Discipline positive : se centrer sur la recherche de solutions (plutôt que punir les enfants)

Discipline positive : se centrer sur la recherche de solutions (plutôt que punir les enfants)

Discipline positive recherche de solutions punitions

À quoi ressembleraient nos classes si tous les élèves se concentraient sur la recherche de solutions  ? D’ailleurs, peut-on imaginer à quoi ressemblerait le monde si chacun individu agissait de même  ? Le monde serait sans doute plus apaisé. – Jane Nelsen et Lynn Lott (La discipline positive en classe)

Dans leur livre La discipline positive en classe, Jane Nelsen et Lynn Lott proposent de réfléchir différemment au sujet des punitions et présentent une alternative à la punition : la recherche de solution. Elles se demandent d’où nous vient cette drôle d’idée qu’il faut d’abord se sentir moins bien avant de faire mieux. Elles affirment qu‘on fait mieux quand on se sent mieux.

 

Apprendre aux enfants à chercher des solutions plutôt que les punir présente plusieurs bénéfices :

  • les enfants apprennent à s’aider les uns les autres dans le but d’améliorer leur comportement de façon plus respectueuse,
  • les enfants ne vivent pas dans la peur de la punition mais réfléchissent en termes de règles bonnes pour le vivre ensemble,
  • la délation et les accusations sont remplacées par la recherche de solutions (l’idée étant qu’on ne cherche pas de coupable, on cherche des solutions),
  • les enfants déploient leur créativité dans la recherche de solution (et non pas dans des stratégies d’évitement des punitions),
  • les enfants apprennent que tout le monde a le droit de faire des erreurs et que l’important est de trouver des solutions à la fois pour réparer et pour éviter que le problème ne se représente à nouveau.

Plus l’adulte propose de se concentrer sur la recherche de solutions, plus l’enthousiasme grandit.  Si les enfants et adolescents ont besoin de s’entraîner et de se former aux matières académiques, ils ont aussi besoin d’acquérir les compétences nécessaires à la résolution de problèmes relationnels.

Jane Nelsen et Lynn Lott soulignent les quatre caractéristiques d’une solution : les « 3R » et le « A » :

  • Reliée (logique).
  • Respectueuse.
  • Raisonnable.
  • Aidante. 

Reliée  : la solution doit être directement liée au comportement.

Par exemple, si un élève n’a pas fait ses devoirs, l’envoyer au bureau du directeur n’a aucun rapport avec les devoirs. Une solution «  reliée  » à son comportement pourrait être de rattraper les devoirs non faits ou de ne pas avoir de points/ note correspondant à cette tâche.

Respectueuse  : quelle que soit la solution choisie, enseignants comme élèves doivent conserver une attitude respectueuse que ce soit dans leur manière d’être ou dans le ton de la voix.

C’est la responsabilité des adultes d’appliquer la solution retenue dans la dignité et le respect. «  Préfères-tu rattraper les devoirs durant l’heure du déjeuner ou juste après la fin des cours  ?  »

Prendre en compte la dimension du respect dans les solutions signifie aussi que les enfants savent à l’avance quels seront les choix auxquels ils seront confrontés s’ils n’ont pas le comportement attendu. Lorsque les enfants sont prévenus à l’avance, ils font leur propre choix. Lorsque ce n’est pas le cas, ils ont l’impression que c’est l’arbitraire qui règne, et qu’ils sont à la merci des adultes (enseignants ou parents).

Il est d’ailleurs utile et efficace d’inclure les enfants dans l’élaboration des règles de vie commune afin d’augmenter leur engagement et leur coopération.

Raisonnable  : la solution adoptée doit être raisonnable.

Une solution ne serait pas raisonnable si l’on annonçait par exemple à un enfant qui a écrit sur une table dans la classe à l’école  : «  Tu vas nettoyer toutes les tables de la classe  », ou si l’on basculait dans une double peine «  Et je vais aussi mettre un mot à tes parents ».

Aidante  : la solution choisie doit aider l’élève à s’améliorer, et à résoudre le problème rencontré.

 

Jane Nelsen et Lynn Lott proposent un petit exercice (initialement pour les enfants mais réalisables par les adultes également) pour savoir si une solution face à une situation problématique avec les enfants en est vraiment une (ou si c’est une manière de punir déguisée sous des air de discipline positive).

