Comment créer les conditions où les talents naturels des enfants peuvent s’épanouir à l’école ? (par Ken Robinson)

Comment créer les conditions où les talents naturels des enfants peuvent s’épanouir à l’école ? (par Ken Robinson)

Je ne vous présente plus Ken Robinson sur ce site. Il a animé de nombreuses conférences dans le monde entier au sujet de l’éducation et a écrit plusieurs livres sur la passion et le talent.

Aujourd’hui, je vous propose une vidéo (en anglais) sur la révolution de l’école. Sir Ken Robinson plaide pour un apprentissage personnalisé en lieu et place des enseignements standardisés – il s’agit de créer les conditions où les talents naturels des enfants peuvent s’épanouir.

Pour Ken Robinson, la crise de l’éducation est de même effet que la crise écologique mais pas de même nature : la crise écologique concerne les ressources naturelles tandis que la crise de l’éducation concerne les ressources humaines.

Il regrette que nous n’utilisions pas assez nos talents. Il croise trop de personnes qui n’éprouvent pas de plaisir dans ce qu’elles font. Il lui arrive parfois de rencontrer des gens qui aiment ce qu’ils font dans la vie car ce qu’ils font EST ce qu’ils sont.

 

Pourquoi la plupart des gens n’arrive pas à trouver et à vivre leur talent ? 

Selon Ken Robinson, le système éducatif est en cause. L’éducation telle qu’elle est conçue dans les pays occidentaux éloigne les personnes de leur talent naturel.

En effet, les ressources humaines sont enterrées aussi profondément que les ressources naturelles. Il est alors nécessaire de créer les circonstances favorables à la révélation des talents enfouis en chaque personne.

Tous les systèmes scolaires connaissent des refondations dans le monde mais les réformes ne suffisent plus car elles se contentent de boucher les trous dans un système cassé.

Nous n’avons pas besoin d’un évolution mais d’une révolution de l’école, c’est-à-dire d’une transformation en quelque chose d’autre.

Pourquoi la révolution de l’école rencontre-t-elle tant de blocages ? 

Les principales résistances au changement sont les croyances. Un système est difficile à casser car les gens ont du mal à abandonner ce qui est considéré comme « normal », acquis, évident.

« Les dogmes du passé paisible ne sont plus adaptés au présent tumultueux. Nous devons saisir l’occasion de nous élever. Comme l’événement est nouveau, nous devons penser la nouveauté et agir en nous renouvelant. » Abraham Lincoln (1862)

 

Nos systèmes scolaires sont hypnotisés par des idées anachroniques et dépassées, conçues pour répondre aux défis des XIX° et XX° siècles mais pas à ceux du XXI°.

Ken Robinson demande à toutes les personnes de plus de 25 ans dans la salle de conférence si elles portent une montre. Une grande majorité répond par l’affirmative. Or il prétend que la réponse serait complètement différente avec des adolescents : ils n’ont pas besoin de porter de montre pour avoir l’heure car ils sont nés dans un monde digital.

Preuve est faite qu’il est difficile de discerner ce que nous tenons pour acquis car nous les tenons précisément pour acquis, pour normal.

Quelles sont les principaux problèmes des systèmes éducatifs traditionnels ? 

La linéarité des trajectoires

L’école nous met en tête que les trajectoires de vie sont linéaires :

  • nous partons d’un point précis (le CP en France car l’obligation d’instruction est valable à partir de 6 ans),
  • nous suivons une piste prédéfinie pour nous
  • si nous faisons tout correctement, si nous ne dévions pas de cette voie, alors nous serons installés pour le restant de nos jours.

Or la vie n’est pas linéaire. Aujourd’hui, nous savons que les entrants sur le marché du travail occuperont 3,4 (voire plus) métiers différents au cours de leur carrière.

La valorisation des études supérieures

Ken Robinson regrette que nous soyons obnubilés par le fait d’emmener le maximum d’élèves dans les études supérieures.

Tous les élèves n’ont pas BESOIN d’aller à l’université et/ou d’obtenir un master. Tous les élèves n’ont pas besoin d’aller à l’université tout de suite après le lycée.

