Les émotions de nos enfants sont comme des chocs pour nous et il est normal qu’elles nous déstabilisent.

émotions enfants sont des chocs pour les parents

Crédit illustration : freepik.com

 

Les émotions des enfants viennent toucher des choses profondes chez nous.

Dans son livre Émotions, quand c’est plus fort que lui !, Catherine Aimelet-Périssol rappelle que les émotions de nos enfants sont comme des chocs pour nous.

Logiquement, voir l’enfant dans tous ses états nous plonge nous-mêmes dans tous les nôtres. Lorsqu’il est bouleversé, inutile de le nier ou de lutter contre, nous le sommes aussi. Ses émotions font écho et bientôt, c’est nous qui nous trouvons en déséquilibre. – Catherine Aimelet-Périssol

La peur, la colère, la tristesse et même la joie des enfants peuvent représenter une menace pour les adultes car les émotions des premiers viennent toucher des choses profondes chez les deuxièmes :

  • notre intégrité physique : les cris, les pleurs, les effusions de joie et même les silences mettent notre corps en alerte et en tension car il se passe quelque chose dans l’environnement. Une fois cette éventuelle menace perçue, notre corps a besoin d’énergie pour y faire face.
  • notre besoin de sécurité : les émotions des enfants brisent la stabilité et créent une rupture.
  • notre besoin d’identité : la colère, la tristesse, la peur ou encore le dégoût de l’enfant peuvent remettre en question notre image de parent, notre sentiment de valeur personnelle et de compétence parentale.
  • notre besoin de sens : le besoin de compréhension est un besoin souvent sous-estimé mais pourtant fondamental dans l’expérience humaine. Nous avons toujours besoin de comprendre ce qui se passe autour de nous, de lui donner du sens, de lui attribuer un effet de causalité. Quand les motivations des enfants nous échappent, nous sommes en tension du fait d’un sentiment d’incohérence et d’impuissance.

L’émergence de l’émotion est un processus inconscient et donc non gérable.

Les émotions des enfants viennent donc nous bousculer physiquement, elles nous déstabilisent sans que nous ayons la maîtrise de l’émergence de nos propres émotions. Catherine Aimelet-Périssol estime que la première étape d’une émotion est la perception d’un événement à travers les sens. Un événement concret, réel, tangible est perçu par les cinq sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût) et à travers la proprioception ( la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps dans l’espace). Ainsi, l’émotion de l’enfant, c’est notre choc à nous, cet élément extérieur qui vient nous déstabiliser. Le corps répond à la sensation physique par le mouvement : il s’active pour retrouver un équilibre. En cas de danger ou de menace, le cerveau commande un mouvement de fuite (on s’agite, on bouge, on s’en va, on ferme les yeux, on respire un grand coup), de lutte (on s’oppose, on agresse, on crie, on se redresse) ou de repli sur soi (on se fige, on pleure).

Dès lors, les réactions corporelles de défense ont joué leur rôle : satisfaire le besoin de sécurité et d’intégrité. Le corps est soulagé, il retrouve son équilibre et l’émotion est passée car elle a rempli son objectif (attirer l’attention sur un événement potentiellement dangereux pour la survie et mobiliser des réactions défensives pour y survivre).

Comprendre le mécanisme émotionnel qui nous gouverne pour cheminer vers la bien traitance et la non violence éducative

Autant l’émergence de l’émotion est automatique et inconscient, autant la diffusion de l’émotion est un processus conscient et donc modifiable en s’entraînant à agir autrement : accueillir les émotions comme des messages au service de la vie, se laisser traverser par elles et apprendre à répondre à leur intention vitale en conscience. Agir autrement, c’est ajouter de nouvelles stratégiespour vivre avec les émotions plutôt que contre elles et cette nouvelle manière de penser et de faire prend du temps.

Catherine Aimelet-Périssol estime qu’il y a deux mots clés pour mieux vivre avec les émotions : ajouter et ralentir. En tant que parents, nous ne pouvons pas échapper à notre fonctionnement émotionnel, aux émotions difficiles et parfois explosives activées par celles de nos enfants. Nous pouvons en revanche accepter simplement d’être remués, parfois d’être gênés, fragilisé, tentés par la violence. Reconnaître et repérer l’inconfort dans le corps, c’est l’apprivoiser et devenir plus résistants à la sur-réaction émotionnelle (crier contre un enfant en colère, s’effondrer face à la tristesse de l’enfant, nier sa peur pour nous rassurer nous-mêmes…). L’idée est de se familiariser avec la réaction corporelle pour éviter de se laisser déborder et de développer des stratégies sans fin : critiquer, juger, punir, dire oui quand on pense non, prendre en charge ce qui ne relève pas de notre responsabilité…

Pour aller plus loin : 5 conseils pour apprivoiser nos propres émotions de parents face à celles de nos enfants

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Source : Émotions, quand c’est plus fort que lui ! Aider son enfant de 3 à 11 ans à bien grandir de Catherine Aimelet-Périssol (éditions Leduc S. Pratique). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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