10 suggestions pour inciter les enfants à ranger

10 suggestions pour inciter les enfants à ranger

1.Avoir recours à l’humour 

Plus c’est rigolo, plus c’est farfelu, plus ce sera efficace pour surmonter les crises ou les blocages des enfants. Par ailleurs, ce qui est drôle et inattendu est mémorisé plus facilement. Un message passé avec humour nous facilitera la vie aujourd’hui mais aussi les jours suivants car il présente deux avantages :

  • défaire les résistances des enfants,
  • ancrer le message dans leur mémoire.

Il est par exemple possible de faire parler le coffre à jouets (“J’ai faim ! Je veux des jouets ! Mes préférés sont les gros cubes”).

 

2.Jouer à ranger

Transformer la tâche en jeu introduit des émotions positives là où il y a d’habitude opposition et friction.

Dans cette optique, on peut :

  • lancer des défis (“je parie que u n’arriveras pas à remettre les livres dans la bibliothèque avant que j’ai rangé les vêtements”, “combien de jouets pouvons-nous mettre dans le sac en deux minutes chrono ?”, “pense-tu que nous pouvons mettre moins d’une minute pour ranger les Playmobil ?”…)
  • utiliser des objets comme médiateurs (tirer une carte dans un jeu de cartes et ranger le nombre d’objets indiqués par la carte)
  • se faire passer pour un personnage (faire appeler l’avion traînant par terre par une tour de contrôle fictive et imaginer un scénario qui oblige l’avion à se poser dans la caisse de rangement )

 

3.Ecrire une note

Même les enfants qui ne savent pas lire apprécient de recevoir des notes : il est possible d’ajouter un dessin ou juste lire la note pour les plus jeunes.

Par exemple : “S’il te plaît, accroche moi au porte manteau. Bisous, ton manteau”.

 

4.Souligner les progrès 

Il est important de souligner les progrès plutôt que de critiquer un travail incomplet. Dire que les choses ne sont pas finies ou mal faites ne donne pas envie aux enfants de coopérer. On obtient de meilleurs résultats avec des phrases du type : “Je vois que tu as rangé le linge dans ton armoire. Maintenant, tout ce qu’il reste à faire, c’est de ramasser les livres pour les mettre dans la bibliothèque et de mettre les Lego dans leurs boîtes”.

 

5.Donner des informations

Donner des informations sur la manière de passer à l’action est plus efficace que de menacer ou accuser. Ces informations concernant ce qui doit être fait et comment. Plus les informations sont claires, détaillées et formulées de manière positive (ce qu’il faut faire plutôt que ce qu’il ne faut pas faire), plus les chances que les enfants passent à l’action augmentent.

Par exemple : “Je vois des miettes partout sur le sol. Ça va attirer les fourmis. La cuisine a besoin d’être balayée. Le balai est dans le placard/ voilà le balai !”. / “Ce canapé a besoin d’un nettoyage : l’éponge est dans l’évier”.

A la fin du rangement, il est recommandé de remercier les enfants et même de faire preuve d’humour pour renforcer le lien : “Je vois un sol propre. Les fourmis devront aller dehors pour trouver leur goûter !”.

 

6.Donner des consignes brèves

Parfois, un mot suffit pour passer un message (“Miettes !”, “Manteau !”).

La communication non verbale qui accompagne ce mot est importante. Notre corps et le ton de notre voix expriment beaucoup plus de choses que nos paroles. Il arrive souvent que nous communiquions une menace aux enfants par la simple posture de notre corps, sans même ouvrir la bouche. Au lieu d’amener de l’apaisement, une posture menaçante va alimenter le chaos, la désorientation.

 

7.Donner des choix (avec modération et plutôt après 5 ans)

Donner des “faux choix” rend la tâche moins accablante : “Préfères-tu commencer par ramasser les livres ou par lancer le linge sale dans le panier ?”, “Lego rouges ou Lego bleus en premier ?”. Attention cependant à utiliser les faux choix avec parcimonie et plutôt pas avant 5 ans.

Explications : Donner des instructions claires et bienveillantes est plus efficace que proposer des choix aux jeunes enfants

 

8.Trouver des solutions ensemble

Etape 1 : Reconnaître les sentiments de l’enfant

Etape 2: Décrire ce qui nous pose problème

Etape 3 : Demander des idées (enfants et adultes disent toutes les idées qui leur passent par la tête, humour bienvenu)

Etape 4 : Décider quelles idées on aime tous et élire la solution retenue qui convient à toute la famille

Etape 5 :  Essayer la solution et passer à l’action

Si rien ne fonctionne, peut-être est-il temps de reconsidérer les attentes qui ne sont peut-être pas adaptées au développement cognitif et/ou moteur de l’enfant (l’enfant est-il en capacité de faire ce qu’on attend de lui ?). Des éléments perturbateurs peuvent également empêcher l’enfant de faire ce qui est attendu de lui (réservoir affectif vide, environnement mal adapté à sa taille…).

 

9.Décrire et faire preuve de gratitude (même pour les plus petits pas)

Le compliment descriptif consiste à remarquer et à mentionner très précisément ce que les enfants ont bien fait, (ou ce qu’ils n’ont pas mal fait). Pour complimenter ainsi de façon descriptive, les parents doivent momentanément arrêter ce qu’ils étaient en train de faire, et être véritablement attentifs à ce que l’enfant fait (ou ne fait pas).

Les compliments descriptifs apportent aux enfants la preuve qu’ils peuvent bien faire et se comporter de façon appropriée, puisque c’est ce qu’ils viennent à l’instant de faire.  A force de recevoir des compliments descriptifs, les comportements positifs et appropriés deviennent des habitudes ancrées.

Exemples :

Wahou, regarde tout ce que tu as rangé. Le sol était couvert de linge sale et maintenant, c’est un plaisir de marcher ici.

Merci d’avoir rangé sans trop discuter. C’est vraiment de la coopération de ta part.

 

10.Exprimer ses sentiments

Décrire comment nous nous sentons passe par l’utilisation de messages-Je (“quand je vois une table encore pleine des affaires du petit déjeuner, je suis exaspérée !”, “je n’aime pas voir des miettes sur le canapé”). Si nous pouvons éviter le “tu” qui accuses, nous avons beaucoup plus de chances d’obtenir une attitude de coopération de la part des enfants.

 

Par ailleurs, la manière de demander les choses va grandement influencer sur le comportement des enfants. La manière de demander les choses dépend principalement de deux choses :

Enfin, utiliser les routines diminue les tensions au niveau du rangement. Une routine peut prendre la forme d’un tableau d’affichage sur lequel les enfants notent la réalisation des tâches dont ils ont la charge et qu’ils ont terminées (c’est encore mieux s’ils les ont eux-mêmes décidées et que le planning a été réalisé lors d’un temps d’échange en famille).

Au lieu d’argumenter à propos des responsabilités de chaque membre de la famille, il suffira de se référer au tableau : « Consulte la liste des tâches. »

Quand le planning devient source de tension ou qu’il n’est plus respecté, il est envisageable de réunir les membres de la famille pour soulever le problème et trouver des solutions plus efficaces tous ensemble.

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Source : Parler pour que les tout-petits écoutent : un guide de secours pour le quotidien avec des enfants de 2 à 7 ans de Faber et King (Les éditions du Phare). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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