Frère et soeur, de la rivalité à la complicité : un condensé de bienveillance et de pistes à explorer pour les fratries  livre-bienveillance-fratries-jalousie

Présentation de l’éditeur

livre éducation positive dispute frere soeurVous rêvez que vos enfants s’entendent bien et soient unis ? Vous aimeriez plus d’harmonie dans vos propres relations avec vos frères et sœurs  ?

Ce livre vous aidera à comprendre comment naissent les tensions dans une fratrie et vous emmènera dans les «  coulisses  » de plusieurs familles pour décoder leurs difficultés et leurs réussites.

Grâce à aux témoignages concrets, aux exemples et aux exercices faciles à appliquer de cet ouvrage, vous disposerez de toutes les clés pour aider petits et grands à devenir des adultes stables et épanouis. Ayez confiance. Soyez patients. Vous finirez par mieux gérer les disputes et vous gagnerez en sérénité.

 

J’ai aimé 

Cet ouvrage est organisé autour de 6 chapitres :

  1. Pourquoi les enfants ont-ils du mal à s’entendre ?
  2. Le problème n’est pas le conflit mais la façon dont on le gère
  3. Apprendre aux enfants à bien vivre ensemble et mieux gérer leurs conflits
  4. Mission parents : nourrissez le lien frère-soeur
  5. Pour une famille soudée
  6. “Aimez-vous les uns les autres” pour inviter petits et grands à réfléchir 

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage car il est rempli d’astuces pratiques pour le quotidien tout en s’appuyant sur des approches théoriques et des auteurs que je mentionne régulièrement sur le blog (écoute emphatique, parentalité ludique, intelligence émotionnelle…).

Ainsi, Nina Bataille rappelle que la jalousie est un sentiment normal que l’on retrouve dans de nombreuses fratries. Elle se traduit par des phrases du type « c’est pas juste! », « il a eu plus de frites que moi » ou encore « c’est votre chouchou! ». Elle propose aux parents de décoder cette jalousie et de voir la souffrance de l’aîné derrière : un enfant qui cherche de l’attention de manière détournée (“bêtise”, agressivité, insolence…) a besoin de relation et de réassurance sur l’amour que lui portent ses parents.

Par exemple, alors qu’un parent donne le bain au cadet, l’aîné s’apprête à dessiner sur le mur de la cuisine. Cet acte est clairement un signe. Par ce comportement, l’aîné peut signifier qu’il s’ennuie et/ou qu’il a besoin de se sentir vu, apprécié, aimé. Il est temps de lui manifester de l’attention aimante car l’attente a sans doute été trop longue. L’écoute empathique va alors passer le message d’amour à l’enfant jaloux. Celaconsiste à respecter l’enfant et à refléter ses émotions comme un miroir (sans jugement ni censure ou encore analyse ou relativisation). Quand un enfant se sent réellement compris sans être l’objet de contrôle ou de censure, il peut lâcher ce qu’il a sur le coeur dans la sécurité d’être aimé et aimable malgré des émotions fortes et des paroles blessantes dites à l’égard des parents ou des frères et soeurs.

De plus, on comprend dans cet ouvrage qu’un enfant “difficile”, voire insolent, est en souffrance. Les mots et les comportement des enfants sont comme des fenêtres sur leur monde intérieur (en l’occurrence leur mal-être). Ainsi, les actions, les réactions, les mots des enfants (ou leur absence de mots) nous donnent des informations précieuses sur leurs émotions, leurs besoins, l’adaptation (ou inadaptation) de leur environnement et la nature de leurs relations. C’est dans les moments où il se comporte mal, se montre difficile, voire rejette ses parent, qu’un enfant a le plus besoin de preuves d’amour.

L’enfant qui exprime sa jalousie a besoin de contact physique, d’attention, de relation et de preuves d’amour pour se sentir apprécié et désiré dans la famille, pour sentir qu’il a sa place. Un temps de jeu, des câlins, un mot qui dit “je te vois” (ex : “Hum, je vois que tu en as marre, tu aimerais que je m’occupe de toi”), une histoire lue juste tous les deux sont des preuves d’affection qui désamorcent la jalousie.

Une idée pour rassurer l’aîné sur le fait qu’il a été lui aussi désiré, choyé et aimé est de lui raconter l’histoire de son attente lors de la grossesse (les préparatifs de la chambre, les achats de puériculture…), l’histoire de sa naissance et toutes ses premières fois (dents, mots, premiers pas…). En effet, l’aîné voit de ses yeux tous ces éléments vis-à-vis de son cadet mais ne se souvient pas que cela en a été de même pour lui.

Nina Bataille rappelle que, en tant que parent, nous avons tendance à vouloir apaiser la jalousie et à “imposer” des relations d’amour dans la fratrie (ex : “Mais tu sais bien que tu l’aimes ton frère”, “C’est ta sœur, elle est petite mais tu l’aimes”). Vouloir convaincre, c’est chercher à imposer son point de vue d’adultes mais alors on ne tient plus compte de ce que son enfant ressent.

