Connaître les étapes de la maturation émotionnelle des enfants pour mieux les comprendre et les accompagner

Connaître les étapes de la maturation émotionnelle des enfants pour mieux les comprendre et les accompagner

Dans son livre « Vivre heureux avec mon enfant », Catherine Gueguen écrit que comprendre les étapes de la maturation émotionnelle et affective aide à comprendre l’enfant.

Le cerveau des petits enfants est immature et ils ne peuvent pas réagir comme des adultes à la frustration, à la difficulté, à la peur…

La partie du cerveau qui contrôle nos impulsions, nos émotions, le cortex préfrontal, et les circuits neuronaux reliant le cortex préfrontal au cerveau archaïque (=émotionnel) ne commencent à maturer qu’à partir de 5 ans.

Avant 5 ans, l’enfant ne peut pas contrôler ses émotions : il est incapable de prendre du recul sur ce qu’il vit. Un petit enfant vit les émotions avec beaucoup plus d’intensité que les enfants.

Catherine Gueguen fait référence à la capacité de « réévaluation » des adultes : quand nous sommes confrontés à une difficulté, une frustration, une peur, un conflit relationnel, une colère, nous avons la capacité mentale de donner une autre signification à la situation que nous vivons : raisonner, s’apaiser, revoir notre attitude, repenser notre façon de percevoir l’autre, se mettre à sa place, trouver des solutions pour améliorer la situation.

Cette réévaluation implique des structures cérébrales qui sont encore immatures chez les enfants de moins de 5 ans.

Par ailleurs, le cerveau n’est pas complètement mature avant… 25 ans (voire 30 ans selon certains neurochercheurs !).

les émotions des enfants

 

10 clés pour accompagner la maturation émotionnelle du cerveau des enfants en tant qu’adultes

 

 1.Respecter les besoins physiologiques de l’enfant.

Aider l’enfant à se connaître, à connaître son corps, les sensations, ses rythmes, ses besoins qui lui sont propres, permet à l’enfant de vivre en harmonie avec son corps, de savoir prendre soin de lui, et contribue à lui apporter ce qui lui est nécessaire.

Cela passe par exemple par le respect de son appétit, de ses besoins de sommeil, de ses rythmes d’apprentissages…

Pour aller plus loin : 5 pistes pour aider les enfants à prendre conscience d’eux mêmes et des autres

 

2.Faire confiance à l’enfant

Les enfants sont les personnes les mieux placées pour savoir ce dont elles ont besoin.

L’appétit se régule par exemple en fonction des besoins, de l’activité physique et intellectuelle, de la température extérieure, de l’humeur…

 

3.Assurer une présence affectueuse

Une attitude aimante, bienveillante aide le cerveau à se développer favorablement.

Chaque fois que l’adulte comprend l’enfant, le rassure, le sécurise, le console, le câline en adoptant une attitude douce, chaleureuse, en prodiguant des gestes tendres, en parlant d’une voix calme, apaisante et avec un regard compréhensif, il aide le cerveau à maturer.

L’enfant parviendra alors plus rapidement à gérer les émotions envahissantes et les impulsions de son cerveau émotionnel et archaïque.

 

4.Se mettre à la place de l’enfant

Faire preuve d’empathie, c’est se demander : que ressent l’enfant ? de quoi a-t-il besoin ?

On pourra faire des hypothèses (« tu as besoin de… ?« , « tu commences à jouer avec ta nourriture, tu n’as plus faim ?« ), réfléchir les émotions (« tu as l’air sacrément en colère« , « c’est difficile pour toi quand…« ), valider les sentiments (« tu as le droit d’être triste », « ça fait mal quand on tombe« ), encourager l’expression des émotions (« pleurer, ça fait du bien« ), décrire (« j’ai l’impression qu’il se passe beaucoup de choses dans ta tête« ,  « oui le carrelage est froid, c’est désagréable« )…

 

5.Bannir les jugements et les étiquettes

Coller des étiquettes et émettre des jugements sont des moyens d’éviter de chercher à comprendre (« tu es capricieux », « c’est un tyran », « elle est insupportable »).

C’est définitif, cela dévalorise, humilie l’autre, empêche de penser, de réfléchir, et instaure des rapports de force, d’humiliations délétères et inutiles.

