3 principes essentiels de la pédagogie Montessori applicables à la maison

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1. L’ambiance adaptée

L’ambiance doit réduire les obstacles au minimum. Pour Maria Montessori,  mettre en place une ambiance appropriée ouvre une ère nouvelle de l’éducation, celle de “l’Aide à la Vie”.

Par exemple, Maria Montessori conseille de remplacer le lit classique d’un enfant jeune par un matelas bas, recouvert d’une grande couverture, sur lequel l’enfant peut se coucher et qu’il peut quitter à sa volonté.

L’ambiance matérielle peut être adaptées aux proportions du corps des enfants, de la chambre à la cuisine en passant par la salle de bain : un tour d’observation pour accompagner les gestes quotidiens, un petit lavabo à la salle de bain, des commodes basses à portée de main…

Une ambiance adaptée permet à l’enfant de se dépenser en vue d’une série de buts intéressants, canalisant son activité dans l’ordre et vers le perfectionnement.

Pour Maria Montessori, il n’y a pas de méthode :

Ce qu’on voit, c’est l’enfant. On voit l’âme de l’enfant qui, libérée des obstacles, agit selon sa nature propre. Les qualités enfantines que nous avons dégagées appartiennent tout simplement à la vie, au même titre que la couleur des oiseaux ou que le parfum des fleurs.

Pour aller plus loin : 10 manières de préparer l’environnement familial pour des enfants épanouis

 

2. La figure humble de l’adulte

Selon Maria Montessori, les personnes en contact avec les enfants se préoccupent trop des “tendances méchantes de l’enfant” et de la “façon de corriger les actes indésirables”.

Au contraire, les adultes en contact avec les enfants auraient tout à gagner à commencer par rechercher leurs propres défauts, leurs propres tendances au mal. Pour autant, il n’est pas nécessaire ni souhaitable de devenir des êtres parfaits, sans défaut ni faiblesse.

Le pêché mortel qui se dresse en nous et nous empêche de comprendre l’enfant, c’est la colère. – Maria Montessori

Ainsi, nous pouvons cheminer vers une prise de conscience de ce défaut fondamental, fait d’orgueil et de colère.

Voici quelques ressources pour amorcer ce travail sur la colère :

éducation bienveillante colère des parents

Au sujet de l’orgueil, Maria Montessori écrit :

[L’adulte] croit, dans son orgueil, créer tout ce qui existe chez l’enfant. C’est lui qui le rend intelligent, bon et pieux; qui lui confère les moyens d’entrer en relation avec son ambiance, avec les hommes […]. Dure tâche ! Pour rendre le tableau complet, il nie qu’il exerce la tyrannie. Y eut-il jamais tyran qui confessa sacrifier ses sujets ?

Pour Maria Montessori, il faut faire acte d’humilité et modifier notre état intérieur, notre attitude d’adulte.

C’est l’humilité spirituelle qui prépare à comprendre l’enfant.

 

3. Le respect de la personnalité de l’enfant

Quand un enfant va plus lentement que ce que la norme voudrait, on a tendance à se substituer à l’enfant dans toutes les actions que celui-ci voudrait pourtant accomplir par lui-même. Cette attitude d’aide non sollicitée pour aller plus vite et se conformer à un rythme commun à tous est l’obstacle le plus puissant au développement de la vie de l’enfant.

Le rythme fait partie intégrale de l’individu; c’est un caractère qui lui est propre, au même titre que la forme de son corps.

Ainsi, pour Maria Montessori, les plaintes des enfants dits “capricieux” qui ne veut pas se laisser laver, habiller ou encore coiffer, proviennent de l’aide inutile apportée à l’enfant.

Le respect de la personnalité de l’enfant passe par la répétition des activités autant que l’enfant le souhaite et en a besoin, le libre choix des activités, l’absence de récompense et de punition.

Nous ne pouvons pas savoir les conséquences de l’étouffement d’un acte spontané, alors que l’enfant commence à peine à agir : sans doute est-ce la vie même que nous étouffons. L’humanité qui se manifeste à l’âge de l’enfance, comme le soleil se manifeste à l’aube, devrait être religieusement respectée : et si un acte éducatif peut être efficace, ce n’est que celui qui tente d’aider au complet déploiement de la vie.

Il faut, pour cela, éviter rigoureusement d’arrêter les mouvements spontanés et d’imposer des actes par la volonté d’autrui; à moins qu’il ne s’agisse d’actions inutiles ou néfastes, précisément parce qu’elles doivent être étouffées. – Maria Montessori

Lire aussi : Comment doser notre aide pour aider utilement les enfants dans leur construction et leurs apprentissages

 

Pour Maria Montessori, la discipline s’atteint par une voie indirecte, grâce au développement du travail spontané dont le but à atteindre est intérieur.

Toujours imbus de ce préjugé que le but à atteindre est extérieur, nous habillons et lavons l’enfant, nous lui arrachons des mains les objets qu’il aime tant manier, nous lui donnons à manger. Et après cela, nous le jugeons incapable. Nous le trouvons en outre impatient, quand c’est nous qui n’avons pas la patience d’attendre que ses gestes obéissent aux lois du temps, différentes des nôtres; et tyrannique précisément parce que nous employons la tyrannie.

Lui, comme tout fort qui défend ses droits à la vie, se révolte contre celui qui offense cette force intérieure à laquelle il doit obéir; alors il manifeste, par des gestes violents, par des cris et par des pleurs, qu’il a été écarté de sa mission. Il se révèle comme un rebelle, un révolutionnaire, un destructeur à celui qui, ne le comprenant pas, le fait régresser en croyant l’aider. – Maria Montessori

 

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Sources : L’enfant et Pédagogie scientifique Tome 1 de Maria Montessori (éditions Desclée de Brouwer). Disponibles en médiathèque, en librairie ou sur internet.