Elles demandent d’imaginer qu’une fille a écrit sur la table de quelqu’un d’autre dans une classe, puis de lister cinq suggestions qui pourraient servir à résoudre la situation :

  1. demander à l’élève en faute de s’asseoir par terre pendant toute la récréation  ;
  2. lui demander de nettoyer tous les bureaux de la classe  ;
  3. lui demander de nettoyer le bureau endommagé devant toute la classe  ;
  4. lui demander de s’excuser immédiatement sous peine d’être envoyée chez la directrice ;
  5. lui demander si elle voudrait nettoyer le bureau endommagé maintenant ou avant la fin des cours.

L’objectif de l’exercice est de passer ces cinq suggestions au filtre de trois R et du A afin de conclure s’il s’agit d’une solution ou plutôt d’une punition déguisée.

Nelsen et Lott insistent sur le fait qu’une suggestion qui présente les quatre caractéristiques d’une solution est probablement une bonne alternative à la punition.

Trouver des solutions afin de résoudre les problèmes qui se présenteront dans le futur peut réellement devenir une nouvelle manière de fonctionner efficace et utile, applicable à la fois par les adultes et les enfants.

Les adultes (parents et enseignants) pourront dire aux enfants que dorénavant la tâche de ces derniers sera de trouver des solutions afin de résoudre les problèmes qui se présenteront. Les adultes pourront également s’engager à ne plus avoir recours aux punitions.

Il est important de consulter les enfants dans la recherche de solutions (soit l’adulte propose plusieurs solutions qui répondent aux 4 critères et l’enfant choisit celle qui lui convient le mieux; soit c’est l’enfant qui propose une ou plusieurs solutions de son cru aux personnes auxquelles il doit une réparation). Il s’agit d’une belle façon d’encourager la prise de responsabilité des enfants dans un environnement sécurisé auprès d’adultes bienveillants.

……………………………………………….

Source : La Discipline positive dans la classe de Jane Nelsen et Lynn Lott (éditions Le Toucan). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

Commander La Discipline positive dans la classe sur Amazon ou sur Decitre.

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. Nelyane dit :

    J’ai un ami qui travaille dans un internat d’ados difficiles. Quand il y a des devoirs un peu « hard », les élèves ne se bousculent pas pour aller les faire. Alors que ses collègues sortent l’arsenal « punitions », lui trouve une boite de bonbons et le premier ado qui termine (il y en a toujours un plus « scolaire » que les autres) se voit gratifier d’un bonbon « C’était difficile ce qu’on vous a demandé, tu as bien mérité un bonbon (ou un chocolat)! Inutile de dire que l’info fait le tour du dortoir à la vitesse V et les devoirs se terminent sans rechigner:

    • Coralie dit :

      Cette évolution de la punition vers la récompense présente certes les choses plus positivement, et aide à ce que les ados en question ne se sentent pas humilies, ce qui est déjà un grand pas ! Et penser hors des schémas traditionnels n’est pas facile, on peut donc reconnaitre cette force à ton ami !
      Du coup, si ton ami cherche à developper une autre motivation chez ses ados, il y a fort à parier qu’il devra s’éloigner également de ce système de récompense pour plutôt les impliquer dans la recherche de solution, comme décrite ici. Le coup des bonbons risque de ne pas marcher longtemps…
      https://les6doigtsdelamain.com/le-piege-des-recompenses/

  2. Coralie dit :

    Je sors justement d’un week-end de formation de DP, au cours duquel la formatrice a insisté sur la différence entre les conséquences et les solutions, et ça a fait écho à un article que j’avais écrit précédemment, qui vient de la meme inspiration que la tienne.
    Qu’est-ce que je me sens en ligne quand je te lis !!
    https://les6doigtsdelamain.com/parlons-solutions-plutot-que-consequences-logiques/

  3. Samuel BRUET dit :

    Une fois encore, ce sont les méthodes qui sont à réfléchir et cet article l’illustre très bien. Les adultes réfléchissent par rapport à eux sans avoir cette empathie de ce que peut ressentir l’enfant. Finalement, il peut être intéressant d’encourager parfois la bêtise pour arriver à glisser une bienveillance des comportements. C’est une pédagogie à explorer !!

    En tout cas merci pour cet article très constructif 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *