[Confinement et continuité pédagogique] Les réactions d’agressivité, d’opposition ou de résistance des enfants peuvent cacher de la tristesse ou de la peur.

[Confinement et continuité pédagogique] Les réactions d'agressivité, d'opposition ou de résistance peuvent cacher de la tristesse ou de la peur

Des réactions et émotions qui en cachent d’autres à décoder

Les émotions des enfants à propos du confinement et de la continuité pédagogique peuvent prendre des formes détournées et nécessitent parfois d’être décodées. En effet, il peut être difficile pour les enfants de trouver les mots et le courage de dire comment ils se sentent vraiment dans leur coeur, dans leur corps et dans leur tête. Nous, adultes, pouvons être attentifs à ces moyens détournés afin de les décoder et d’accompagner les enfants tristes ou anxieux vers plus de bien-être.

Il y a souvent de la tristesse et/ou de la peur derrière des réactions d’agressivité, d’opposition ou de résistance. Ces réactions peuvent prendre ces formes :

  • la colère : “Ces Légos sont débiles, ils ne veulent pas s’emboîter correctement ! “
  • la résistance aux demandes parentales/ l’opposition : “Non, je ne ferai pas mon travail. Même pas un seul exercice !”/ “Non, je n’irai pas me brosser les dents !”
  • la fatigue : “Je ne veux pas aller jouer dans le jardin, je suis trop fatigué.”
  • l’ennui : “Je m’ennuie, je sais pas quoi faire/ Tu fais un truc avec moi ?”
  • le mécontentement : “Je ne voulais pas de cookies pour le goûter, je veux une glace !”
  • le marchandage incessant : “Allez, maman/ papa, encore 10 minutes de télé” (puis encore 10 minutes et 10 minutes)

Des manières détournées pour les enfants d’exprimer leur anxiété par le corps

Par ailleurs, l’anxiété peut prendre la forme de sensations corporelles à décoder elles aussi. Pour certains enfants anxieux, il peut être plus facile d’expliquer leur mal être par une douleur physique plutôt que par quelque chose d’indicible. L’anxiété a un versant physique. Les enfants anxieux peuvent se sentir mal dans leur corps car l’anxiété peut se manifester soudainement sous forme d’impression d’étouffer, de sueurs froides, de tremblements, du cœur qui s’emballe… Ils peuvent également éclater en sanglots de manière inattendue.

Il peut être difficile pour les enfants anxieux de faire des choix, d’affirmer des prises de position et de s’engager dans des choses nouvelles. Ils vont alors demander aux personnes qui les entourent de faire les choses ou de poser des questions à leur place plutôt que de prendre le risque de s’exposer ou d’échouer.

Certains enfants anxieux sont réellement terrorisés par le noir et imaginent un tas de scénarios catastrophes qui les empêchent de s’endormir. Il est fréquent qu’ils demandent de laisser la lumière allumée mais cette lumière ne suffit pas toujours à les rassurer et à calmer leur anxiété. L’endormissement peut alors devenir un réel parcours du combattant, aussi bien pour les parents que pour les enfants.

La colère a une fonction qui ne peut être assurée qu’à condition de laisser l’émotion de colère être jusqu’au bout

Idéalement, un parent devrait être capable de lire les signes qui annoncent, chez son enfant, que, derrière sa frustration, il y a une autre émotion qui cherche à s’exprimer. Cela peut prendre la forme de paroles empathique : “Wow, j’ai l’impression que c’est difficile pour toi en ce moment. En général, quand tu réagis comme ça, c’est que ça ne va pas. Tu en as marre du confinement et il y a trop de travail, c’est ça ?”. Pour que cela se produise, un enfant doit être autorisé à vivre pleinement sa colère puis à avoir des larmes de tristesse aussi longtemps qu’il en a besoin dans le cadre d’une relation de confiance avec un adulte bienveillant. Le parent peut accompagner l’enfant sur ce chemin avec un câlin, un geste tendre, du silence, de la patience ou des mots comme « Je suis là » et « C’est vrai, c’est difficile » (selon ce que l’enfant accepte et ce dont il semble avoir besoin).

Quand un enfant est très fâché et se met dans tous ses états, les larmes finiront toujours par arriver et les parents peuvent garder foi en cette idée en faisant de leur mieux pour laisser la frustration de l’enfant être, sans empirer les choses en le punissant, en le sermonnant ou en le rassurant. C’est toutefois difficile de traiter à la fois la frustration d’un enfant et notre propre maîtrise émotionnelle.

 

Pour aller plus loin : 11 outils pour aider un enfant anxieux à dépasser son anxiété