La punition est un leurre.

La punition est un leurre.

La punition d’un point de vue éthique

Souvent, derrière la punition se cache l’idée de vengeance et d’humiliation chez celui qui la donne mais aussi chez celui qui la reçoit. Les adultes qui punissent les enfants pensent qu’il faut que ces derniers souffrent pour comprendre la leçon comme si apprendre et souffrir étaient synonymes. Or on sait désormais désormais grâce aux neurosciences que le stress et la peur bloquent les apprentissages. Par ailleurs, d’un point de vue éthique, il est incohérent de faire souffrir quelqu’un “pour son bien”. Il est étonnant de voir qu’il faille recourir aux études neuroscientiques pour défendre le fait de ne pas maltraiter les enfants.

La punition suppose un contrôle externe sur l’enfant par la force et la coercition. L’adulte qui punit ne respecte pas l’intégrité (physique et affective) de l’enfant puni et ne lui fait pas assez confiance pour qu’il apprenne des compétences émotionnelles ou relationnelles sans passer par la force et la peur.

La punition ne peut qu’être un leurre et est condamnée à avoir une efficacité relative (voire inexistante). C’est un “coup de poing sur une blessure” comme le dit Catherine Dumonteil-Kremer, pionnière de la diffusion de la parentalité bientraitante en France.

La punition, source de déresponsabilisation

La punition peut avoir l’effet pervers de dédouaner l’enfant de sa culpabilité par-rapport à l’acte qu’il a commis comme si la punition annulait le crime.

Certains enfants peuvent considérer qu’ils ont déjà payé par la punition pour leur comportement et qu’ils peuvent recommencer sans culpabilité. D’autres enfants vont être amenés à élaborer des stratégies pour ne pas se faire prendre la prochaine fois (c’est le principe du “pas vu, pas pris” ou “quand le chat n’est pas là, les souris dansent”).

On le voit bien : la punition ne développe pas le sens de la responsabilité.

Les apprentissages demandent du temps.

Les enfants ne peuvent pas intégrer des règles de façon définitive avant 6/7 ans. Plus un enfant est jeune, plus il est dans l’instant présent et moins son cerveau “qui réfléchit” est développé. Il est donc moins en mesure d’anticiper et de penser aux conséquences de ses actes.

Il est essentiel de ne pas vouloir aller trop vite et donc de ne pas punir les comportements dits inappropriés mais plutôt de fournir des ressources aux enfants pour qu’ils développent les compétences qu’ils n’ont pas encore acquises. Or le temps est une ressource.

Les enfants ont parfois juste besoin d’un peu de temps pour mettre en place une action, pour changer un comportement, pour mettre en application une connaissance…

L’apprentissage est un processus qui nécessite forcément du temps, beaucoup de temps (et les résultats ne se voient pas forcément tout de suite).

 

Pour passer à la pratique : 27 alternatives aux punitions

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Source : L’obéissance sans cris ni punitions de Stéphanie Damou-Sabry (éditions Hatier). Disponible en centre culturel, en librairie ou sur internet.

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Crédit illustration : freepik.com