8 points clés pour favoriser la résilience chez les enfants

La science de la résilience : pourquoi certains enfants arrivent à surmonter des traumatismes alors que d’autres sont marqués à vie ?

La résilience est définie comme « l’art de naviguer dans les torrents » par Boris Cyrulnik. C’est la capacité à rebondir après des événements douloureux et à surmonter les épreuves de la vie.
La résilience est un processus entre des caractéristiques individuelles et l’environnement dans lequel l’individu évolue. On peut voir le concept de résilience comme une balance entre les expériences positives et les expériences négatives avec les gênes en guise de pivot. Les gênes peuvent rendre plus ou moins vulnérables au stress : le pivot peut donc être déplacé à gauche ou à droite selon les personnes.

résilience harvard

Source : vidéo InBrief: The Science of Resilience

Les expériences positives ou négatives peuvent recouvrir plusieurs formes :

  • une relation bienveillante avec un adulte, la sécurité affective et financière, une bonne santé
  • la pauvreté, l’exposition à la violence, un faible niveau d’éducation…

Le cumul d’expériences de même nature va faire pencher la balance à droite ou à gauche. Les expériences de nature opposée vont en contre balancer les effets.

Quand les expériences positives s’accumulent et que les enfants apprennent des compétences de résilience telles que la régulation du stress, la résolution de problèmes, la gestion des émotions ou encore la capacité à prévoir et à anticiper, le pivot bouge et la capacité de résilience croit.

De plus en plus d’études scientifiques mettent l’accent sur un facteur clé de résilience : Chaque enfant qui a réussi à rebondir après un malheur a connu au moins une relation stable et engagée avec un adulte encourageant et bienveillant.

D’après le National Scientific Council on the Developing Child, le pouvoir de cette relation forte entre un enfant et un adulte est un élément indispensable dans la résilience.

La résilience dépend de relations encourageantes et ouvertes ainsi que de la maîtrise d’un ensemble de compétences qui nous aident à répondre et à s’adapter à l’adversité de manière saine. Ce sont ces compétences et ces relations qui peuvent transformer un stress toxique en stress tolérable. – Jack Shonkoff, directeur du Center on the Developing Child at Harvard

Le bon développement du cerveau compte sur des interactions cohérentes d’attachement qui ont lieu entre un jeune enfant et sa figure primaire d’attachement. Quand ces interactions sont régulières, elles offrent les bases pour la construction de capacités clés, comme la capacité à planifier, à contrôler, à réguler son propre comportement et à s’adapter aux changements de conditions. Ces capacités permettent aux enfants de faire face à l’adversité et de s’épanouir.

En l’absence d’une relation soutenante, le cerveau ne se développe pas de manière optimale. Le corps perçoit cette absence comme une menace et active les hormones du stress dont la sécrétion prolongée entraîne des changements physiologiques qui affectent le cerveau et le fonctionnement de l’organisme d’un point de vue physique et mental. Dans ce cas, le stress devient toxique et les enfants auront plus de mal à s’adapter ou à rebondir après des difficultés.

 

8 points clés sur la science de la résilience

  • 1. La résilience naît de l’interaction entre la disposition innée interne et l’expérience externe. Elle découle d’une relation bienveillante, de capacités d’adaptation et d’expériences positives.

L’éducation bienveillante est un point central pour favoriser la capacité de résilience des enfants. Voici quelques ressources sur le sujet :

12 outils d’éducation bienveillante

outils éducation bienveillante

Les grands principes de l’éducation bienveillante en une vidéo simple et courte


 

  • 2. On peut voir et mesurer la résilience en termes de réponses du cerveau, du système immunitaire et des gênes des enfants face à des circonstances stressantes.

 

  • 3. Il existe un ensemble commun de caractéristiques qui prédisposent les enfants à des issues positives dans l’adversité :
    • la présence d’au moins une relation stable, aimante et soutenante entre un enfant et un adulte qui s’occupe de lui (en savoir plus sur la théorie de l’attachement ici)
    • l’impression d’avoir du pouvoir et de la maîtrise sur sa propre vie (laisser des choix à l’enfant lui donne ce sentiment de contrôle, lui poser des questions et lui demander son avis même quand il est à l’origine d’une question participe à développer sa compréhension du monde). Se voir proposer un choix, c’est vivre un sentiment de liberté. Entendre la question « et toi, qu’est-ce que tu en penses ? » participe à renforcer la confiance en soi des enfants.
    • des fonctions exécutives bien développées (lire cet article : 11 manières de développer les fonctions exécutives des enfants)
    • l’intégration dans une culture ou des traditions culturelles
    • la capacité à connaître et gérer ses émotions (pour aider les enfants dans la gestion de leurs émotions : 7 étapes pour apprendre à reconnaître ses émotions : un atout pour la vie)

 

  • 4. L’apprentissage à la gestion de menaces soutenables et « normales », à la prise de risques raisonnés est critique pour le développement de la résilience

Pour aller plus loin : Quand le manque de risque et d’encouragement provoque l’anxiété des enfants

 

  • 5. Certains enfants se montrent très sensibles par nature, de par leurs gênes (à la fois aux expériences positives et négatives)

 

  • 6. Pour une même personne, la capacité à résilier peut dépendre des situations

 

  • 7. Toutes les expériences (qu’elles soient positives ou négatives) continuent d’influencer le développement physique et mental tout au cours de l’enfance. La capacité de résilience se construit; ce n’est ni une disposition innée ni une ressource épuisable.

La psychologie positive peut favoriser la capacité de résilience des enfants. Voici quelques activités de psychologie positive pour les enfants :

3 exercices faciles de psychologie positive pour les enfants

Un jeu pour des enfants heureux : la roue de la psychologie positive

 

  • 8. La réponse de chaque personne aux expériences stressantes varie de façon spectaculaire, mais l’exposition à l’adversité extrême génère de sérieux problèmes chez tous les êtres humains, nécessitant un traitement.

Pour aller plus loin su, lire le dossier spécial stress des enfants : Dossier spécial stress chez les enfants : causes, conséquences, prévention

 

Si le sujet de la résilience vous intéresse, voici un lien pour accéder à une formation complète Wee Learn par Boris Cyrulnik : Comment guérir de ses traumatismes et de ses blessures ?

résilience Boris Cyrulnik


Source :  The science of resilience (traduction libre de l’anglais)

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5 réponses

  1. Clavareau dit :

    Bonjour, beaucoup de points intéressants, mais concernant la nécessaire relation enrichissante et stabilisante avec un adulte, il me semble pouvoir dire que ce n’est pas une règle universelle. Les études ont-elles été réalisées uniquement sur des enfants qui ont bénéficié à tout le moins d’un suivi psy? Ou également sur des adultes qui n’ont pas toujours été soutenus durant l’enfance?

  1. 4 février 2016

    […] >>> Pour aller plus loin sur le phénomène de résilience : 8 points clés pour favoriser la résilience chez les enfants […]

  2. 24 juin 2016

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  3. 19 janvier 2017

    […] ailleurs, ce travail de sensibilisation est essentiel car le plus important facteur de résilience pour les enfants est la rencontre de personnes bienveillantes, soutenantes et aimantes. La […]

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