3 conseils pour anticiper et gérer nos crises émotionnelles explosives avec les enfants

La colère n’est pas de la violence !

violence avec les enfants

La colère est une émotion légitime : c’est l’émotion de la réparation face à une frustration, la colère restaure l’intégrité. Autant la colère peut avoir une valeur saine, autant la violence n’est jamais légitime. La colère n’est pas de la violence et la colère peut être exprimée sans violence ni agressivité. La colère saine dit un besoin non satisfait. Au contraire de la colère, la violence ne répare pas. C’est la capacité à utiliser l’énergie de la colère pour servir des besoins qui est important.

C’est la raison pour laquelle il est important d’apprendre à exprimer la colère sans violence. Je vous propose des pistes à cet effet dans ces articles :

citation d'éducation bienveillante

Quand on passe de la colère à la violence avec les enfants… 3 conseils pour gérer les lendemains

Et ces moments où il est trop tard ? Où nous éclatons ? Où nous agissons sous le coup d’une colère devenue de la violence (pas nécessairement physique mais aussi verbale via des mots blessants, humiliants) ?

Dans son livre S’occuper de soi et des enfants dans le calme, Sara Napthali nous donne plusieurs conseils pour anticiper et gérer nos crises émotionnelles explosives.

1.Expliquer aux enfants que nos pertes de contrôle ne sont pas de leur faute mais plutôt d’une difficulté qui relève de notre monde psychologique et de notre histoire personnelle

Les parents les plus irritables, déprimés, fatigués et stressés sont les plus grands utilisateurs de punitions corporelles : l’enfant est donc puni en fonction de ce dont souffrent ses parents et non pas en fonction de ce qu’il fait ou ne fait pas. -Isabelle Filliozat

Toute colère réprimée (par exemple contre un collègue, le patron, un voisin ou le conjoint) a tendance à sortir sur l’enfant parce qu’il a un statut inférieur et qu’il dépend de nous.

Souvent, l’éducation nous a appris que nous avons le droit de passer notre « colère » (je mets le mot entre guillemet puisque nous avons tendance à appeler colère dans le langage courant ce qui est en fait de la violence) sur les personnes sur lesquelles nous avons du pouvoir.

Afin de prévenir ce mécanisme et cette escalade dans la violence, tenir un journal émotionnel pourra être un bon moyen d’utiliser les situations difficiles comme matière pour revenir sur une histoire personnelle douloureuse ou pour identifier les déclencheurs d’explosions émotionnelles chez nous.

 

2.Assumer la responsabilité de nos actes violents et présenter des excuses aux enfants

C’est toujours l’adulte qui porte la responsabilité de la relation adulte/ enfant. Si nous voulons que nos enfants soient capables de présenter des excuses honnêtes et sincères quand c’est nécessaire, c’est notre devoir d’adultes de leur donner l’exemple de ce comportement.

On peut discuter avec les enfants une fois le calme revenu des incidents qui ont rompu la connexion et entaché la relation :

  • dire en quoi notre  réaction était inutile et/ou disproportionnée,
  • constater la nécessité d’une démarche différente,
  • s’engager à faire un travail sur soi pour éviter des situations semblable à l’avenir, comme témoignage de l’importance que les enfants revêtent dans nos vies (un fameux dicton dit bien qu’il n’y a pas d’amour, que des preuves d’amour),
  • aborder d’autres façons de régler les problèmes et situations similaires

Si nous pouvons dire aux enfants que nous avons commis une erreur, nous augmentons les chances de les trouver disposés à nous dire la même chose quand ils ont tort. Ils apprennent par l’exemple à assumer la responsabilité de leurs actes.

Les excuses peuvent être accompagnées d’un temps de retour sur les émotions éprouvées par les enfants. Ces derniers ont probablement ressenti de la peur, de la tristesse, voire même de la colère contre leur parent. Il est important que les enfants aient un espace et du temps pour verbaliser les émotions ressenties à ce moment-là sans censure.

3.Prévenir les enfants quand nous ne sommes pas de bonne humeur ou que nous avons du mal à faire face

Faire part aux enfants de nos humeurs leur évite de se sentir visés par nos réactions inappropriées, excessives. En leur parlant dans un langage personnel et authentique de nos états émotionnels (« je suis… », « je ressens… », « j’ai besoin de… »), on peut enclencher un cercle vertueux d’empathie avec les enfants.

Ceux-ci sont capables de se montrer calmes, prévenants quand nous nous adressons à eux avec respect et vulnérabilité.

On pourra alors les remercier en retour d’avoir respecté nos besoins (de calme par exemple) et de s’être montrés empathiques.

Une affiche pour éviter que la colère du parent ne se transforme en violence avec les enfants

émotions fortes revenir au présent

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Source : S’occuper de soi et des enfants dans le calme de Sara Napthali (éditions Payot). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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