3 étapes pour créer du lien avec les enfants (mieux parler pour être mieux écouté et mieux écouter)

3 étapes pour créer du lien avec les enfants (mieux parler pour être mieux écouté et mieux écouter)

Dans son livre Développer l’estime de soi de son enfant, Petra Krantz Lindgren insiste sur l’importance d’une éthique de la communication pour que les enfants se sentent compris et respectés. Elle propose une approche pour créer du lien parents/ enfants en 3 étapes :

  1. l’écoute
  2. la résolution des problèmes
  3. le suivi

1.Adopter une écoute empathique et bienveillante

Cette écoute consiste à écouter vraiment, à comprendre ce que l’enfant veut dire, ce qu’il ressent, ce dont il a besoin, ce qu’il veut et que l’adulte respecte l’enfant dans son ensemble.

L’écoute empathique et bienveillante implique d’écouter au-delà des mots prononcés par l’enfant en cherchant à comprendre :

  • quels sentiments l’enfant ressent-il ?
  • quels besoins l’enfant essaye-t-il d’exprimer ?

Quand le parent adopte une communication empathique et bienveillante, il est centré sur le monde intérieur de l’enfant, il se « branche » sur ce que l’enfant a sur le coeur. Au lieu d’envoyer un message d’adulte (raisonner, critiquer, conseiller, faire la morale…), le parent cherche à faire confirmer par son enfant que le premier a bien compris les besoins et les émotions du dernier, tels qu’ils sont réellement.

Tu me sembles bien en colère ? J’imagine que…

Tu es inquiète ? Tu aimerais te sentir… ?

Oh ! J’ai l’impression que tu es bien fâché ! Cela semble important pour toi, tu veux m’en parler ? 

On dirait que cela te préoccupe. Cela te rend triste ? 

Tu semble décidé à…

Adopter l’écoute empathique et bienveillante nécessite une certaine connaissance des émotions et des besoins qui nous animent tous, adultes et enfants.

Voici une liste des émotions primaires :

causes des émotions

Voici une liste des besoins fondamentaux humains :

besoins fondamentaux cnv

Quand un enfant a l’impression que son parent essaye de le comprendre et qu’il le respecte (avec éthique pour un lien fort et sain mais sans chercher à faire preuve d’empathie en vue de manipuler), il est enclin à s’ouvrir avec confiance.

Une fois que le parent a deviné ce que l’enfant ressent et ce dont il a besoin, il attend le retour de l’enfant et l’écoute à nouveau entre les lignes sans diriger la conversation dans un sens particulier : quelles émotions et quels besoins s’y cachent ?

2.Poser des questions centrées sur une solution

Petra Krantz Lindgren s’inspire de Thomas Gordon pour nous inviter à réfléchir à deux choses une fois que nous avons écouté un enfant avec de l’empathie et de la bienveillance :

  • à qui appartient le problème ? 
  • à qui incombe la responsabilité de trouver une solution ?

Respecter la responsabilité de l’enfant

Il est important de ne pas s’approprier les problèmes des enfants et de ne pas trouver les solutions à leur place mais de leur en laisser la responsabilité.

Cela implique que nous devons respecter l’enfant qui quitte la conversation au beau milieu de celle-ci, sans avoir trouvé de solution. Le problème appartient à l’enfant. S’il ne souhaite pas d’aide pour réfléchir à des solutions, c’est son choix, ce qui ne serait par ailleurs pas si étonnant.

Les enfants qui acceptent de se livrer sur leurs problèmes, leurs émotions, leurs besoins n’ont pas tant besoin de solutions que simplement d’être entendus sans jugement et d’être compris. Le simple fait de partager les difficultés et les déceptions avec les autres suffit souvent.

Quand bien même les enfants souhaiteraient effectivement de l’aide pour trouver des solutions, ils apprécient d’abord un peu de compréhension et d’empathie.

Apporter l’aide nécessaire selon les situations

Apporter une aide utile et efficace tout en laissant à l’enfant la responsabilité du problème et en le prenant au sérieux peut paraître compliqué. Pour y parvenir, Petra Krantz Lindgren nous invite à poser des questions centrées sur une solution au lieu de proposer nos propres solutions (que nous estimions devoir intervenir comme dans le cas de harcèlement scolaire ou bien que l’enfant nous ait explicitement demandé conseil).

Ces questions seront orientées autour de deux thèmes :

  • que peux-tu faire ? 
  • si tu fais cela, que se passera-t-il ?

Ces deux questions convoient des messages positifs à l’enfant de la part de ses parents : de l’intérêt, de l’engagement, de la bienveillance, de la confiance. Ici, le ton, la posture et tous les éléments de communication non verbale sont important pour que l’enfant perçoive que l’objectif du parent n’est pas la manipulation ni l’ironie mais une profonde aspiration à le comprendre et à prendre soin de la relation.

Voici un exemple :

mieux parler avec les enfants

Source : Développer l’estime de soi de son enfant (Eyrolles)

Dans cet exemple, le père laisser le fils se rendre compte par lui-même que taper n’est pas la meilleure solution.

Si l’enfant n’a pas de solution, on peut communiquer une proposition de solutions, pas des solutions toutes faites : « Ce que je dis n’est rien d’autre qu’une suggestion. Et j’aimerais bien savoir ce que tu en penses. »

3.Le suivi : comment ça s’est passé ?

Le parent peut demander à l’enfant comment cela s’est passé et aborder le sujet de temps en temps pour voir où cela en est. Là encore, il ne s’agit pas de vouloir faire parler l’enfant à tout prix mais de veiller à la qualité de la relation.

Si l’enfant n’a pas fait ce qu’il avait dit ou s’il l’a fait mais qu’il n’a pas eu le résultat escompté, le parent pourra reprendre le processus à zéro : écoute empathique et bienveillante puis recherche de solution.

Si l’enfant n’a pas envie de parler, il est inutile de le forcer mais on peut laisser une porte ouverte : « Tu peux venir m’en parler quand tu le souhaites/ quand tu te sentiras prêt.e/ quand tu en auras besoin ».

 

Ce modèle est composé d’étapes pour des raisons de clarté et de structure mais ce qui compte vraiment est la notion de lien et de réciprocité au-delà du modèle. C’est seulement quand nous faisons nôtre ce modèle que le lien peut s’approfondir.

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Source : Développer l’estime de soi de son enfant de Petra Krantz Lindgren (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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