Les colères, peurs, chagrins et excitations des enfants ne sont pas des caprices.

Les colères, peurs, chagrins et excitations des enfants ne sont pas des caprices

Dans son livre Vivre heureux avec son enfant, Catherine Gueguen rappelle les grandes étapes du développement émotionnel et affectif des enfants pour souligner le fait que les caprices des jeunes enfants n’existent pas (les émotions et les besoins oui, en revanche).

De la naissance à 2 ans : immaturité cérébrale et fragilité émotionnelle importante

Le très jeune enfant vit des émotions extrêmement intenses.

Le cerveau archaïque (le cerveau des réflexes physiologiques) et le cerveau des émotions ne sont pas encore régulés par le cerveau supérieur (le cerveau de la logique et de la prise de recul). Le jeune enfant est littéralement submergé par ses impulsions et ses émotions et ne peut pas s’apaiser seul.

Les besoins affectifs fondamentaux entre la naissance et 1 an sont :

  • amour inconditionnel (même – et surtout – quand l’enfant pleure)
  • apaisement et consolation
  • échange et contact physique
  • empathie

Catherine Gueguen écrit que, si on laisse un enfant seul quand il a peur, a du chagrin, est en colère ou anxieux, les molécules de stress sont sécrétées et peuvent être très nocives  pour son cerveau fragile et immature.

Entre 1 an et 3 ans : un enfant en colère peut se montrer agressif

Un enfant de cet âge peut taper, griffer ou encore mordre (surtout entre 14 mois et 2 ans) quand on l’empêche de faire ce qu’il souhaite ou qu’il a besoin d’attention car le cerveau archaïque (qui déclenche des comportements instinctifs liés à notre survie comme les réflexes d’attaque, de fuite ou de sidération) est chez lui encore dominant. Par ailleurs, son cerveau émotionnel est peu régulé par le cerveau supérieur qui réfléchit.

Les jeunes enfants vivent donc des émotions intenses qui ne sont pas à confondre avec des caprices.

Les besoins affectifs fondamentaux de l’enfant entre 1 an et 3 ans sont :

  • les mêmes que précédemment
  • un adulte qui l’apaise quand il a de fortes colères ou quand il tape/ mord
  • un adulte qui dit calmement quand il n’est pas d’accord
  • un adulte qui sert de modèle et donne des repères
  • un adulte qui autorise l’enfant à explorer et découvrir le monde qui l’entoure (soutien dans l’exploration et la curiosité dans la liberté ET la sécurité)

Un enfant en proie à donc des émotions douloureuses a besoin d’adultes qui comprennent ses émotions, ses besoins et y répondent de façon appropriée. Il a besoin d’être rassuré, câliné, pris dans les bras.

De 3 ans à 5 ans : une fragilité émotionnelle toujours présente

Les enfants de cet âge ont toujours besoin de la présence d’adultes bienveillants qui les aident à mettre des mots sur leurs émotions, les apaisent, les câlinent quand ils sont agités et demandent de l’attention (même sous une forme inappropriée).

Les besoins affectifs fondamentaux de l’enfant entre 3 ans et 5 ans sont :

  • les mêmes que précédemment
  • un adulte qui n’oublie pas que l’enfant est toujours soumis à de fortes impulsions et émotions qu’il ne contrôle pas (encore)
  • un adulte qui sait sortir des conflits et qui apporte de l’apaisement
  • un adulte qui propose à l’enfant de chercher des solutions ensemble

Quand les adultes adoptent cette attitude, ils contribuent à la maturation du cerveau des enfants et les aident à réguler progressivement ses émotions.

De 5 ans à 6 ans : les émotions sont de mieux en mieux régulées

Les besoins affectifs fondamentaux de l’enfant entre 5 ans et 7 ans sont :

  • les mêmes que précédemment
  • pouvoir faire des choix
  • un adulte qui met des mots sur les émotions
  • un adulte qui reconnaît les efforts et réussite de l’enfant

L’enfant régule mieux ses émotions à partir de 5 ans quand il a vécu avec un entourage bienveillant.

Après 6 ans et durant l’adolescence : le cerveau mature progressivement

Durant toutes ces années, l’enfant et l’adolescent ont les mêmes besoins fondamentaux : ils ont besoin d’empathie, de compréhension, de soutien, d’encouragement et d’adultes qui montrent le chemin.

Même si l’enfant paraît grand, il est utile de garder en tête qu’il a toujours besoin d’écoute, d’encouragement, de confiance, mais aussi de liberté et de pouvoir faire des choix.

 

Ainsi, il est possible de raisonner en termes de besoins et d’émotions face aux comportements des enfants que nous ne comprenons pas plutôt que d’étiqueter de “caprice” leurs émotions fortes et leurs comportements inappropriés en lien avec des besoins insatisfaits.

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Source : Vivre heureux avec son enfant de Catherine Gueguen (éditions Pocket). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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