Chacun son tour : remplir notre propre réservoir émotionnel de parent

Chacun son tour : remplir notre propre réservoir émotionnel

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Lawrence Cohen, psychologue spécialisé en parentalité ludique et auteur de Qui veut jouer avec moi ?, estime que la manière la plus élémentaire de remplir notre réservoir émotionnel est de trouver quelqu’un qui nous écoute : un.e conjoint.e, un.e ami.e ou encore un.e thérapeute.

Nous confier à quelqu’un, surtout si cette personne se montre compréhensive et compatissante, nous soulage. Si bon nombre de parents paraissent épuisés, c’est parce que nous portons des quantités d’inquiétudes, de sentiments de honte, de ne pas être de bons parents, de ne plus savoir quoi faire, de culpabilité d’avoir crié ou perdu notre sang-froid…

Une bonne écoute est à double sens, dans le respect de la confidentialité : celui ou celle qui parle doit pouvoir tout dire sans risquer d’être jugé.e, rejeté.e ou interrompu.e ni de voir ses émotions niées ou minimisées. On comprend alors que  « Allez, souris ! Bois un coup et n’y pense plus ! C’est pas si grave ! » ne sont pas des paroles aidantes pour quelqu’un qui cherche de l’empathie et du soutien.

La personne réellement écoutée se sentira plus légère, plus enthousiaste et plus sûre d’elle… et l’effet est réciproque : écouter autrui fait autant de bien que de se confier soi-même.

De nombreux parents refusent d’admettre que l’envie leur vient parfois de lever la main sur leurs enfants, qu’ils rêvent à l’occasion de les abandonner à leur triste sort, qu’ils en préfèrent un, ou qu’ils souhaiteraient que quelqu’un s’occupe d’eux plutôt que de devoir eux s’occuper de leurs enfants. Nous assumerons mieux notre rôle de parents à condition de confier nos secrets à quelqu’un qui nous témoignera de l’empathie plutôt que se récrier. – Lawrence Cohen

Il suffit parfois d’oser parler des moments pénibles, de faire le premier pas pour se rendre compte que ces états d’âme sont partagés par la quasi totalité des parents, à un moment ou un autre.

Lawrence Cohen conseille même d’organiser une communauté de soutien qui peut être aussi simple que de faire une liste de quelques parents auxquels nous pouvons parler au téléphone ou qui pourront passer prendre un café. D’ailleurs, Cohen ajoute qu’il est souvent plus facile de gérer les enfants des autres que les nôtres quand nous sommes dans une impasse (et cela, je l’ai remarqué à de multiples reprises !). Ainsi, se retrouver les uns chez les autres ou organiser des sorties à plusieurs peut donner l’opportunité de déléguer un temps la gestion émotionnelle de nos propres enfants et de prendre en charge celle d’autres enfants. Cela nous permet de gagner en disponibilité et en patience de retour à la maison.

Je me retrouve beaucoup dans ce que décrit Lawrence Cohen parce que je suis maman solo et isolée de ma famille (ils habitent tous à 1h30 de route) et mes amies proches sont loin également. J’ai noué des liens solides avec les mamans de plusieurs amies de ma fille et ce sont des liens dont je ne pourrai pas me passer. Nous nous voyons régulièrement, nous nous invitons les unes chez les autres, nous gardons les filles les unes des autres, nous organisons des sorties ensemble. Je me souviens avoir pleuré plusieurs fois dans leurs bras et l’inverse également. C’est ma communauté de soutien à moi !


Il existe par ailleurs des groupes de soutien gratuits autour de la parentalité bien traitante tels que les PEPS Cafés ou bien des accueils publics dans lesquels il est possible de se rendre pour rompre l’isolement et l’impuissance. Parmi ceux-là, on peut citer les maisons vertes, les lieux d’accueil enfants-parents (LAEP), le REAPP (réseau d’écoute, d’appui, et d’accompagnement des parents), la médiation familiale. Il y a probablement quantité d’initiatives locales au sujet desquelles vous pouvez probablement trouver des informations à la CAF, à la mairie, au Conseil général ou encore à la PMI.

Des questions clés pour dénouer les noeuds relationnels avec nos enfants

En parallèle de cette communauté de soutien, Lawrence Cohen nous invite à nous poser une série de questions. Ces questions peuvent nous mettre mal à l’aise mais plus le malaise est important, plus elles sont importantes à creuser pour éviter de retomber encore et encore dans les mêmes erreurs.

Ces questions peuvent également être abordées avec des tiers dans le cadre d’un échange empathique, d’une communauté de soutien.

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Source : Qui veut jouer avec moi ? Jouer pour communiquer avec nos enfants de Lawrence Cohen (éditions Poche Marabout). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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