencé à utiliser Time Timer : pour l’instant, c’est un franc succès ! Au point que ce matin, les premiers mots de mon aîné émergeant du sommeil ont été « Maman, tu nous mets le temps rouge qui nous reste avant de mettre les chaussures ? » Lui qui était stressé par un minuteur standard a vraiment accroché. Et le petit frère n’était pas en reste, tout content de voir que je remettais un temps pour l’étape chaussure+manteau avant de sortir. Bon, ça, c’est après trois jours d’utilisation, à voir sur le long terme. En tout cas, moi j’ai apprécié d’avoir 1 soirée et deux matinées sans le moindre « Dépêchez-vous !!! »

        A vrai dire, moi qui ais une désastreuse notion du temps, ça m’a aidé aussi. 😛 Surtout que ça m’a permis de me rendre compte qu’alors que parfois j’avais l’impression qu’ils se traînaient… en fait non, il y avait encore le temps, et mon stress intérieur diminuait d’un cran.. Un énooooorme merci, donc, pour cette découverte. D’autant que ces moments à temps limité était un peu devenu ma hantise tellement j’en venais à perdre mon calme pour une efficacité nulle. Je suis donc contente d’ajouter un outil à mon boîte à idée parental.

        D’ailleurs, pour ceux qui en douteraient, des autres idées que vous présentez, celle qui a un taux de succès (et de satisfaction pour tous les parties) hallucinants avec mes enfants, c’est clairement « Réfléchir les sentiments de l’enfant ». J’ai découvert ça à la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». C’est totalement contre-intuitif, j’ai systématiquement droit à des regards atterrés dès qu’un autre adulte m’entend exprimer les sentiments de mes enfants (« Oulàlà, ça doit faire mal, ça ! », « Tu aimes beaucoup manger la terre. », « Ce bruit de klaxon t’a fait très peur » et autre « Ça te met en colère de devoir mettre ton manteau parce que tu n’as pas envie d’aller à l’école et tu préférerais rester à la maison. ») mais la quasi totalité des fois, ça leur permet de maîtriser leur émotion et soit de passer à autre chose, soit de poser une bonne base de discussion. A l’inverse des phrases que nous soufflent notre éducation ou le « bon sens » (« Ce n’est rien. », « C’est dégoûtant de mettre la terre dans la bouche », « C’était juste un klaxon » ou « Il faut aller à l’école alors ce manteau tu le mets ! ») ne font qu’empirer la situation.

  12. ilhem- dit :

    Vos conseils sont pertinents.Moi , avec mes 15,et8 ans j’utilise une astuce pour qu’ils mangent suffisament enleur demandant tjrs avec une rime ‘qui na pas faim? La reponse est tjrs ‘moi j’ ai trop faim je fini mon repas’

  13. Sylvie T dit :

    Merci pour cet article. Je suis assistante familiale (famille d’accueil) et je viens d’accueillir un petit garçon de 3 ans, très émotif (colère surtout, beaucoup de gros mots, de rires nerveux, et autoritarisme à la limite de l’insolence) je suis partisane de l’éducation douce et positive mais ce petit garçon,lui a appris autre chose. Ce n’est pas simple pour lui, il a très peur je crois de notre façon de faire bizarrement, car cela ne lui rappelle rien de ce qu’il connait. Nous lui proposons de se défouler en faisant de grandes promenades en draisienne (vélo sans pédales) il adore, et pour se défouler nous gardons les bouteilles vides, il adore les écrabouiller puis remettre le bouchon en se concentrant bien. Je lui fait préparer un petit sac avant chaque sortie avec ce qu’il veut emporter, deux trois livres, des voitures, doudou, tétine etc…Cela lui permet de quitter la maison en emportant un peu de son monde avec lui. Je le préviens aussi au moins 10 minutes à l’avance et si on part en voiture, je le laisse prendre la clef et c’est lui qui bip pour ouvrir la porte. Je prends toutes vos idées, je pense que je vais essayer de mettre des mots sur ce qu’il montre, j’avais tendance à me dire -si je lui dis « je pense que tu as peur »ça va renforcer sa peur. Finalement ne rien dire à ce moment là le laisse dans le ressenti sans explication, du coup ce n’est pas mieux.

  14. Myleen dit :

    Merci pour cette mine d’information!!! Je vais en faire une liste joyeuse et multicolore collée au réfrigérateur!!! Continuez à nous inspirer de la sorte! MERCI

  15. Arléti dit :

    Merci de tous ces moyens!!!!!
    Je découvre juste votre blog, je continue ma découverte!!

    • Caroline dit :

      Merci d’avoir pris le temps de laisser un petit message sur le blog :).
      J’espère que votre découverte vous a plu et que vous avez trouvé des informations inspirantes !

  16. Merci, je me rends compte qu’on est souvent dans ces situations, et j’ai déjà essayer quelques unes de ces solutions mais souvent elle n’accroche pas, alors on va en essayer d’autres ! Car bien entendu le « Dépêches toi on va être en retard » ne fonctionne à coup sûr pas du tout ! 😉

  17. Lyne dit :

    Bonjour ! Votre article est très intéressant, merci ! J’aurais juste un commentaire à ajouter : « faire la course » fonctionne bien si nous n’avons qu’un enfant. Mais c’est le début pour le mettre en compétition, et c’est rarement un avantage plus tard, particulièrement quand le deuxième arrive ou au début de l’école… Voilà ! Belle journée !

    • Caroline dit :

      Bonjour

      oui, vous avez raison 🙂 c’est pour cela qu’il y a onze autres propositions !

      Bonne journée
      Caroline

  18. Marie dit :

    tres interessant

  19. Nathalie Royo dit :

    C’est de supers propositions et un très bon rappel des moyens à mettre en place auprès de son enfant! Par contre je me demande à partir de quel âge peut on les mettre en pratique? Est ce que certaines méthodes pourront fonctionner auprès d’un enfant de 2 ans/2ans1/2 ?
    Merci

    • Caroline dit :

      Bonsoir

      j’ai envie de répondre oui :). Ces propositions sont seulement des idées que j’aie pu tester mais elles peuvent également constituer des voies vers d’autres idées que vous pourrez élaborer en fonction de votre quotidien et de la personnalité de vos enfants !

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