Favoriser la contribution des enfants et ados aux tâches ménagères (discipline positive)

Favoriser la contribution des enfants et ados aux tâches ménagères (discipline positive)

Favoriser la contribution des enfants et ados aux tâches ménagères

Jane Nelsen, créatrice du concept de discipline positive, rappelle que l’une des significations de l’étymologie latine de discipline est « enseigner ». Or « enseigner » n’a jamais été synonyme de critiquer, faire la leçon ou encore punir.

Enseigner est un acte plein d’encouragement et de bienveillance, qui fournit aux jeunes les compétences dont il a besoin pour développer une bonne estime de soi. – Jane Nelsen

Les étapes de l’apprentissage d’une tâche

L’enfant observe le parent accomplir la tâche.

L’adulte explique en termes simples ce qu’il est en train de faire et pourquoi.

L’adulte accomplit la tâche avec l’aide de l’enfant.

L’adulte encourage l’enfant à l’aider dans cette tâche, une fois que l’enfant a observé à plusieurs reprises le déroulement de cette tâche, en a saisi l’intérêt et a les compétences motrices pour la réaliser.

L’adulte en profitera pour mettre en mots à nouveau ce qu’il est en train de faire et en verbalisant ce qu’il attend de l’enfant. L’enfant sera d’autant plus coopératif que l’adulte soulignera à quel point son aide est utile et appréciée.

L’enfant accomplit la tâche avec l’aide de l’adulte.

L’enfant pourra s’essayer à la tâche sous le regard bienveillant de l’adulte qui l’encouragera et lui rappellera les consignes si nécessaire (en adaptant son aide de façon utile, ni trop, ni trop peu).

L’adulte observe l’enfant accomplir la tâche. 

Désormais, l’enfant se sent suffisamment sûr de lui pour se lancer tout seul.

5 piliers pour favoriser la contribution des enfants et ados aux tâches ménagères

1.Reconnaître et valoriser les efforts (si petits soient-ils)

C’est le principe du renforcement positif. Il ne s’agit pas ici de donner des récompenses (encore moins de l’argent pour la contribution des enfants et adolescents aux tâches ménagères) mais plutôt d’accorder de l’attention pleine et entière aux actions de l’enfant ainsi que des signes de reconnaissance positifs :

  • des remerciements (« tu as fait ci/ça, merci beaucoup ! », « cela me rend la vie plus belle quand tu… », « j’apprécie vraiment que tu aies… »),
  • des clins d’oeil complices (« Bien joué ! »),
  • des mots d’encouragement (« tu as fait ci et ça, c’était difficile/ tu n’en avais pas très envie et tu l’as fait quand même ! », « cela demande beaucoup de patience/ de volonté/ d’effort de… »),
  • des descriptions de ce qui a été réalisé (« Tu as enlevé les assiettes de la table, tu les as mises dans le lave vaisselle et tu as rincé les verres. C’est un plaisir de voir la table débarrassée ! »),
  • des expressions d’émotions positives (« Cela me met en joie de voir que… », « Je suis admiratif.ve de savoir que tu as…. »).

S’il reste des choses à faire, cela peut également passer par un langage positif de reconnaissance des efforts et d’expression émotionnelle tout en soulignant ce qu’il reste à faire sans passer par les reproches (« La table est débarrassée, le lave vaisselle tourne, il ne reste plus qu’un coup d’éponge à passer sur la table pour enlever les miettes. Je le fais ce coup-ci et je te laisserai le faire la prochaine fois », « Je vois que…. et… Une petite chose a été oubliée : est-ce que tu te souviens de quoi il s’agit ? »).

2.Passer du temps avec les enfants pour leur enseigner comment s’y prendre

Pour un enfant, « ranger la cuisine » peut vouloir « mettre les assiettes en pile dans l’évier » sans mauvaise foi… il va alors être utile de montrer et mettre en mots nos attentes pour ne pas risquer de créer de malentendus entre adultes et enfants.

Si nous avons peur que les enfants/ ados ne se souviennent pas de toutes les consignes, nous pouvons les afficher sous forme de pictos ou de dessins dans un endroit visible. Des petits mots d’amour ou des dessins colorés (coeurs, fleurs…) peuvent égayer des fiches de rappel.

