Qu’est-ce que la peur du gendarme liée à l’idée de punition ?

La peur du gendarme est la peur de la punition, de la sanction. Les gens obéissent à une ordre, respectent une loi, une règle parce qu’ils ont peur de subir des conséquences désagréables. La peur du gendarme sous-tend une attitude de “pas vu, pas pris”; “quand le chat n’est pas là, les souris dansent”.

Isabelle Filliozat affirme que l’éducation traditionnelle enseigne la peur du gendarme et de la punition plutôt que le respect des règles parce qu’elles sont bonnes pour la vie collective et pour la personne.

Elle cite l’exemple de l’amnistie proposée par Jacques Chirac  en 1995 : les amendes de stationnement à Paris ont été annulées. Une grande partie des automobilistes parisiens s’est alors garée sur les stationnements interdits, les couloirs de bus ou autres emplacements gênant la circulation : pas de risque d’être verbalisés, allons-y gaiement ! Or cette attitude a empêché certains véhicules de secours de circuler normalement et a ainsi provoqué plusieurs morts évitables. 

peur du gendarme et éducation positive

 

Quel est l’objectif de l’éducation positive ?

L’objectif de l’éducation positive est d’apprendre aux enfants à respecter des règles non pas parce qu’ils ont peur d’une punition mais parce qu’elles sont bonnes et permettent de :

  • mieux vivre ensemble,
  • assurer leur sécurité,
  • grandir épanouis, autonomes et responsables.

L’idée est que les enfants comprennent l’intérêt qu’ils ont à respecter une règle PAR et POUR eux-mêmes. On en saisit tout l’intérêt quand, une fois adultes, ils devront faire des choix. Est-ce que je respecte une règle, une loi car :

  • elle est bonne pour moi et pour les autres, juste et adaptée à la situation ?
  • je risque une punition, une réprimande, une amende, une peine de prison ?

L’idéal est même qu’ils participent à la fois à :

  • l’élaboration des règles afin de susciter leur adhésion et leur coopération,
  • l’effectuation des réparations (les réparations peuvent être matérielles, compensatrices ou symboliques),
  • la recherche des solutions préventive (et non pas punitives) en cas d’infraction.

éducation positive et peur du gendarme

Le corollaire est que les enfants soient capables de discuter une règle qu’ils n’estiment pas juste, équitable ou adaptée. Le parent peut alors écouter les remarques de l’enfant et décider de les prendre en compte ou non, selon la pertinence des remarques ou leurs propres niveaux d’exigence, leurs propres croyances ou leurs propres limites en tant que parents.

Quels investissements de la part des parents l’éducation positive nécessite-t-elle ?

Dans l’optique de l’éducation positive, nous élèverons alors des enfants sachant :

  • distinguer le bien du mal, 
  • argumenter leur point de vue,
  • comprendre plutôt que d’obéir aveuglément, coopérer plutôt qu’avoir peur d’une punition,
  • questionner des règles, des punitions qu’ils estiment injustes, injustifiées, non raisonnables. 

L’éducation positive nécessite un fort investissement des parents, des enseignants et même des politiques :

  • capables d’expliquer pourquoi une règle est bonne,
  • capables d’entendre les protestations des enfants et d’y répondre,

Ecouter ne veut pas dire céder, répondre ne veut pas dire accepter que les enfants édictent leurs propres règles. Ecouter et répondre aux enfants signifie savoir réexpliquer le fondement d’une loi, reconfirmer la pertinence d’une règle voire même parfois reconnaître son caractère exagéré, contestable !

  • capables d’enseigner l’empathie aux enfants, 
  • capables de donner des outils de réflexion aux enfants, de mobiliser leur intelligence,
  • capables d’estimer l’enfant apte à comprendre un raisonnement,
  • capables de solliciter l’enfant dans la co-construction des règles,
  • capables de rechercher AVEC l’enfant des solutions dans le cas d’un conflit ou d’un non respect de la règle,
  • capables de donner aux enfants l’opportunité de faire des choix.

C’est différent de dire à un enfant qui “emprunte” les affaires des autres sans les rendre : “tu es une voleuse, tu seras punie” ou “pour te rappeler de rendre le matériel emprunté, tu devras laisser une chose t’appartenant en gage”. Quel est le plus efficace et le moins humiliant pour faire comprendre et appliquer la règle :-) ? 

Je vous invite à lire l’excellent livre La discipline positive de Jane Nelsen pour en savoir plus sur les notions de punitions (voir les 4 R de la punition), de réparation, de conséquences et de résolution de problème.