4 étapes pour déminer les situations difficiles avec les enfants (crises matinales, désordre, devoirs…)

4 étapes pour déminer les situations difficiles avec les enfants (crises matinales, désordre, devoirs…)

déminer les situations difficiles avec les enfants

1.Réfléchir aux émotions et besoins : les nôtres puis ceux des enfants

  • Qu’est-ce qui n’est pas satisfaisant pour moi, dans cette situation ?

Enumérer toutes les conséquences négatives de cette situation, pour soi et pour le reste de la famille.

  • Et pour mon enfant, qu’est-ce qui n’est pas satisfaisant non plus ?

Explorer la situation de son point de vue.

2.Prendre du recul pour préciser nos souhaits et nos attentes

  • Qu’est-ce que je souhaite vivre avec mon enfant dans cette situation ?

Chercher des réponses personnelles en fonction de la situation. Cela peut être : « Etre calme et détendu.e / Rester à son écoute / Bien commencer la journée ensemble… ».

  • Qu’est-il important pour moi de préserver dans cette situation ?

Les réponses à ces questions sont importantes car elles vont conditionner une cohérence dans la ligne de conduite à adopter pour trouver des solutions : « Quelles sont les valeurs que je veux voir respecter ? » Cela peut être : la sérénité, la ponctualité, la complicité, la légèreté, l’amour, l’autonomie…, etc.

Le résultat de cette réflexion devient l’objectif à atteindre tout au long de la discussion plus tard avec l’enfant.

3.Discuter avec l’enfant du problème

Présenter le problème

Organiser un espace de calme avec l’enfant pour comprendre sa réaction, avec suffisamment de temps devant soi, pendant lequel aucun dérangement ne viendra perturber la discussion. Il est primordial de commencer cette discussion tranquillement, le soir ou le week-end, dans un lieu et à un moment où parents et enfants sont disponibles et en confiance, loin de la crise et du conflit.

Cette discussion peut commencer par la présentation du problème. Par exemple : « Ces crises du matin ne me conviennent plus et je ne veux plus m’énerver. Je souhaite vraiment avoir des matins calmes et détendus parce que je t’aime très fort. Je n’ai pas envie de me mettre en colère contre toi dès le matin, car cela nous gâche à tous les deux la journée, ce que je ne veux plus. »

Ensuite, il est possible de refléter le point de vue de l’enfant et de faire preuve d’empathie. Par exemple : « Je suis conscient.e que cela n’est pas drôle pour toi non plus et cela me tient à coeur trouver avec toi, une solution satisfaisante pour nous deux. »

Poser les bonnes questions

Puis la discussion peut porter sur l’exploration des émotions de l’enfant : connaît-il des problèmes avec ses enseignant.e.s ? avec ses copains/ copines ? a-t-il d’autres problèmes ? Les questions ouvertes (auxquelles on ne répond ni par oui ni par non) peuvent être utiles pour cette exploration : « Comment cela se passe à l’école en ce moment ? » « Comment est la maîtresse ou le maître ? » « Et avec des copines et copains, comment ça va ? » « Et tes devoirs… etc. »

Pour créer de la connexion et permettre à la parole de l’enfant de se libérer, il est indispensable de l’écouter attentivement et de prêter attention au langage corporel de l’enfant pour détecter une émotion non exprimée par les mots.

Chaque fois que les enfants adoptent un comportement, c’est qu’ils ont une bonne raison de le faire ! C’est cette « bonne raison » que les questions ouvertes permettent de découvrir.

En partant du problème que nous avons, nous pouvons explorer plus loin : qu’est-ce que cela apporte à l’enfant de se comporter de la manière qui nous apparaît à nous inadéquate ? Par exemple, pour un enfant qui traîne le matin, provoquant des crises matinales dans la famille : Qu’est-ce qui te déplaît dans le fait de te lever à l’heure le matin ? Qu’est-ce qui t’empêche de te lever dès que je te réveille ? Qu’est-ce que cela te donne de bon de rester au lit alors que je t’aie appelée plusieurs fois ? Qu’est-ce qui te manque / ou / De quoi aurais-tu besoin pour te lever plus vite ? Qu’est-ce qui t’embête quand tu es levée ?

Comprendre l’enfant

L’idée n’est pas de bombarder l’enfant de question mais de trouver des éléments de réponse. Après chaque question, il s’agira de laisser un temps de réflexion à l’enfant et d’écouter ses réponses sans nier ses émotions ou critiquer ses raisons, mais en reformulant avec empathie ses mots. Par exemple : « Si je comprends bien ce que tu dis, la raison pour laquelle tu as besoin de temps le matin, c’est parce que… (répéter avec ses mots). Si tu aimes rester un petit plus au lit, c’est pour… Ce qui te manque pour te lever dès que je t’appelle, c’est…Ce que tu n’aimes pas le matin, c’est que…».