 

J’en ai eu l’exemple dans ma famille : mon frère avait de relativement bonnes notes au collège mais a voulu s’orienter en filière professionnelle après la 3° car son rêve était de devenir viticulteur. Mes parents ont dû insister car ses professeurs voulaient l’intégrer d’office dans une seconde générale. Ben oui, la filière professionnelle n’est que pour les cancres; quand on a des bonnes notes, on va en général ! Il a quand même pu passer son BEP puis son Bac Pro. Il est ensuite parti à l’étranger, a appris à parler couramment l’anglais et a travaillé dans une exploitation en Nouvelle-Zélande. Quelques années après, il a voulu reprendre le chemin de l’école pour passer son BTS. Il est maintenant à son compte et exploitant viticole très heureux ! 

 

Ken Robinson cite quant à lui l’exemple d’un jeune pompier : celui-ci a toujours rêvé d’être pompier. Mais un professeur lui a dit un jour qu’il perdrait son temps, qu’il gâcherait son talent et son potentiel s’il s’entêtait dans cette idée au lieu d’aller à l’université. L’adolescent d’alors a vécu ces jugements comme des humiliations. Mais il s’est tout de même accroché à son rêve. Et il se trouve qu’il a sauvé la vie de ce professeur et de sa femme en tant que pompier ! Jolie morale de l’histoire 🙂

Ken Robinson réfute corps et âme l’idée selon laquelle les études supérieures se préparent dès la maternelle. Aux Etats-Unis, les enfants de 3 ans passent des tests et des entretiens pour intégrer les meilleurs kindergartens. Ils sont mis en compétition dès leur plus jeune âge : on leur demanderait presque un CV !

un enfant de 3 ans n'est pas la moitié d'un enfant de 6 ans Ken Robinson

La conformité

Ken Robinson affirme que nous avons construit nos systèmes d’éducation sur le modèle du fast-food. Tout y est standardisé (les bâtiments, les programmes, les leçons, les classes par tranche d’âge…) alors que les talents humains sont très divers.

L’école épuise les esprits et l’énergie des élèves car elle ne prend pas en compte les dispositions personnelles. Ce qui marche pour un élève ne marchera pas forcément pour un autre.

Quels sont les ingrédients d’une révolution de l’éducation ? 

La passion et le talent

La passion et le talent sont les deux ingrédients qui excitent et aiguisent nos esprits : si nous faisons quelque chose que

1. nous aimons

2. nous réussissons,

alors le temps prend une autre dimension.

L’éducation doit nourrir l’énergie et la passion de chaque individu : si les élève ne voient pas le temps passer, c’est signe que l’éducation aura réussi sa mutation.

Un parcours personnalisé

Selon Ken Robinson, nous devons passer d’une éducation adaptée à une société industrielle (dont les deux mots d’ordre sont linéarité et conformité) à une éducation fondée sur l’adaptation de la scolarité aux singularités de chaque élève.

Dans cet idéal de révolution de l’éducation, les élèves développeraient leurs propres solutions avec un soutien externe des enseignants basée sur un parcours personnalisé. 

Les nouvelles technologies et Internet

On le voit bien avec les initiatives de Twittclasses, de pédagogie inversée ou encore avec l’introduction de tableaux numériques interactifs ou de tablettes en classe. Les nouvelles technologies sont à la fois :

  • un nouveau support d’enseignement qui bouleverse les habitudes pédagogiques (les élèves peuvent apprendre seuls, l’enseignant peut introduire des notions en dehors de la salle de classe…. )
  • un nouveau sujet d’apprentissage (éducation aux médias, maîtrise des outils informatiques et numériques…).

 

Pour celles et ceux qui pensent que cette approche est utopique, la révolution de l’école est déjà en marche, même en France :-). La preuve en vidéo ici : Quand les neurosciences guident la refondation de l’école ou encore là : Le fonctionnement quotidien d’une école du 3° type

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2 réponses

  1. 11 mars 2016

    […] Ken Robinson dénonce également l’aspect trop linéaire de nos systèmes éducatifs. Pourquoi aller à l’université tout de suite après le lycée par exemple ? Certains n’auront pas besoin de faire des études supérieures pour réussir leur vie et d’autres pourront éprouver le besoin de retourner à la fac après plusieurs années dans le monde du travail. […]

  2. 25 septembre 2016

    […] Créer les conditions où les talents naturels des enfants peuvent s’épanouir à l’éco… […]

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