Paradoxalement, autoriser les enfants à se détester, c’est les aider à apaiser leurs émotions. Permettez-leur un espace d’expression de leur jalousie. Avec le plus de sincérité possible, lancez le dialogue: – « Je vois que tu es jaloux, c’est dur… » – « Tu voudrais avoir Papa et Maman pour toi tout seul ?» – Nina Bataille

Au sujet des conflits, Nina Bataille mentionne l’effet boule de neige qui se traduit par un enfant qui génère une bagarre avec ses frères/ sœurs sans raison apparente. Quand un parent identifie un phénomène de boule de neige chez un de ses enfants, il peut montrer sa disponibilité et son écoute pour que l’enfant puisse libérer sa tension dans un cadre de sécurité émotionnelle et de manière socialement appropriée (sans avoir besoin de passer par de l’agressivité). Une question-clé que le parent peut se poser dans ce type de situation est : “Quand mon enfant se montre irritable, insupportable, que ce comportement me semble disproportionnée et commence franchement à m’agacer, c’est peut-être que quelque chose s’est mal passé dans sa journée. Que ressent-il pour agir ainsi ?” L’idée est de se centrer sur les “bonnes” raisons que l’enfant à l’origine du conflit a d’agir ainsi malgré les risques que ce comportement peut entraîner (comme une punition, une leçon de morale des parents, des représailles des frères ou soeurs…).

A partir de cette question, il devient possible de changer de perspective et d’adopter un point de vue empathique au sujet de l’enfant : “En général, quand on se comporte comme ça, c’est qu’on a eu une mauvaise journée. Ça va pas fort, hein ? C’était difficile aujourd’hui à l’école ?”.

On retrouve dans cet ouvrage des idées concrètes pour créer des liens de qualité dans les fratries et diminuer la jalousie et les disputes. En voici 3 exemples :

1.Trouver un signal commun pour éviter les dérapages

Dans une famille, chacun peut veiller sur les autres et les aider à ne pas se mettre en colère quand un dérapage paraît proche. Il est possible de se réunir en famille et se mettre d’accord sur un signal (un mot, un geste, une expression rigolote…) qui va servir de “rappel à l’ordre”. L’idée est que, quand ce signal est prononcé par un des membres de la famille, les autres savent qu’ils doivent reprendre leur esprit et ne pas se laisser aller à la colère.

Tout est imaginable : un mot loufoque (comme “chaussette trouée” ou “potato”), une expression inventée (comme “bouillie-bouli”) ou encore un rappel du calme (comme “panier de chats” pour inviter à se faire un câlin). Un clin d’œil peut aussi être adressé à celui ou celle qui est sur le point de déraper.

2.Compléter des phrases ensemble pour échanger sur les forces de la famille

Pour être bien tous ensemble, les membres de la famille peuvent échanger sur ce qu’ils apprécient dans la famille régulièrement (par exemple, lors d’un repas mensuel dédié, le premier jour des vacances ou encore lors du Réveillon de Noël ou du jour de l’An).

Voici quelques phrases à compléter qui peuvent être écrites sur des cartons déposés dans chaque assiette :

  • J’ai été fier/ fière que notre famille arrive à…
  • Je suis émerveillé que notre famille puisse…
  • Je suis heureux/ heureuse de faire partie de cette famille car…
  • J’aime quand, tous ensemble, nous…

3.Rejoindre les enfants grâce à la parentalité ludique

Il est possible d’adopter une approche basée sur le jeu pour une parentalité ludique. L’usage de jeux d’absurdité se révèle spécialement efficace quand des frères et soeurs commencent à se disputer : le parent va en quelque sorte “chiper” le comportement des enfants, c’est-à-dire faire comme eux et les rejoindre dans leurs disputes. L’idée est toujours d’encourager le rire, en respectant l’intégrité des enfants. Il est donc primordial de s’assurer que les enfants ne se sentent ni taquinés ni tournés en ridicule.

Ainsi, face à des enfants qui se chamaillent en se donnant des coups, un parent peut intervenir en se glissant entre les enfants et en disant, d’un air enjoué : “Ben alors, vous faites une bataille de pieds et vous ne m’avez pas invité ! Je veux jouer avec vous, moi !” .

Cet ouvrage aborde également les relations entre frères et soeurs à l’âge adulte pour les pacifier.

 

Frères et sœurs – De la rivalité à la complicité  est une lecture agréable et utile, un condensé de bienveillance et de pistes à explorer pour vivre ce qui est précieux en famille.

………………………………………………..
Source : Frères et sœurs – De la rivalité à la complicité de Nina Bataille (éditions Larousse). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Frères et sœurs – De la rivalité à la complicité sur Amazon, sur Decitre, sur Cultura ou sur la Fnac