6 variations dans la validation des émotions des enfants

6 variations dans la validation des émotions des enfants

6 variations dans la validation des émotions des enfants

L’ingrédient principal d’une relation vraiment humaine réside dans le simple fait d’écouter et de valider les sentiments d’un enfant.-Faber et Mazlish

Adele Faber et Elaine Mazlish ajoutent qu’il existe différentes variations à cette validation des émotions des enfants. Ces variations ne viennent pas à la place de l’écoute et de l’accueil des émotions mais les complètent.

1.Résumer et demander une pause

Chez certains enfants, le besoin d’être entendu dépasse la capacité d’écoute de leurs parents. Il s’afgit alors trouver une façon de terminer un échange tout en montrant à l’enfant que nous sommes sensibles à ce qu’il vit.

Il peut arriver qu’un parent sente sa capacité d’écoute et sa patience à bout après avoir écouté un enfant pendant plusieurs minutes et validé ses sentiments sans que l’enfant ne se sente soulagé, entendu et compris. Il est possible de résumer à l’enfant ce qu’on a compris de ses émotions (peurs, colère, déception, frustration, tristesse, honte…) puis de demander une pause plus ou moins longue dans l’échange.

Exemple :  » Je t’entends. Tu me dis que tu tiens vraiment à…/ que tu es vraiment triste parce que…/ que c’est très difficile pour toi de…. Tu sens que …/ Tu penses que…/ Tu as envie de…. Je comprends, mais je ne suis plus capable d’écouter et j’ai besoin d’une pause. Je te propose qu’on en reparle dans 10 minutes/ après le dîner/ quand papa-maman sera rentré.e »

2.Demander à l’enfant de trouver une autre manière de dire les choses

Parfois, les enfants expriment leurs émotions dans un langage si violent que nous sommes plus tentés de contre- attaquer que de les écouter. Chaque adulte a son propre niveau de tolérance en termes de langage, mais certains phrases/mots sont à rediriger (insultes, menaces de mort, attaques racistes/ homophobes…).

Il est possible de répondre aux enfants que leurs émotions sont légitimes, qu’ils ont le droit d’être en colère mais que ces mots dans leur bouche sont inacceptables et qu’ils sont capables de trouver une autre façon de s’exprimer.

3.Accompagner les paroles de cadeaux et/ou gestes

Un petit cadeau peut parfois aider un enfant en détresse. – Faber et Mazlish

Ici, le mot « cadeau » est à prendre dans un sens très large. Cela peut être un objet, un geste, une attention particulière, une activité faite ensemble.

Ces cadeaux, pas forcément payants comme une fleur, un joli galet, et ces gestes (une main sur l’épaule, un massage, un câlin à condition que l’enfant consente au contact physique) ne viennent pas à la place de l’écoute des émotions mais peuvent la compléter, dans une démarche plus physique que verbale.

Exemple : A un enfant qui se plaint que ses parents aiment plus son frère que lui, un parent peut répondre :  » Tu ne te sens pas aimé ? Ce n’est pas agréable de vivre ce sentiment, pas du tout. Je pense que c’est un bon moment pour s’embrasser et boire un bon chocolat chaud.  »

4.Passer par l’art et la créativité

Quand un enfant est aux prises avec une émotion très intense, on est parfois capable de l’aider à diriger ses sentiments vers un exutoire créatif. – Faber et Mazlish

Faber et Mazlish recommandent d’avoir à disposition et de manière accessible du matériel artistique dans la maison : stylos, crayons, peinture, tablettes de papier, cartons, tableaux noirs, boîtes, pâte à modeler et ainsi de suite.

La disponibilité de ce matériel permet aux enfants de choisir la manière dont ils veulent vivre et exprimer leurs émotions : un poème exprimant le deuil vécu lors de la mort d’un animal de compagnie; une lettre envoyée à un chaîne de télé pour protester contre la suppression d’une émission adorée; un dessin rempli de colère… Pour les enfants trop jeunes, un des parents peut servir de secrétaire.

Ici, l’idée est de laisser libre court à la créativité des parents et des enfants. Chacun pourra puiser dans son imagination des idées pour traverser les émotions vives et/ou douloureuses.

Faber et Mazlish livrent le témoignage d’un père face à son fils en rage contre son moniteur de natation. Comme le fils fulminait et se répandait en paroles de colère, le père a pris une feuille et un stylo pour noter tout ce que le fils disait. Quand ce dernier s’est arrêté pour reprendre son souffle, son père a dit : « Hé ! Tu as dû être vraiment fâché contre ton entraîneur aujourd’hui. Écoute tout ce que tu viens de dire :  » Ce gros monsieur se croit le patron de tout le monde. Il est vraiment méchant, je le déteste.  » »

Le fils a écouté, captivé, puis a demandé au père de continuer à noter tout ce qu’il avait encore sur le cœur. Quand le fils a entendu la lecture de tout son discours, il a acquiescé avec vigueur et a demandé à l’entendre de nouveau.

5.Laisser à chaque enfant un espace

Dans certaines circonstances, il est préférable de ne pas comprendre, de ne pas être en contact, de ne pas savoir ce qu’un enfant ressent.

Certains enfants ont besoin d’une sorte de jardin intérieur… et nous le feront bien comprendre quand c’est le cas !

6.Émettre un message fortifiant

Dans la vie d’un enfant, il est parfois approprié de faire entendre la sonnerie d’une trompette pour rallier son courage et son esprit combatif. C’est ce qu’on appelle le message fortifiant. C’est de la reconnaissance compatissante: «Oui, c’est dur. Oui, c’est difficile. Je respecte ta lutte et j’ai confiance que tu vas trouver un moyen de t’en sortir.» – Faber et Mazlish

Exemples :

 » J’ai vu comment tu as ignoré cet enfant qui te taquinait parce que tu es de petite taille. Tu dois savoir que, dans notre famille, ce n’est pas à la taille d’une personne qu’on accorde de la valeur, mais plutôt à son caractère. »

 » Je sais que ça n’a pas été facile pour toi depuis la mort de ton père. Nous sommes désormais une famille monoparentale et nous aimerions qu’il en soit autrement. Mais je pense qu’il est grand temps pour nous deux de commencer à réfléchir aux moyens de devenir la meilleure famille monoparentale possible ! »

Encore une fois, il ne s’agit pas de nier, évacuer ou minimiser les émotions de l’enfant mais plutôt, une fois que cette première étape d’écoute émotionnelle a été offerte, de permettre aux enfants de puiser dans leurs ressources internes.

…………………………………………..

Source : Parents épanouis, Enfants épanouis de Adele Faber et Elaine Mazlish (éditions du Phare)

Commander Parents épanouis, Enfants épanouis sur Amazon ou sur Decitre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.