Education positive : mes 3 kifs, mes 3 fiertés

Je ne sais pas si vous connaissez le livre de Florence Servan-Schreiber « 3 kifs par jour » mais j’ai décidé de célébrer moi-aussi mes « 3 kifs » en tant que maman sur le chemin de l’éducation positive :-).

éducation positive mes 3 fiertés

J’ai noté 3 moments où j’ai été particulièrement fière de moi en tant que maman. Ces 3 moments représentent la bascule, les changements opérés dans ma manière d’envisager l’éducation et la relation avec ma fille (elle est née en 2009). Alors même si parfois, je perds encore patience et que je m’énerve quand elle se relève à 22h pour la cinquième fois d’affilée, je garde ces 3 fiertés au chaud dans mon cœur et ma mémoire pour créer des « ancrages positifs ».

Fin du suspense, les voici donc :-).

1. L’histoire de la peluche Mickey au supermarché.

Au supermarché, ma fille a trouvé une peluche neuve Mickey par-terre. Elle l’a ramassée et m’a dit :

« Maman, j’ai pas de peluche Mickey à la maison. J’ai envie de la garder. Est-ce que tu peux me l’acheter ? »

N’ayant pas prévu cet achat ni envie de lui acheter cette peluche, je lui ai fait cette réponse :

« Non, tu as assez de jouets à la maison, tu n’as pas besoin d’une nouvelle peluche. Si tu as envie d’une peluche Mickey, alors garde cette idée dans ta tête et tu pourras la mettre sur ta liste au Père-Noël ou d’anniversaire. On va la reposer. »

J’ai bien vu qu’elle rechignait. Pour trouver une solution qui satisfasse à la fois ses besoins et les miens sans provoquer de crise, je lui ai donné le droit de la garder dans les mains jusqu’à la caisse. Par contre, je l’ai prévenue :

« Tu as le droit de la garder dans les mains le temps des courses mais je veux que tu donnes la peluche à la caissière avant de payer. Je ne l’achèterai pas. »

Elle a été d’accord !

Et devinez ce qui s’est passé à la caisse ? Une fois que tous les articles ont été scannés, j’ai demandé à ma fille de donner la peluche à l’hôtesse de caisse… et elle lui a donné avec plaisir (et même fierté, du genre : c’est moi qui l’ai trouvée, je vous la ramène car elle traînait dans le magasin).

J’ai donc remarqué et valorisé son acte :

« Tu l’as donnée sans que j’aie besoin d’insister. J’apprécie ton geste. »

Et un gros bisou en prime :-).

2. La chanson du matin.

Un matin que ma fille s’était levée plus tôt que moi, elle est venue dans ma chambre me réveiller. Quand je me suis réveillée, j’ai voulu sortir de mon lit pour ouvrir les volets… et là, énorme crise de larmes ! Je n’ai pas du tout compris ce qui se passait ni ce qui l’avait mise dans cet état. Je savais bien que ce n’était pas un caprice mais il fallait que je trouve la clé du problème. Je lui ai donc posé des questions :

« Tu aurais préféré ouvrir les volets toute seule ? »

« Tu voulais me faire un autre bisou ? »

« Tu voulais qu’on reste couchées toute les 2 un moment dans le lit? »

Non, ce n’était pas ça, les larmes coulaient toujours et se transformaient en crise de rage.

J’ai donc repassé le scénario de la veille dans ma tête et là, je me suis rappelée ! Elle avait voulu me chanter une chanson la veille au soir dans son lit mais comme il était déjà tard et que je lui avais raconté deux histoires, je lui avais demandé de garder cette chanson dans sa tête et de me la chanter au réveil le lendemain.

Elle était donc venue dans ma chambre avec l’idée de me chanter cette chanson mais moi, je m’étais levée, j’avais ouvert les volets et j’étais prête à aller déjeuner. Or ça ne devait pas se passer comme ça dans sa tête ! Je lui ai donc demandé confirmation :

« Tu voulais me chanter ta chanson comme promis hier, c’est ça ? »

Bingo, les larmes se sont arrêtés d’un coup :

« Oui ».

Je me suis recouchée et je lui ai dit qu’elle pouvait s’approcher pour me réveiller en chanson.

Je peux vous assurer que nous avons passé une très bonne journée ensuite… et c’était pas gagné vu comme elle avait commencé !

3. Pâté en croûte (ma fille) et Pistache (sa copine) sont fâchées.

Ne me demandez pas pourquoi elles s’appellent comme ça toutes les 2, je n’en sais rien :-))).