Cette façon d’être, cette position de force, bloque la relation, ferme la discussion, mène à des impasses et à des conflits inutiles.

 

6.Remplacer les ordres

Les adultes n’aiment pas recevoir d’ordres, les enfants non plus.

Voulons-nous un enfant qui instaure des rapports de domination avec les autres, les commande, ou un enfant sociable qui sait tisser des liens, coopère, comprend les autres ?

Donner des repères peut se faire dans la douceur et la bienveillance.

Voici des pistes pour vous aider dans ce changement de paradigme autour de l’autorité :

30 propositions pour poser des limites aux enfants tout en les respectant

8 pistes pour allier fermeté et bienveillance

 

7.Exprimer nos propres émotions

Les adultes sont avant tout des modèles pour les enfants : donnons-leur quelque chose de beau à imiter :-). Plus l’enfant entendra l’adulte exprimer ses émotions et les apprivoiser (« c’est vrai, je suis en colère, j’ai besoin d’un moment seul pour me calmer/ je vais respirer 3 fois pour me calmer…« ), plus il l’imitera.

Nous pouvons montrer l’exemple aux enfants en cultivant notre propre éducation émotionnelle :

  • se connecter à nos propres émotions (qu’est-ce que je ressens moi parent ? qu’est-ce que je crains ? quelles sont mes croyances ?)
  • accueillir sans jugements les émotions agréables et désagréables
  • exprimer les émotions et les besoins sans violence, sans attaque ni culpabilisation (quand je vois que tu…, je me sens….)
  • dire des phrases courtes
  • faire des demandes claires et positives (serais-tu prêt à… ? je te demande de… serais-tu d’accord pour… ?)
  • rester ouvert au dialogue et à la recherche de solutions communes, qui satisfassent tout le monde
  • être prêt à reconnaître nos erreurs (« oui, je réalise que j’ai été dure avec toi. Je te demande de m’excuser »)
  • savoir ce qui nous apaise en cas de perte de contrôle (prendre une grande respiration, changer de pièce, écouter de la musique, boire un verre d’eau, prendre un livre, méditer, faire du yoga, caresser une peluche, se masser, faire un câlin…)

Communication Non Violente par Marshall Rosenberg

Pour aller plus loin : Parents : 10 phrases pour exprimer nos besoins et nos limites en communication non violente

 

8.Aider l’enfant à mettre des mots de vocabulaire sur ses émotions, ses sensations, ses besoins

L’éducation émotionnelle des enfants peut commencer tôt et peut prendre plusieurs formes :

  • montre l’exemple (comme mentionné plus haut)
  • nommer les émotions des enfants (« je sens que tu es en colère/ triste/ que tu as peur, est-ce cela ?« , « wahou, tu as de l’énergie, tu as l’air super content« )
  • éviter les pourquoi ?
  • utiliser les livres comme moyens de découverte des émotions dont voici une sélection à ce lien.

9.Encourager la formulations de demandes

Dans un premier temps, l’adulte peut prendre en charge la demande :

  • voudrais-tu faire ceci ? cela ? 
  • es-tu d’accord pour telle ou telle chose ?
  • souhaiterais-tu que… ? est-ce cela ? 

Plus l’enfant avance en âge, plus on peut lui demander de formuler des demandes précises :

  • parle avec des mots, demande moi ce que tu veux avec des mots.
  • tu sais demander les choses avec des mots donc je m’attends à ce que tu le fasses de cette manière. 
  • je n’ai pas envie de faire ce que tu me demandes quand tu me le demandes comme ça. 
  • je n’ai pas compris ce que tu voulais. 

 

10.Garder en tête que les parents parfaits n’existent pas et que les apprentissages prennent du temps 🙂

Eduquer est un processus qui s'inscrit dans le temps, prenons-nous toujours le temps des apprentissages

 

………………………………………………………………

Source : Vivre heureux avec son enfant de Catherine Gueguen (disponible en librairie, dans votre médiathèque ou sur Internet)

Commander Vivre heureux avec son enfant sur Amazon.

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13 réponses

  1. solange dit :

    Merci !

    • Caroline dit :

      Avec plaisir 🙂

      Et merci à vous pour votre visite sur le blog et d’avoir pris le temps de laisser un petit message !

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