Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (5/5) – 5 neuromythes invalidés

5 neuromythes invalidés par les neurosciences

Steeve Masson explique dans cette vidéo qu’il existe beaucoup de fausses croyances sur le cerveau qui sont en fait des neuromythes.

neuromythes

1. Les styles d’apprentissage

Les recherche en neurosciences n’ont pas encore réussi à démontrer qu’il existe des styles d’apprentissage propres à chaque individu (auditif, visuel, kinésthésique). Aucun neuroscientifique ne peut affirmer que les apprentissages seront plus profonds et plus durables si un enseignant enseigne exclusivement en fonction du style d’apprentissage.


En revanche, il est vrai que nous apprenons tous par différents canaux : par la vue, par l’oreille, par le mouvement. Il serait alors plus judicieux d’inciter les apprenants à combiner plusieurs manières d’apprendre dans l’idée. Isabelle Pailleau et Audrey Akoun écrivent dans Apprendre autrement avec la pédagogie positive :

Nous n’avons pas un seul et unique mode d’évocation. En fonction de la tâche que nous effectuons, nous mixons parfois plusieurs modes d’évocation. Les élèves qui réussissent brillamment sont d’ailleurs ceux qui parviennent à « jouer » sur plusieurs gammes d’évocation en fonction de l’objectif. 

L’idée essentielle est de pouvoir augmenter la palette de tout ce qui se passe dans la tête.

2. Le cerveau gauche et le cerveau droit

Les chercheurs en neurosciences n’ont jamais réussi à démontrer qu’une personne pourrait être « plutôt cerveau gauche ou plutôt cerveau droit ». Une personne n’est jamais totalement logique et analytique OU totalement créative et divergente.

3. La Brain Gym

La Brain Gym consiste en des exercices de coordination pour optimiser le développement du cerveau. Selon Steeve Masson, il n’existe pas de données empiriques solides qui démontreraient les effets de ses mouvements sur la reconnexion des deux hémisphères. Les principes à la base de la Brain Gym ont été invalidés par la science.

Pour autant, la Brain Gym reste de l’exercice physique et l’exercice physique est recommandé pour la santé. Les neurosciences sont par ailleurs d’accord avec le fait que l’exercice physique contribue à l’activation de régions cérébrales liées à l’attention et à la concentration.

J’avais moi-même rédigé un article au sujet de la Brain Gym dans lequel je relayais un article sceptique sur les fondements de cette approche. A vous de juger maintenant que vous avez tous les éléments en main 🙂 : Brain Gym® : l’importance du corps pour apprendre.

4. Les élèves utilisent seulement 10% de leur cerveau

L’idée selon laquelle nous n’utilisons que 10% est une légende urbaine. Nous utilisons tous pleinement les capacités de notre cerveau.

Le neurologue Barry Beyerstein en a d’ailleurs apporté la preuve en vérifiant que chaque zone cérébrale était indispensable puisque les lésions qui les touchaient étaient toutes incapacitantes.

Je vous invite à lire cet article dont les lignes ci dessus sont extraites : Non, nous n’utilisons pas que 10% des capacités de notre cerveau

5. Les périodes sensibles sont des périodes critiques

Il existe bel et bien des périodes sensibles qui sont des périodes de la vie particulièrement propices à certains apprentissages. Maria Montessori avait eu l’intuition de ces périodes sensibles il y a plus d’un siècle maintenant.


Dans Les étapes de l’éducation, elle écrit qu’il y a dans les périodes sensibles des possibilités que l’adulte a perdues. La période sensible correspond au moment où l’enfant s’enthousiasme et montre un intérêt supérieur.

En raison de cette notion de périodes sensibles dans la pédagogie Montessori, la liberté dans les activités a une grande importance. La liberté pour l’enfant de choisir son travail lui permet d’explorer au moment opportun pour lui-même ses possibilités.

Par exemple, selon les neurosciences, il existe une période sensible des phonèmes, c’est-à-dire ses sons entendus : les nouveaux nés sont capables de reconnaître et de différencier tous les phonèmes de toutes les langues puis il y a élagage des connexions synaptiques. Plus tard, l’enfant n’est plus capable de différencier certains sons qui ne sont pas propres à sa langue maternelle.

Pour autant, les périodes sensibles ne sont pas des périodes critiques, entendues au sens où il faut absolument stimuler un enfant avant tel âge parce qu’il ne sera plus capable d’apprendre plus tard.

Une fois la période sensible passée, les apprentissages seront plus difficiles mais pas impossibles. Les neuroscientifiques s’accordent d’ailleurs pour dire que l’enthousiasme est de l’engrais pour le cerveau. Une fois la période sensible passée, le meilleur moyen de faciliter un apprentissage est de créer de l’enthousiasme autour ! Je vous recommande cette vidéo : L’enthousiasme, de l’engrais pour le cerveau.

Le cerveau se développe comme un muscle là où l’enfant l’utilise avec enthousiasme. – André Stern

le cerveau se développe comme un muscle là où l'enfant l'utilise avec enthousiasme

 

Pour aller plus loin,

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (1/5) – Les dernières découvertes en neuroéducation

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (2/5) – Utiliser la neuroplasticité pour enseigner efficacement

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (3/5) – La lecture vue par les neurosciences

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (4/5) – L’inhibition dans l’apprentissage des sciences et de la logique

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3 réponses

  1. Guillaume dit :

    Le lien ne fonctionne pas pour la vidéo « L’enthousiasme, de l’engrais pour le cerveau. »

  1. 2 avril 2017

    […] Géographie. Histoire. EMC. Peac. AP. Dys fois 10. Collège METHODOLOGIE. Tice. EPI. 5 neuromythes invalidés par les neurosciences. […]

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