7 mythes autour du cododo

cododo

Mythe n°1. Le cododo est dangereux pour les relations familiales futures

Les parents entendent de nombreuses paroles dites par ignorance des dernières études neuroscientifiques ou par habitude :

“Laisse le pleurer, sinon c’est lui qui va commander”

“Cela lui fait du bien de pleurer, ça lui fait les poumons”

“Laisse pleurer ton bébé, il a 3 mois maintenant et il faut qu’il apprenne à dormir et laisser ses parents tranquilles”

“Si tu réponds à tous ses besoins, c’est lui qui va faire la loi à la maison”


Catherine Gueguen écrit que les personnes qui prononcent ces paroles ont été élevées de cette façon et que, par conséquent, n’ont pas reçu l’empathie nécessaire pour être empathiques avec elles-mêmes et les autres (voir son livre Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau)

 

Mythe n°2. Le cododo entraîne des insomnies chez les parents et les enfants

serre moi fortCarlos Gonzalez écrit dans son livre Serre-moi fort que certaines études ont trouvé une association statistique entre le cododo et les problèmes de sommeil. Or une association statistique n’est pas une explication. Il cite Curell (Dormir avec les parents : prévalence et facteurs associés dans une population âgée de 6 à 36 mois, 1999) qui conclut dans une étude que le cododo produit des effets négatifs sur le sommeil des enfants. Or une autre conclusion de l’étude pourrait aussi être que le cododo produit de la pauvreté chez les enfants (le cododo n’est la cause ni des problèmes de sommeil ni de la pauvreté du groupe étudié mais il s’agit seulement d’une association statistiques).

Pour Carlos Gonzalez,

L’explication la plus raisonnable de l’association entre problèmes de sommeil et cododo n’est pas que le cododo entraîne des problèmes de sommeil, mais que c’est l’inverse : dans une société au sein de laquelle le cododo est en général mal vu, les parents n’y ont recours que lorsque tous les autres moyens de faire dormir l’enfant ont échoué, autrement dit, quand l’enfant a tendance à pleurer ou à se réveiller, ou quand il met longtemps à s’endormir.

Non seulement le cododo n’entraîne pas d’insomnie, mais c’est apparemment le fait d’essayer de faire dormir les enfants seuls qui cause des problèmes de sommeil en Occident. Peut-être nos experts spécialistes du sommeil se consacrent-ils à tenter de résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés.

 

Mythe n°3. Le cododo est source de problèmes psychologiques

Carlos Gonzalez explique qu’il n’existe aucune étude scientifique définitive qui pourrait permettre de parvenir à une telle conclusion, c’est-à-dire demander de manière aléatoire à 100 femmes enceintes de dormir avec leur enfant et à 100 autres de ne pas le faire puis attendre 20 ans pour voir quelle population a le plus de problèmes psychologiques

Ce mythe viendrait plutôt de biais de sélection comme les exemples que cite Gonzales dans son livre :

  • aux Etats-Unis, les populations pauvres afro-américaines dorment plus volontiers avec leurs enfants que les “Blancs” riches,
  • les parents qui ont des difficultés financières ou vivent des tensions conjugales sont ceux qui dorment le plus avec leurs enfants,
  • les enfants malades ou qui ont été victimes d’un accident ont plus de chances de dormir avec leurs parents…

Si ces enfants ont des comportements différents différents plus tard, seront-ils dûs au cododo ou aux inégalités sociales, à la pauvreté ou encore à la maladie ?

La seule étude de cohorte que Gonzalez a trouvé sur le sujet montre qu’à 18 ans, ceux qui avaient dormi avec leurs parents ne montraient aucun effet pernicieux : pas de pire relation avec leurs parents, pas de sur-tendance à la consommation de tabac, d’alcool ou autres drogues, pas de sur activité sexuelle (Okami, Issues corrélées du lit partagé entre les parents et les enfants  une étude longitudinale de dix-huit ans, 2002)

 

Mythe n°4. Le cododo provoque la mort subite du nourrisson

Carlos Gonzalez raconte que presque tous les enfants dormaient avec leurs parents il y a encore 2 siècles. Certains bébés étant retrouvés morts au petit matin, les médecins ont alors soupçonné les parents de les avoir écrasés, ou pire, d’avoir voulu s’en débarrasser. C’est ainsi qu’est entrée dans les mœurs l’interdiction pour les parents de dormir avec leurs enfants : les médecins pensaient prévenir les accidents supposés et éviter les infanticides… or les morts subites du nourrisson n’ont pas disparu.

