Deux manières efficaces de lutter contre la violence éducative ordinaire (VEO)

Deux manières efficaces de lutter contre la violence éducative ordinaire (VEO)

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Nous sensibiliser aux formes fines et subtiles d’humiliation d’un enfant est le seul moyen de nous aider à acquérir ce respect pour l’enfant dont celui-ci a tant besoin dès le premier jour de sa vie pour pouvoir se développer psychiquement. Il existe différentes façons de parvenir à cette sensibilisation : par exemple, observer les situations où se trouvent des enfants inconnus en essayant de se mettre à leur place, et, surtout, apprendre à montrer de l’empathie pour son propre destin. – Alice Miller

 

1. Observer des enfants inconnus en essayant de se mettre à leur place

Cette observation peut se faire en repensant à notre propre enfant intérieur et en réfléchissant à la manière dont nous, en tant qu’adultes, réagirions aux paroles/ gestes émis par les adultes aux enfants.

Alice Miller écrit que mépriser le plus petit, le plus faible est le meilleur rempart contre l’irruption du sentiment de notre propre impuissance. La personne forte, qui connaît son impuissance parce qu’elle l’a reconnue, exprimée et vécue, n’a pas besoin de se prouver sa force par le mépris.

>>> Voir cet article : La meilleure façon de s’adresser aux enfants : se souvenir de notre enfant intérieur !

 

2. Montrer de l’empathie pour son propre destin

La plaie sans doute la plus profonde – ne pas avoir été aimé tel qu’on était – ne peut guérir sans travail de deuil. – Alice Miller

le drame de l'enfant douéDans « Le drame de l’enfant doué », Alice Miller écrit que cette plaie peut être bridée par des mécanismes de défense (dépression, compulsion de répétition, névrose obsessionnelle, perversion…). Les réactions méprisantes des parents face au comportement de l’enfant sont enregistrées en lui sous forme de souvenirs inconscients et emmagasinés dans son corps. L’horreur, le dégoût, l’angoisse ont souvent été déclenchés chez le parent par des conduites pourtant naturelles de l’enfant (activités auto-érotiques par exemple ou colère devant l’échec).

C’est seulement que l’enfant devenu adulte sera prêt à laisser émerger ses sentiments de honte et de peur, et à les vivre, qu’il apprendra ce qu’il a subi dans l’enfance. Des activités naturelles et innocentes, des émotions normales et réparatrices le faisaient se sentir vulgaire, voire sale.

On ne peut se débarrasser de quelque chose d’inconscient par des proclamations ou des interdictions. On ne peut que s’y sensibiliser, pour le reconnaître, le vivre consciemment et ainsi le maîtriser. Une mère ne peut respecter son enfant tant qu’elle ne sent pas combien une simple remarque ironique, destinée à masquer son propre manque d’assurance, peut être humiliante pour lui. Mais elle ne peut sentir combien son enfant se sent humilié, méprisé et dévalorisé devant elle si elle-même n’a jamais vécu consciemment ces sentiments et a plutôt cherché à s’en défendre par l’ironie. – Alice Miller

La nécessité intérieure de bâtir sans cesse de nouvelles illusions et de nouveaux dénis pour éviter de vivre notre propre vérité disparait une fois que cette vérité a été exprimée, ressentie, mise en mot et en pleurs, vécue. Alice Miller écrit que nous voyons alors que nous avons redouté quelque chose toute notre vie, mais que nous nous sommes défendus contre quelque chose qui ne pleut plus arriver car c’est précisément déjà arrivé et ceci dans notre enfance (alors que nous étions dépendants de nos parents et sans défense).

Cette empathie pour notre propre destin est un long et douloureux processus.

Si, grâce à un long processus, un individu parvient à vivre le fait qu’enfant, il n’a jamais été aimé pour lui-même, il subira de grands bouleversements intérieurs mais c’est à cette condition qu’il pourra connaître son vrai Soi.

Se libérer de la souffrance disproportionnée (et notamment d’un état dépressif) ne mène pas à la joie permanente ni à la complète absence de souffrance, mais à la vie – c’est-à-dire à la liberté de vivre ses sentiments spontanés. Parce que la vie a de multiples aspects, ces sentiments ne peuvent être toujours gais, « beaux » et « bons », mais reflètent toute la gamme de l’humain : envie, jalousie, colère, désespoir, tristesse…

L’accès à notre vrai Soi est possible une fois que nous avons compris et vécu ce qui nous avait dés-axé. Vivre notre douleur et faire preuve d’empathie pour nous-même permet de vivre des relations avec nos enfants plus saines : quand nous faisons preuve de mépris, d’irrespect pour les enfants, nous nous protégeons contre des sentiments évoquant notre propre histoire. Quand nous mettons à jour notre histoire, nos émotions refoulées, quand nous reprenons du pouvoir sur nous-même, nous n’avons plus « besoin » de dominer et de faire preuve de mépris, d’humilier.

Ce travail peut se faire à l’aide d’un professionnel.

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Source : Le drame de l’enfant doué, à la recherche du vrai Soi d’Alice Miller. Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet (Fnac).

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