5 compétences pour susciter la coopération des enfants

5 compétences pour susciter la coopération chez les enfants (par Faber et Mazlish)

1. Décrire ce que nous voyons ou décrire le problème

Les enfants peuvent plus facilement comprendre le problème à résoudre quand il est simplement décrit que quand quelqu’un leur explique en quoi ils sont fautifs. Les enfants peuvent alors comprendre par eux-mêmes ce qu’il faut faire. La description permet de s’adresser à l’intelligence des enfants sans effet de menace, contrainte ou jugement.

L’élimination du « Tu » participe à ce que les enfants ne se sentent pas coupables mais se concentrent plutôt sur ce qui doit être fait (« Tu as renversé le lait. Vas chercher une éponge » ne produit pas le même effet que « La bouteille de lait est renversée. Il nous faut une éponge. »).

décrivez coopération des enfantsdécrivez coopération des enfants

Les phrases qui commencent par « Je vois… », et notamment « Je vois la lumière allumée dans les toilettes » ou « Je vois une paire de chaussures non rangées »sont vraiment efficaces pour susciter la coopération.

2. Donner des renseignements

Il est plus facile de recevoir un renseignement qu’une accusation. Le don de renseignements ne doit pas être accompagné de remarques par ailleurs (du type « Le linge va dans le panier de linge sale. Tu n’apprendras donc jamais ? » ou « C’est facile pourtant ? » ou « Combien de fois il faudra te le répéter ? » ou encore « J’en ai marre. »). Faber et Mazlish ajoutent que les renseignements donnés serviront les enfants pour la vie (que le lait tourne si on ne le met pas au frigo, que les biscuits perdent leur croustillant si on ne les remet pas dans la boîte…)

La dernière fois que ma fille a sauté sur le canapé, au lieu de lui dire « Ne saute pas sur le canapé s’il te plait, tu risques de l’abîmer », je lui ai expliqué en 2 phrases :

« Le canapé est fait pour s’asseoir. Le sol est fait pour sauter. » J’ai accompagné ma parole de geste et je suis allée chercher le tapis de gym. Ma fille s’est arrêtée d’elle-même et a sauté sur le tapis. Sa séance de gym a fini en roulade et même en gros câlin !

donnez des renseignements coopération des enfantsdonnez des renseignements coopération des enfants

3. Dire les choses en un mot

Les enfants détestent les leçons de morale, les sermons et les explications théoriques des parents. Plus le rappel est court, mieux c’est. Faber et Mazlish écrivent que les adolescents avec lesquelles elles ont travaillé leur ont confirmé qu’ils préfèrent un seul mot : « La porte ! Le chien ! La vaisselle ! ». Ils trouvent que cela leur épargne le sermon habituel.

En revanche, elles déconseillent d’utiliser le prénom de l’enfant pour résumer une seule phrase.

Ici, le ton employé fera toute la différence. La communication non verbale qui l’accompagnera sera également importante : un sourire, un clin d’oeil…

dire un un mot coopération des enfants

4. Parler de nos sentiments

Parler de ses sentiments en tant que parents a plusieurs avantages selon Faber et Mazlish :

  • ne pas faire de commentaire ou de jugement sur la personne des enfants,
  • les enfants comprennent que les parents ont leurs sentiments propres : les enfants sont prêts à coopérer même avec un parent qui exprime de l’irritation ou de la colère à partir du moment où ils ne se sentent pas attaqués, agressés ou humiliés,
  • être sincère et honnête en tant que parent encourage les enfants à se comporter comme tel.

