Les refus des enfants : quand on est dans l’impasse

refus des enfants

Un “jeu” de proie et prédateurs

Les humains sont des mammifères… et les enfants sont des petits mammifères. Leur cerveau est donc soumis aux mêmes mécanismes que celui des mammifères : quand ils sentent un danger, leur cerveau sécrète des hormones qui les amènent à attaquer, fuir ou se prostrer.

Les enfants qui font des crises et qui opposent des refus sont régis par ce mécanisme : la plupart du temps, les crises sont une réaction face à un comportement imposé aux enfants.

Quand on oblige un enfant à faire quelque chose, on se comporte avec lui comme un prédateur. Le réflexe de la proie est qu’elle se sauve… même à quatre pattes ! Quand on l’attrape, il crie, il mord, il griffe. Ce n’est pas réfléchi. – Laurence Dudek (vidéo Les refus et les crises)

Quand on formule des demandes plutôt que des exigences ou des ordres, les enfants n’ont plus besoin de s’opposer car ils ne se sentent pas en danger. Ils sentent qu’ils peuvent dire oui ou non. Cela suppose à la fois d’accepter que nos enfants disent non à nos demandes et d’être suffisamment ancrés, maître de nous-mêmes et informés pour ne pas prendre ce refus comme un affront personnel.

Les parents commencent toujours…

Les crises sont d’autant plus fortes et fréquentes que les enfants ont été obligés depuis longtemps à faire des choses qu’ils ne veulent pas faire, sans avoir leur mot à dire sur la manière de faire cette chose ou en ayant la possibilité de le faire à leur rythme, dans un temps qui leur convient. Les enfants s’opposent donc d’autant plus violemment qu’ils ont vécu une longue expérience d’une intégrité et d’une dignité bafouées. C’est souvent le cas quand les parents ne sont pas conscients du redoutable effet “C’est pour ton bien” qui nous fait croire qu’on a le droit d’imposer des choses et de bafouer la dignité des enfants parce qu’on veut le meilleur pour eux.

Cela explique d’ailleurs pourquoi des parents qui s’engagent dans une parentalité consciente et bientraitante se trouvent confus face à des enfants qui continuent à faire des crises et s’opposer : les enfants ont besoin de se “déshabituer” afin de ne plus anticiper un danger, un mépris pour leur consentement.

Un refus peut être décodé comme une protection des enfants contre quelque chose qui leur fait peur, contre quelque chose qui leur est imposé sans leur consentement, contre quelque chose qu’ils ne comprennent pas, face à laquelle ils n’ont pas été préparés ou encore qu’ils ne savent pas faire.

Une refus explosif peut également être la conséquence d’une contagion émotionnelle : les émotions étant contagieuses, le fait que nous soyons nous-mêmes agressifs (dans nos mots, dans nos mimiques ou encore dans nos gestes comme le fait de tirer l’enfant par le bras) va entraîner l’agressivité de l’enfant.

On désamorce les situations de crise en baissant notre niveau d’exigence et d’agressivité, et en nous mettant en empathie avec l’enfant. – Laurence Dudek

Les refus nous donnent des renseignements sur ce dont les enfants ont besoin

Tous les humains ont toujours une bonne raison d’agir comme ils le font. “Bonne” veut dire au service de la vie, au service de besoins insatisfaits. Les grands explications, les raisonnements logiques (ex : “C’est bon pour la santé” ou au contraire “C’est pas bon pour la santé parce que…”) sont inefficaces pour deux raisons :

  • un humain en proie à des émotions fortes est coupé de son cerveau qui réfléchit donc il ne peut pas entendre les explications rationnelles et, chez les enfants de moins de 6 ans, c’est encore pire car le cerveau qui réfléchit est immature,
  • un enfant vit dans le moment présent et, du fait de son cerveau immature, ne peut pas se représenter les conséquences à long terme de ses actes (ex : si on dit à un enfant qui mange des croquettes que ce n’est pas bon pour sa santé et qu’il va avoir mal au ventre, il ne peut pas comprendre car il n’a pas mal au ventre ici et maintenant).

Il est donc primordial de toujours agir avec les enfants pour qu’ils ne ressentent pas de peur, pour ne pas représenter nous-mêmes une source de stress pour eux.

Rechercher le confort et le consentement de l’enfant ainsi que la fonction positive de son comportement en lui témoignant de l’empathie fera diminuer les crises et refus dans une démarche respectueuse et efficace. Les enfants ont besoin de temps et nos mots empathiques ont un réel pouvoir apaisant.

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Pour aller plus loin :

La chaîne You Tube de Laurence Dudek – 20 minutes pour soi

Les ouvrages de Laurence Dudek