Non systématique, colère des enfants et crises d’opposition : les conseils d’Isabelle Filliozat pour parents à bout

Non systématique, colère des enfants et crises d’opposition : les conseils d’Isabelle Filliozat pour parents à bout

Il dit non sur tous les tons (et moi je fais quoi ?) – l’intervention d’Isabelle Filliozat dans l’émission La maison des maternelles pour réagir aux nons systématiques, aux oppositions, aux colères et aux crises de décharges des enfants avec la parentalité positive.

Résumé de l’intervention :

La parentalité positive fournit des ressources à la place de limites : on regarde « comment » faire plutôt que punir et on donne des consignes positives plutôt que des ordres.

Souvent, on confond stress et colère : quand un enfant est sous stress, il est dans une tension extrême et le moindre déclencheur extérieur va éclater en crise de décharge. Cette réaction est biologique : l’enfant peut se figer, fuir ou attaquer. En présence d’une figure d’attachement, la réaction courante sera l’attaque. La colère est plus franche et plus courte.

Tous les enfants passent par une phase d’opposition vers 18 mois/2 ans pour sentir qui ils sont et s’affirmer, pouvoir choisir par eux-mêmes. Plus les parents s’arc-boutent et cherchent à garder le pouvoir, plus la phase d’opposition va durer longtemps. La phase du non est une phase d’autonomisation pour pouvoir dire « je ».

La crise au supermarché est une décharge naturelle et normale car le cerveau de l’enfant n’est pas fait pour être dans un supermarché hyper stimulant. Ce n’est ni de l’opposition ni de la colère : c’est une décharge de stress. Il vaut mieux donner au cerveau de l’enfant une orientation (appuyer sur un bouton vert, choisir les pommes…) et reconnaître les difficultés vécues par l’enfant (« c’est difficile de…« , « ton cerveau est tout chamboulé par toutes ces lumières« …).

Quand l’enfant perd sa figure d’attachement de vue, il se fige par peur panique. Il ne devient pas « sage » d’un coup et ne comprend encore moins la « leçon ». Le problème est que cette immobilisation est temporaire et due à la peur. Quand l’enfant va se « défiger », il va à nouveau être sous stress car ce stress n’aura pas été évacué de manière inappropriée (avec un risque d’agressivité).

Contenir un enfant (contact physique, câlin, paroles tendres) et encourager la décharge motrice (crier, bouger, sauter, grimper…) est un bon moyen de faire baisser le niveau de stress. On enseigne toujours dans des moments calmes des outils pour réguler ce qui se passe à l’intérieur (par exemple : taper des pieds, respirer, souffler dans une paille…).

Nos enfants nous imitent et s’approprient comment nous nous comportons : quand nous leur montrons de la patience, nous leur enseignons la patience et l’auto régulation.

On a tendance à oublier l’importance du mouvement physique : on pourrait avoir un lieu à la maison où l’enfant laisse sortir la tension à l’intérieur de lui (un petit trampoline, une piscine à balles…).

Face aux demandes des enfants, on peut parfois remplacer le non pour éviter une surcharge de stress dans le cerveau de l’enfant :

  • stop,
  • une écoute émotionnelle (« oui, tu as envie de regarder le dessin animé », « oui, c’est difficile pour toi quand.. et tu aurais préféré que… », « ça met en colère quand… »)) suivie d’une proposition ou suggestion (« et on va plutôt… », « qu’est-ce que tu dirais de… ? »).

La communication non verbale est importante : un visage fermé, des sourcils froncés, une mâchoire serrée vont déclencher chez l’enfant le circuit de stress.

Quand un enfant rit au nez de ses parents, il est tellement en détresse qu’il cherche à retrouver l’attachement.

Quand les parents accueillent les émotions des enfants, accompagnent, outillent les enfants pour réguler leur stress et montrent un exemple d’auto régulation, l’enfant devenu adolescent puis adulte saura mieux réguler son stress et sera moins sujet aux crises de décharge émotionnelle. Quand on punit, quand on isole, quand on humilie, quand on crie, on n’enseigne pas à l’enfant à réguler son stress.

Quand les parents n’aident pas à réguler le stress dans l’enfance, une fois adultes, on se retrouve démunis et sujets nous-mêmes au stress et à la colère qui dégénère en violence face à nos propres enfants. Il est difficile d’enseigner et de donner ce qu’on n’a pas reçu. Il est impossible (ou presque) d’adopter une éducation bientraitante sans guérir les blessures du passé, sans travailler sur sa mémoire traumatique.

……………………………………………………………………………..

Les ouvrages d’Isabelle Filliozat pour aller plus loin :

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Réjeanne Lauzon dit :

    Super

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.