La boite à outils de la discipline non punitive

Je vous propose 8 manières de mettre en pratique une discipline positive qui guide et enseigne, qui invite les enfants à faire preuve de discernement et de responsabilité individuelle.

NB : Cette boîte à outils n’a pas vocation à dire ce qu’il faut faire en termes de discipline mais donne des pistes pour susciter la coopération. Certains enfants ne seront pas à l’aise avec les routines par exemple, d’autres n’utiliseront jamais l’espace de retour au calme. Chaque famille trouvera à tâtons le fonctionnement qui lui convient le mieux, en faisant preuve de créativité et de souplesse. Ce qui doit guider l’accompagnement des enfants est le respect de la dignité et de l’intégrité des enfants (respect pour leur corps donc pas de violence physique, respect pour leur intégrité donc pas de forçage ni à finir une assiette ni à dormir…).

Chercher à mettre en oeuvre une discipline qui enseigne :

  • qu’est-ce que l’enfant peut apprendre dans cette situation ?
  • comment enseigner des compétences utiles ?
  • comment amener l’enfant à réparer et prendre ses responsabilités ?

 

Anticiper et aider les enfants grâce aux questions de curiosité à explorer certaines situations que l’on se prépare à vivre et poser un cadre avec eux en amont :

  • explorer ce qui est attendu (ex : quel genre de comportement est respectueux au restaurant ?)
  • explorer avec l’enfant ce que peuvent provoquer des comportements inappropriés (ex : comment se sentent les gens s’il y a beaucoup de bruit dans un restaurant ?)
  • rechercher des idées pour que tout le monde passe un bon moment (ex : emmener des jeux de cartes, des jeux de construction type Plus Plus ou des coloriages, des mandalas, des sudokus, des mots croisés… pour occuper les enfants)
  • décider ensemble et partager ce que l’on va faire si le comportement ne correspond pas à ce qui se fait dans un restaurant (tout en respectant la dignité et l’intégrité de l’enfant)

 

Prendre en compte l’âge des enfants et leur stade de développement pour que nos attentes soient réalistes (ex : rester deux heures à table pour un enfant de moins de 5 ans est impossible).

 

Construire des routines AVEC l’enfant pour les moments qui provoquent habituellement des tensions (l’heure du coucher, l’heure des devoirs, l’aide ménagère…) :

  • demander aux enfants quelles sont les tâches à accomplir qui reviennent tous les jours
  • choisir une routine à construire ensemble
  • lister tout ce qui doit être fait à ce moment-là (ex : pour le coucher, se demander quelles sont toutes les choses à faire avant d’aller au lit)
  • choisir ensemble et de manière négociée l’ordre dans lequel ces tâches vont se dérouler
  • demander aux enfants de créer une charte pour la routine (chaque famille laissant libre cours à sa créativité pour s’approprier la notion de routine)
  • si les enfants le souhaitent, afficher la routine (qui peut prendre la forme de pictos, de dessins d’enfant, de photo, d’un cadran d’horloge avec les différents timings…)

 

Laisser l’enfant expérimenter les conséquences de ses actes pour lui permettre de faire l’expérience de ses choix (sauf lorsque cela est dangereux pour l’enfant ou pour d’autres).

  • résister à la tentation de lui faire la leçon, de le réprimander ou d’entrer dans un jeu de pouvoir
  • éviter “Je te l’avais bien dit !” pour le remplacer par des phrases empathiques non jugeantes : “Tu es trempé, ça ne doit pas être agréable”, “Je vois combien tu es déçue de ta note”…
  • insister sur la réparation et la responsabilité quand les conséquences naturelles ne sont pas possibles (“Viens me dire quand tu es prêt à jouer à nouveau avec ce jouet sans l’abîmer et tu pourras à nouveau essayer”)

 

Rechercher les solutions en coopération avec l’enfant pour éviter que le problème ne se reproduise.

 

Rappeler les engagements des enfants et les règles régulièrement et repartir à la recherche de solutions si l’enfant n’arrive pas à mettre en pratique les solutions qu’il avait choisies auparavant. Attention, les jeunes enfants (avant 7 ans) ne sont pas capables de se souvenir de leurs engagements et probablement pas capables de s’y tenir, ne serait-ce que d’un point de vue moteur (besoin de bouger, besoin de toucher, besoin d’explorer…). Les jeunes enfants ont avant tout besoin de consignes claires et bienveillantes, d’écoute empathique et d’une modélisation des comportements attendus.

 

Quand on se sent énervé, utiliser un temps de pause (pour soi et/ou pour l’enfant). Ce temps de pause est un temps de retour au calme, pas un temps de punition ou d’isolement et il a une visée éducative. Il peut (et doit) être l’occasion de se doter de moyens de régulation des émotions :

  • pour nous, éviter que la colère ne se transforme en violence,
  • pour l’enfant, stopper l’escalade émotionnelle en fournissant des moyens d’expression et de retour au calme (voir la notion d‘espace de retour au calme).

espace retour au calme discipline positive

 

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Pour aller plus loin :
La discipline positive: En famille, à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance de Jane Nelsen (éditions Poche Marabout)

La discipline positive pour les parents solo: Coopération, solos respect et joie au sein de la famille monoparentale de Jane Nelsen (éditions Poche Marabout)