Il peut également être utile de bien anticiper certaines situations. Dernièrement, ma fille et son amie ont voulu faire des « potions patouille » dans sa chambre. Je leur ai dit que c’était OK pour moi mais que j’avais besoin de savoir qu’elles ramasseraient elles-mêmes les éventuelles saletés, que cela relèverait de leur responsabilité de laisser la chambre aussi propre qu’avant et que, si ce n’était pas le cas, je ne le leur accorderais plus ce droit. Le fait d’anticiper, de bien mettre en mots les attentes, de solliciter les enfants et de s’assurer de leur compréhension des consignes permet de les responsabiliser et réduit les risques de conflits a posteriori.

3.Garder des attentes réalistes en fonction de l’âge et des capacités des enfants

 

4.Faire des tâches obligatoires des moments agréables ou amusants

Quelques exemples de parentalité ludique :

  • mettre de la musique entraînante pendant le ménage;
  • faire des jeux de rôle pour ranger le linge – à la manière d’un robot, d’un pilote de ligne, d’un cosmonaute…;
  • lancer des défis;
  • s’y mettre à plusieurs;
  • ranger par couleurs/ par formes…. (voici aussi le dé de la coopération)

dé de la coopération enfant

Par ailleurs, comme nos enfants nous imitent plus qu’ils écoutent nos conseils, il peut être utile d’envisager nous-mêmes les « corvées » comme des actes qui nourrissent nos besoins en passant, par exemple, du « je dois descendre la poubelle » à « je choisis de descendre la poubelle parce que cela nourrit mon besoin d’avoir une maison propre, agréable à vivre, accueillante et mon besoin de contribuer à la bonne santé de l’ensemble de la famille ».

5.Discuter ensemble d’un planning des responsabilités co construit et accepté par tout le monde dans une visée gagnant/gagnant 

En discipline positive, le Temps d’Echange en Famille est un temps qui permet justement d’échanger sur les problématiques rencontrées par une famille afin d’y trouver des solutions satisfaisantes pour tous les membres.

Jane Nelsen définit le Temps d’Echange en Famille (TEF) comme

« une opportunité régulière et planifiée d’environ 15 à 30 minutes par semaine pour apprendre à s’apprécier de façon positive, à se concentrer ensemble sur les solutions qui faciliteront le plaisir de vivre ensemble et à développer les compétences sociales nécessaires au plein épanouissement de chacun. »

Le TEF commence toujours par un tour de compliments : chaque participant adresse à chacun des autres participants un compliment ou un remerciement sur une situation, un acte, un mot de la semaine écoulée.

L’ordre du jour est abordé selon les doléances et souhaits exprimés par chaque membre de la famille au cours de la semaine écoulée.

La recherche de solutions se fait en suivant les 4 étapes pour gagner la coopération des enfants.

 

De mon expérience personnelle, je peux témoigner que les enfants peuvent nous surprendre. Depuis que j’ai la cheville dans le plâtre (trois semaines déjà… encore quatre semaines à tenir !), ma fille (8 ans) me surprend par son degré d’autonomie et sa volonté à m’aider. Elle gère l’allumage de la gazinière, du four, elle sait se servir des maniques pour sortir les plats chauds, elle épluche les carottes et sait couper les légumes en rondelles avec le grand couteau de cuisine, elle fait des crêpes et des gâteaux en totale autonomie (sous mon regard mais sans mon intervention… j’ai quand même eu le droit à quelques taches de chocolat sur mon plâtre !), elle m’aide avec le linge, la vaisselle, elle va chercher le courrier, elle passe le balai, elle fait les vitres…Je crois qu’on était resté un peu trop longtemps à son goût à l’étape 3 des apprentissages (l’enfant accomplit la tâche avec l’aide de l’adulte) et que le fait que je sois immobilisée l’a en quelque sorte « autorisée » à prendre sa pleine autonomie (étape 4 : l’adulte observe l’enfant). Et puis, du coup, pour l’enfant rendu roi ou tyran (au choix) à cause de l’éducation bienveillante, on repassera…

J’ai envie de conclure avec une phrase de Jane Nelsen que j’aime beaucoup et qui permet de résister à l’envie d’aller plus vite que la musique avec nos enfants au risque de les forcer (et les dégoûter de contribuer) ou de rentrer dans un jeu de pouvoir :

Eduquer est un processus qui s'inscrit dans le temps, prenons-nous toujours le temps des apprentissages

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Source : La discipline positive pour les parents solos de Jane Nelsen, (éditions Poche Marabout). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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1 réponse

  1. Coralie dit :

    Ah ah, moi j’ai plutôt tendance à aller trop vite au 4, et ta citation de Jane Nelsen me plait bien !!
    De nouveau un chouette partage…

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