On ignore la cause exacte de la mort subite du nourrisson, mais on connaît différents facteurs susceptibles d’en augmenter ou d’en diminuer le risque. Carlos Gonzalez en cite quelques uns :

  • privilégier la position sur le dos pour faire dormir les bébés
  • éviter de fumer pendant la grossesse et les premiers mois suivant la naissance
  • choisir un matelas ferme (matelas à eau, matelas gonflable, canapés mous à éviter)
  • éviter dans le lit les objets mous avec lesquels le bébé risque de s’étouffer (édredons lourds, oreillers, peaux et peluches à poils longs…)
  • ne pas surcouvrir l’enfant

 

Quand la mère n’est pas fumeuse, la majorité des études n’ont découvert aucun danger du cododo (à condition qu’il respecte lui-même les précautions mentionnées ci-dessus). Les études ont montré que si la mère fume ou a fumé pendant la grossesse, il serait plus prudent qu’elle ne dorme pas avec le bébé pendant les 14 premières semaines (après cet âge, l’association du cododo et du tabac n’augmente plus le risque). Après 3 mois, aucun risque, même minime, lié au cododo n’a été mis en évidence, pas même si la mère fume.

 

Mythe n°5. L’habitude du cododo est difficile à perdre

Carlos Gonzalez écrit que “l’habitude” du cododo se perd toute seule : “la recherche de la compagnie des parents sont des comportements non pas acquis par le renforcement mais innés, propres à un âge déterminé, qui disparaissent d’eux-mêmes le moment venu”.

L’auteur pose par ailleurs cette question : pourquoi les mêmes qui veulent interdire l’habitude de dormir avec les parents n’hésitent-ils pas à recommander des habitudes alternatives (comme un doudou) ?

Nous sommes tous d’accord que l’enfant dormira avec son doudou pendant un temps, tant qu’il en aura besoin, avant de l’abandonner… plus ou moins le même temps qu’il aura besoin de dormir avec ses parents…

Dans cet article du magazine Peps, un papa raconte qu’ils ont dormi à 5 dans la chambre familiale dont le sol était recouvert de matelas. Entre 5 et 6 ans, l’aîné a demandé de lui-même à dormir seul et le deuxième, bientôt âgé de 6 ans, commence à demander à dormir seul.

cododo bébé

Source : PEPS Magazine

 

Ce père témoigne :

Je suis convaincu que l’enfant ne se détache volontairement et en toute sécurité que lorsqu’il a été suffisamment rassuré et accompagné.

 

Mythe n°6. Le cododo n’apprend pas aux enfants à s’endormir seuls

Quand nous exigeons des enfants qu’ils s’endorment puis dorment seuls, nous exigeons d’eux quelque chose de totalement contraire à leurs instincts les plus profonds.

Carlos Gonzalez estime que nous Occidentaux, raisonnons à l’envers : pour nous, la norme pour tous les enfants qui viennent au monde est de dormir seuls, toute la nuit, d’une traite et sans manger. Or les questions suivantes restent sans réponse avec ce point de vue :

  • pourquoi y-a-t-il si peu d’enfants qui font ce qui est “normal” (dormir d’une traite et seuls)  et tant qui “apprennent” à faire quelque chose d’anormal (manger la nuit et chercher la compagnie des parents la nuit) ?

Dans de nombreuses sociétés humaines, dormir avec les parents ou têter la nuit sont des pratiques considérées comme normales justement et donc universelles.

  • pourquoi le comportement dit “normal” (dormir seuls) est-il si facile à oublier et l’anormal (appeler ses parents la nuit) si facile à apprendre ?

Ne devrait-il pas plutôt falloir fournir un effort considérable pour faire dévier un enfant de son comportement instinctif et celui-ci ne le rattraperait-il pas à la moindre occasion ?

Il faut efforts, méthodes et acharnement pour obtenir qu’un enfant dorme seul, parce que cela va à l’encontre de sa tendance innée. Et il recommence à appeler ses parents à la première occasion, parce que c’est cela qui est normal. – Carlos Gonzales (Serre moi fort)

  • les enfants pleurent-ils par hasard quand ils se réveillent ?

Non, appeler ses parents est un comportement inné, pas un comportement acquis ou appris. Qu’arrive-t-il alors aux enfants auxquels on n’accorde pas l’attention dont ils autant besoin que la nourriture ?

 

Mythe n°7. Le cododo interfère avec l’intimité et la vie sexuelle des parents 

Carlos Gonzalez écrit : “Quand le bébé dort profondément, il est possible de le sortir et de le laisser un petit moment dans son petit lit. De plus, le jour compte de nombreuses heures et la maison de nombreuses pièces. Si vous ne trouvez pas le moyen de préserver des relations sexuelles, n’en rejetez pas la faute sur l’enfant.”

Avis aux parents imaginatifs :-).

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Je vous conseille de lire le livre Serre-moi fort de Carlos Gonzalez pour plus de détails et d’analyse sur les études scientifiques qui réfutent ces mythes autour du cododo (et pour d’autres informations sur la parentalité bienveillante). Serre-moi fort est une mine d’or pour les jeunes parents qui se sentent perdus entre les conseils qu’ils reçoivent de leur entourage et leur instinct qui leur hurle le contraire.

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