La clé dans ce processus de communication est de bien écouter la réalité du ressenti et des besoins de l’enfant. Si nous réagissons à ses réponses de manière respectueuse, – même si vous ne partageons pas son point de vue –, nous installerons une confiance réciproque dont nous récolterons les bénéfices pendant des années.

Expliquer notre point de vue

Une fois que l’enfant a reçu des éléments d’écoute et de compréhension, nous pouvons à notre tour expliquer calmement notre point de vue, parler de nos besoins et partager notre objectif. Par exemple : « Ma chérie, maintenant j’ai bien compris que pour toi, il est important de : (répéter les bonnes raisons de l’enfant). Tu sais aussi que ce qui est important pour moi, c’est d’être à l’heure à l’école et au travail, car sinon, cela me stresse. Les horaires pour aller à l’école et au travail étant imposés, tu ne peux pas négocier avec ta maîtresse d’arriver plus tard, ni moi avec mon patron ou mes clients. C’est bien dommage, mais c’est comme cela. Par contre, ce que je ne veux plus, c’est que tous les deux, on se chamaille tous les matins, car je t’aime. ».

S’assurer de passer le message d’amour

Le message que nous envoyons à notre enfant est celui de l’amour. En mettant la priorité sur la relation, nous lui disons que le lien qui nous unit est plus important que le reste. C’est exactement de cela dont un enfant a besoin.

Parler des conséquences

Il est également important de parler des conséquences négatives que les comportements inappropriés des enfants ont sur nous, de nos émotions (tristesse, irritation, culpabilité, etc.).

Comme cette discussion a lieu en dehors d’un moment de crise, il est possible d’exprimer nos émotions sans être sous le coup de la colère. Il est possible de s’appuyer sur des éléments de la Communication Non Violente :

  • O : observation (« Quand tu fais ceci… »)
  • S : sentiment (« Je ressens… »)
  • B : besoins (« car j’ai besoin de… »)

4.Trouver ensemble une solution satisfaisante

Mes besoins satisfaits + Tes besoins satisfaits + Cadre non négociable respecté = Harmonie et bonheur partagés

Cette étape est celle de l’harmonisation. L’objectif est de rendre compatible :

  • Les besoins de l’enfant, donnés par la fonction positive de son comportement,
  • Notre cadre commun non négociable (par exemple, être à l’heure),
  • Nos besoins (calme, sérénité…), définis lors de la première étape.

Par exemple : « Ce que nous devons trouver ensemble, toi et moi, c’est comment être à l’heure à l’école et au travail (…par exemple, dans le calme et la sérénité) dont moi j’ai besoin, tout en respectant ton besoin à toi qui est de (par exemple jouer un peu…). Cherchons ensemble des moyens de tout combiner. Comment pourrait-on faire ? ».

Trouver des solutions créatives

L’idée est de trouver des solutions qui prennent en compte et respectent tout le monde en faisant appel à la créativité. Cette étape peut être ludique dans le sens où on peut se laisser aller à s’amuser ensemble en proposant pleins d’idées, même saugrenues et drôles. Cet aspect ludique permet de dédramatiser petit à petit les expériences négatives passées et créer une complicité nouvelle.

Choisir des solutions

Une fois que plusieurs options qui conviennent à tout le monde ont été trouvées, il s’agit de choisir celle(s) qui semblent les plus réalisables et ajustées à la situation en pratique. Ce choix doit faire consensus et les enfants ont autant leur mot à dire que les adultes dans le choix ultime des solutions retenues.

Se donner un calendrier

Pour finir, il est utile de se donner un calendrier de test pour essayer les différentes options.

Evaluer les résultats

Après avoir expérimenté une solution pendant plusieurs jours, il s’agit de rediscuter ensemble pour évaluer ce qui marche et ne marche pas, et toujours ensemble, comme un jeu, d’ajuster ou d’essayer une autre option.

Célébrer les réussites

Pour renforcer le lien, la coopération et favoriser l’enracinement des bonnes habitudes, il est important de se réjouir des réussites communes en mentionnant le plaisir éprouvé quand la situation se passe sans heurt, quand la solution retenue est respectée.

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Source : Quand tout devient enfin facile avec nos enfants : Une méthode simple et efficace au quotidien pour retrouver l’amour et la bonne humeur à la maison de Christine Dimajo Donati (éditions Josette Lyon).

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1 réponse

  1. Sylvain dit :

    Très intéressant !

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