Pâté en croûte avait donc invité Pistache à jouer à la maison. Mais Pâté en croûte a emprunté le sac de Pistache sans lui demander la permission et Pistache a repris violemment le sac. Ma fille s’est vexée… et voilà les deux copines fâchées !

Je me suis mise à leur place :

pourquoi Pistache avait réagi violemment ? pourquoi Pâté en croûte s’était mise à bouder ?

Je leur ai posé la question pour qu’elles mettent des mots sur ce qu’elles ont ressenti chacune.

J’ai ensuite dit à ma fille qu’elle aurait dû demander la permission avant de prendre le sac de sa copine mais j’ai également dit à cette dernière qu’elle aurait très bien pu le prêter si cela avait été demandé gentiment.

Comme elles étaient toutes les deux d’accord sur le principe, je leur ai proposé de rejouer la scène à l’envers en se mettant émotionnellement à la place l’une de l’autre :

  • ma fille a demandé à sa copine si elle était d’accord pour lui prêter son sac sans oublier le « s’il-te-plaît » bien sûr :-),
  • sa copine a accepté (en précisant bien qu’elle devait lui rendre une fois qu’elle aurait fini de jouer avec, faut pas exagérer non plus !).

Une dose d’empathie, un soupçon de verbalisation des émotions, une solution négociée… des ingrédients pour un après-midi réussi !


Voilà, ce n’est peut-être pas grand chose mais ces anecdotes me démontrent que je peux agir concrètement pour une éducation positive sans (trop de) batailles, sans (trop de) disputes, surtout sans jeux de pouvoir.

Et vous, quels sont vos trois kifs ? vos trois fiertés ?

 

 

2 réponses

  1. Aurélie B dit :

    Bonjour,
    Je vous lis depuis plusieurs jours et admire votre self contrôle. Ma grande est née en 2010 et a souvent des crises de larmes qui mettent très longtemps à se calmer. Moi, je m énervé de plus en plus vite et le ton monte. Je n en suis pas fière. J’ai très envie d essayer l éducation positive, mais y arrive difficilement pour l’instant. Bravo à vous! Et merci de partager vos astuces.

    • Caroline dit :

      Bonjour Aurélie,

      merci pour votre commentaire et vos mots gentils !

      Je comprends bien ce que vous voulez dire :-). Il m’arrive aussi de perdre patience avec ma fille, surtout au moment du coucher car c’est une dure à cuire du sommeil !

      Mais je pense qu’il est important de se convaincre qu’on peut changer quelques habitudes (pas forcément toutes) pour le bien de TOUTE la famille (si ça vous intéresse, j’avais écrit un article : « Les mauvaises habitudes, ça se perd ! Le tout en 4 étapes« ). Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un cheminement vers l’éducation bienveillante et positive. Ça ne se fait pas du jour au lendemain car
      1/ nous devons réfléchir sur nous en tant que personne, que parent : il s’agit là d’un travail à la limite de la psychologie,
      2/ les effets bénéfiques mettent parfois du temps à se concrétiser. Il ne faut pas perdre espoir et abandonner en cours de route (et puis, il peut y avoir des loupés^^). C’est aussi pour cette raison que célébrer ses petites victoires tous les jours (à la manière des 3 kifs par jour) peut être encourageant :-).

      N’hésitez pas non plus à prendre des visions supplémentaires : j’ai moi-même un ami très cher qui me fait systématiquement remarquer quand j’aurais pu/dû m’y prendre différemment avec ma fille. Au début, je prenais mal ses remarques mais je me suis rendue compte que ça révélait un manque de confiance en moi et en mes capacités éducatives. Je les ai donc prises pour ce qu’elles étaient : des conseils d’ami ! J’ai alors pu changer certains de mes comportements quand je pensais qu’il avait raison (mais pas toujours 🙂 ). J’ai également consulté un psychologue pour ma fille car elle avait un comportement rebelle, très difficile : c’est à ce moment-là qu’elle a été diagnostiquée précoce. Le simple fait de mettre des mots sur cette incompréhension entre nous a défait de nombreux nœuds dans notre relation.

      Ce que je veux dire est que vous vous connaissez, vous connaissez votre enfant et votre partenaire. C’est vous qui détenez les clés. Je peux vous conseiller des lectures (notamment les livres d’Isabelle Filliozat et Jacques Salomé) mais il n’y a pas de recette générale et miracle : il n’y a que des recettes adaptées à chaque famille et qui vous conviennent. Rien ne sert de se forcer, juste d’aimer et d’être indulgente envers vous-même !

      Bonne soirée 🙂
      Caroline

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