Les formulations positives, un outil de parentalité positive 

Les formulations positives permettent de transformer les interdits en consignes, en règles. Nous pouvons énoncer ce que nous souhaitons que l’enfant fasse afin de lui communiquer une image claire des attentes, au lieu d’expliquer ce que nous voulons qu’il ne fasse pas.

Des interdits aux formulations de consignes positives

Non, on ne dit pas ça. -> Tu sais le dire avec d’autres mots. Comment tu pourrais me redemander avec d’autres mots pour que ça me donne plus envie ? 

Non, on ne tape pas. -> Tu peux dire les choses avec des mots. Est-ce que tu peux faire une belle demande ?

Non, ne pleure pas. -> Tu es triste, tu es déçue, tu es en colère ? Tu aurais besoin d’un câlin ? 

Non, ne cours pas. -> J’ai besoin de te savoir en sécurité, on marche ensemble. Je préfère que tu me donnes la main.

Non, ce n’est pas le moment de… -> Tu aurais aimé … et là, c’est le moment de… Je comprends, ça rend triste. 

Non, ce n’est pas pour toi. -> C’est pour…. Peut-être qu’il ou elle voudrait te le prêter si tu le lui demandes gentiment. 

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Les enfants comprennent la négation, mais leur capacité d’inhibition est immature.

L’idée que les petits enfants ne comprennent pas la négation (“Ne cours pas”, “Ne tape pas”, “Ne crie pas”) est très répandue dans certains courants de parentalité positive. Pourtant, elle est scientifiquement exagérée, voire incorrecte. Les enfants comprennent le mot “non” dès 2 ans. Ils comprennent progressivement les structures négatives simples (“ne… pas”, “pas de…”).

Leur difficulté n’est pas la négation en soi, mais :

  • la complexité grammaticale,
  • la surcharge cognitive,
  • ou l’émotion intense du moment.

Un enfant de 3 ans comprend ce que l’adulte veut dire quand il dit “Ne tapes pas.” En revanche, ce que l’enfant ne maîtrise pas encore, c’est l’inhibition comportementale (contrôle de l’impulsivité), qui dépend du cortex préfrontal encore immature. On ne parle donc pas d’un problème de compréhension linguistique, mais de régulation émotionnelle et comportementale.

L’idée des consignes positives est plutôt de rendre plus clair ce qui est attendu : on peut donc compléter une phrase négative par des indications sur ce que l’enfant peut faire à la place. Ces indications sur les attentes peuvent être verbales et/ou gestuelles (montrer comment faire et demander à l’enfant de nous imiter).