4 principes de communication bienveillante pour désamorcer les conflits entre parents et enfants/ adolescents

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Dans l’émission Entre parents et ados : comment éviter les phrases qui énervent ? (France Inter – 25/09/19), les invités (Patrick Ben Soussan, Sophie Benkemoun, Marion Joseph et Dominique Picard) proposent plusieurs principes de communication bienveillante pour désamorcer les conflits entre parents et enfants.

Une idée directrice que nous pouvons garder en tête est que, quand on communique, c’est pour créer du lien et non pas pour diviser ou s’éloigner.

Parler en utilisant le “je”plutôt que le “tu”

L’expression des besoins personnels invite l’autre à parler de ses propres besoins : une fois les besoins exprimés de part et d’autre, il est possible d’engager la conversation sur les besoins respectifs et de trouver une solution pour les concilier. L’idée est de trouver un terrain d’entente sur les besoins.

Par exemple, dire “Tu es bordélique” appelle une réponse de  ce type “Non, je ne suis pas bordélique, c’est toi qui es maniaque !”. Formuler une phrase du type “J’ai besoin que la maison soit rangée parce que je me sens mal dans le désordre et que ça me tient à cœur de vivre dans une maison accueillante” n’appelle pas une réaction d’opposition épidermique.

Nous pouvons ainsi essayer de dire au maximum “je” (“je suis à bout”, “je suis en colère”) au lieu de “tu” (“tu m’agresses”, “tu m’énerves”) car ce type de langage personnel et authentique montre notre implication et notre vulnérabilité.

Dire ce qu’on veut (plutôt que ce qu’on ne veut pas)

Dire ce qu’on ne veut pas ne rend pas plus clair que qu’on veut.

Par exemple, une phrase telle que “Je ne veux plus que tu traînes le soir, y en a marre que tu rentres à point d’heure” n’explicite pas le besoin ou la motivation sous-jacent du parent qui s’inquiète pour la sécurité de l’adolescent et qui aimerait passer plus de temps (en quantité et en qualité) avec lui.

Si l’adolescent rentre plus tôt et passe toute sa soirée à la maison mais sur les écrans, le parent risque alors de lui dire “Je ne veux plus que tu passes toute ta soirée sur les écrans”. L’adolescent pourra, à juste titre, répondre à son parent que ce dernier ne sait pas ce qu’il veut et que lui a fait ce que le parent demandait (il est effectivement rentré plus tôt).

Dire exactement ce dont on a besoin change la dynamique de la relation. Ici, le parent aimerait probablement passer du temps avec son fils ou sa fille et peut le lui exprimer sans se cacher derrière des accusations ou des jugements.

Écouter plus que parler

On se demande souvent comment parler à nos enfants et nos adolescents mais un premier pas serait peut-être d’apprendre à écouter vraiment, sans arrière pensée (sans savoir à l’avance ce que nous allons dire pour les amener à changer d’avis).

Par exemple, si un jeune arrive sur le lieu de vacances et se plaint qu’il n’y a pas de wifi, il est possible de reconnaître que c’est un vrai drame pour lui.

Un bon guide pour savoir si notre manière de parler à un enfant ou adolescent est appropriée est de nous demander à nous-mêmes comment nous réagirions si quelqu’un s’adressait ainsi à nous : aurions-nous envie de coopérer, ou plutôt de nous renfermer sur nous-mêmes ou encore d’attaquer, de nous rebeller ?

Concernant les adolescents, il est important de comprendre que leurs besoins changent et, pour rester en lien avec eux, nous pouvons nous rappeler notre propre adolescence (nous n’avions probablement pas envie nous non plus de débarrasser le lave-vaisselle… qu’est-ce qui aurait pu nous encourager à contribuer à l’époque ?).

Offrir des mots “doux”

Même si des mots “cailloux” continuent à sortir de notre bouche malgré nos valeurs éducatives, nous pouvons nous atteler à offrir par ailleurs des mots “doux” qui participent à construire un climat familial général plus harmonieux.

Cela peut passer par un SMS ou un mot laissé sur la table qui remercie l’enfant ou l’adolescent pour un acte qu’il a fait (ex : “Merci d’avoir débarrassé la table ce matin sans que je te l’aie demandé/ J’ai été touchée hier soir quand tu as aidé ton frère”).

L’idée n’est pas tant d’avoir une communication parfaite en tous lieux et tous temps avec nos enfants et adolescents mais de prendre conscience des mots et expressions qui peuvent porter atteinte à leur intégrité et à leur estime de soi (ainsi qu’à la relation que nous entretenons avec eux).

 

De plus, nous pouvons utiliser nos loupés pour reconnaître des schémas (de communication et de comportement) dans lesquels nous sommes englués et nous en servir comme tremplin d’évolution.