Le quatrième trimestre de grossesse : les hormones de l’amour et du bien-être sont sécrétées quand il y a contact physique

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Dans son livre Le quatrième trimestre de la grossesse, Ingrid Bayot, sage femme, écrit que  les bébés humains sont des « prématurés physiologiques ». S’ils devaient naître avec les mêmes compétences motrices qu’un poulain ou un chaton, la grossesse durerait 15 à 18 mois. Elle affirme que la gestation continue, mais sous une autre forme, hors utérus, et toujours très proche du corps des parents (et de la mère en particulier), pendant plusieurs semaines.

C’est la raison pour laquelle Ingrid Bayot parle d’un quatrième trimestre de grossesse. Un trimestre est donné à titre indicatif pour donner à ce temps une durée qui lui est habituellement refusée, mais cette période post-accouchement n’est pas normée au jour près.

En ce qui concerne la post-gestation, le concept de quatrième trimestre est une approximation qui se décline différemment selon le type d’accouchement, le terme du bébé, son état de santé, ses capacités d’adaptation − si différents d’un bébé à l’autre. – Ingrid Bayot

L’ocytocine, hormone de l’amour, est sécrétée quand il y a contact physique

L’ocytocine est l’hormone de l’amour, de la confiance et du lien humain.

L’importance de maintenir le contact mère/ bébé tout de suite après la naissance…

Le contact peau à peau mère/bébé dès les premières minutes de vie a les effets bénéfiques suivants :

  • chez le bébé
    • il maintient sa température et un niveau de cortisol acceptable,
    • il optimise la régulation cardio-respiratoire,
    • il initie la colonisation bactérienne,
    • la recherche du sein et la première expérience de la tétée confirment les attentes sensorielles en faveur du sein ;
  • chez la mère :
    • il favorise le décollement et l’expulsion du placenta (peu de temps après la naissance du bébé, son placenta se décolle ; un saignement subi mais modéré accompagne ce décollement car l’endroit où il était préalablement inséré laisse une zone avec des vaisseaux ouverts, nommée « plaie placentaire ». Le décollement doit donc être immédiatement suivi d’une forte contraction utérine pour fermer tous ces vaisseaux et empêcher que le débit sanguin utérin, considérable, ne continue par cette voie. Cette hémostase (arrêt du saignement) mécanique (par la compression) est un moment délicat de la naissance. C’est l’ocytocine qui déclenche cette puissante contraction : la présence du bébé auprès de sa mère augmente la sécrétion de cette hormone.),
    • il diminue les saignements.

Ingrid Bayot regrette que séparer le bébé de sa mère prenne de multiples formes et prétextes, par le biais de règlements hospitaliers, de rituels culturels ou d’injonctions sociales qui se font passer pour la norme biologique, banalisées par des protocoles médicaux ou scellées par les traditions.

Elle clame haut et fort que ces séparations représentent pourtant une agression qui a des conséquences sur l’attachement, l’allaitement et le déroulement de la délivrance du placenta.

Ces séparations très précoces devraient devenir exceptionnelles, justifiées par des interventions d’urgence vitale pour le bébé ou la maman. En effet, quand le bébé est repris, non seulement il y a moins d’ocytocine, mais le stress maternel augmente.

Par ailleurs, la mère, avec sa voix, sa chaleur, ses odeurs et ses mouvements, constitue un ensemble de repères connus du bébé et qui assurent la continuité sensorielle après la naissance.

Quand le nouveau-né perçoit tous ces repères, il est apaisé : sa survie est assurée, son développement peut commencer. Il ne conceptualise pas cela, il obéit à des programmations communes à tous les petits mammifères. – Ingrid Bayot

… et aussi longtemps que possible

Ingrid Bayot insiste sur l’importance de l’hormone d’ocytocine au cours de la naissance mais aussi tout au long du quatrième trimestre de grossesse.

À chaque tétée, mais aussi à chaque contact, l’hormone ocytocine est sécrétée. Contempler ou bercer son bébé libère l’ocytocine et augmente ses taux circulants, y compris chez le parent qui n’allaite pas. Il existe de nombreux récepteurs à l’ocytocine dans le cerveau limbique et le néocortex. L’ocytocine facilite les comportements maternels qui procurent au tout-petit confort, chaleur, nourriture et protection.

Ingrid Bayot rappelle avec justesse que, d’une manière ou d’une autre, toutes les nouvelles mères maternent (sauf cas extrêmes). En revanche, il serait dommage de se priver de peau à peau, de laisser les bébés pleurer ou de ne pas allaiter à cause de croyances erronées, d’automatismes culturels ou d’un manque d’information.

La prolactine, autre hormone du contact physique

Les effets bénéfiques de la prolactine, hormone de l’allaitement

Ingrid Bayot rappelle que nos ancêtres ont tenu le coup face au manque de sommeil grâce aux modifications du sommeil induites par la prolactine. Cette hormone est sécrétée par l’antéhypophyse. Pendant la grossesse, son taux sanguin augmente à partir de 10 semaines aménorrhée (fin du premier trimestre). Elle culmine aux alentours de 150 à 250 µg/l pendant le troisième trimestre. Immédiatement après l’accouchement, les taux sanguins sont donc très élevés.

Ils vont baisser d’environ 50 % au cours de la première semaine du post-partum, puis continuer à descendre, mais les pics de prolactine en lien avec les tétées vont maintenir des taux élevés.

Avec le temps, le taux de prolactine de base dépend donc surtout du nombre de tétées.

Les effets de la prolactine sur le sommeil maternel sont nombreux :

  • le délai d’endormissement est identique, mais les mères allaitantes parviennent plus rapidement au sommeil profond
  • le temps de sommeil léger est raccourci et il y a jusqu’à trois fois plus de sommeil profond, donc une meilleure récupération
  • durant le sommeil profond, il se produit des allers-retours rapides vers le presque éveil, dont les mères ne se souviennent pas, au cours desquels elles touchent et vérifient où se trouve leur bébé (s’il dort proche d’elles) et qui leur permettent d’émerger plus facilement du sommeil profond quand leur bébé appelle (beaucoup d’entre elles disent se réveiller juste avant leur bébé)
  • après la tétée, le ré-endormissement est facilité par les hormones délivrées lors de la tétée : ocytocine, prolactine et endorphines

Quand l’allaitement n’est pas possible/ pas souhaité

Ingrid Bayot formule quelques recommandations à l’attention des parents qui ont opté pour le biberon pour une raison ou une autre (ex :  parents adoptifs, homoparentalité…). Ces pratiques procurent des bouffées d’ocytocine (aux parents ET aux enfants) et de prolactine :

  • pratiquer le contact peau à peau dès la naissance et autant qu’on le souhaitera dans les semaines  et mois qui suivent ;
  • garder le nouveau-né à proximité, avoir la possibilité d’observer ses signaux d’éveil et d’appel et lui offrir des réponses rapides ;
  • nourrir le développement du bébé et lui proposer de multiples interactions sensorielles : bercements, chants, promenade, lecture, jeux  ;
  • nourrir de lait, c’est aussi nourrir l’affectivité et la sensorialité : regards, touchers, vocalises
  • les premiers mois, garder le bébé dans la même chambre que les parents.

 

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Source : Le quatrième trimestre de la grossesse de Ingrid Bayot (éditions Erès). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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