Si votre enfant vous répond qu’il se fiche de la manière dont vous vous sentez, vous pouvez lui dire quelque chose de la sorte :

« Pas moi. Je ne me fiche pas de la façon dont je me sens. Pas plus que je me fiche de la façon doit toi tu te sens. Et je m’attends à ce que , dans cette famille, on respecte les sentiments des autres ! »

parler des sentiments coopération des enfantsparler des sentiments coopération des enfants

5. Écrire une note

Une note peut parler au nom des parents. Le recours aux écrits permet d’éviter les cris et de passer un message aux enfants de manière inhabituelle : une note scotchée sur le miroir de la salle de bain ou sur la porte de chambre des parents, un Post-it sur l’écran de la télé, un avion en papier. Même pour les enfants ne sachant pas lire, cette compétence peut être efficace car ils accourront vers le parent pour déchiffrer le message.

Faber et Mazlish relatent les sentiments d’enfants à qui les parents avaient laissé une note : ils se sont déclarés touchés du fait que leurs parents se soucient assez d’eux pour prendre la peine d’écrire. Ils apprécient aussi que « le volume de leur voix ne monte pas. »

Une mère a même détournée le message écrit en portant une pancarte autour de son cou précisant qu’elle était sur le point d’exploser si elle était contrariée ou agacée et qu’elle avait besoin d’aide pour ranger la maison.

écrire une note ou un mot écrit coopération des enfantsécrire une note ou un mot écrit coopération des enfants

 

…………………………………………………………………………………………………………….

Je vous recommande chaudement la lecture du livre Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent par Adele Faber et Elaine Mazlish. Outre les 5 compétences pour susciter la coopération chez les enfants, vous y trouverez plein d’anecdotes de parents, d’enfants, des petits tests et des témoignages des deux écrivains sur leurs propres expériences au sujet des punitions, de l’autonomie, des encouragements… C’est le best seller indispensable !

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent sur Amazon.

Vous aimerez aussi...

13 réponses

  1. Isabelle dit :

    Merci merci !
    J’en profite pour vous remercier de la qualité de votre travail de recherche , ainsi que de la mise en forme , épatante !
    Bonne continuation …pour notre plus grand bien !
    Isabelle

    • Caroline dit :

      Bonsoir Isabelle,

      merci à vous d’avoir pris le temps de déposer un commentaire. Ce sont les lecteurs qui font vivre ce blog avec leurs messages et leurs encouragements :-).
      Bonne soirée
      Caroline

  2. Hasni dit :

    Ça a l air très intéressant ! Au bord de l implosion il est temps que je trouve une solution!!

    • Caroline dit :

      Bonsoir,

      merci pour votre message.

      Je ne peux que vous conseiller le livre de Faber et Mazlish qui fourmille d’outils illustrés par des cas concrets pour une relation apaisée avec ses enfants. Je vous propose également de lire cet article sur le burn out maternel, j’y ai intégré des liens vers des groupes de partages autour de l’épuisement maternel. Peut-être pourrez-vous y trouver une écoute active et bienveillante.

      Je suis de tout coeur avec vous

      Bonne soirée
      Caroline

  3. WZP dit :

    Bonjour,
    Bon tout d’abord je suis tombée sur votre article via un partage fb du coup j’avoue ne pas connaître votre travail, j’irais jeter un coup d’œil après mon commentaire 🙂

    Je voulais simplement réagir sur quelques points de l’article parce que pour moi « oui, mais non » 🙂

    Par exemple lorsque l’on parle d’éviter le « tu », c’est parfait quand on a un enfant doté de pragmatisme et sachant de lui même prendre des initiatives (attentif et volontaire aussi), c’est totalement inutile lorsque celui là en est dépourvu, du coup suivant l’enfant on peut soit voir la tâche s’accomplir, soit voir des mouches voler. D’ailleurs ça marche tout autant pour les adultes, ça rentre dans la case des « sous entendus », et pour moi ne pas s’exprimer clairement n’aide pas toujours à avancer.
    Pour l’image du chien j’aurais donc plutôt prôner le « Ah je crois que le chien a besoin de sortir, tu peux l’emmener s’il te plait ? », je ne comprends pas vraiment l’exemple (et ce n’est pas le seul) parce que pour l’un on dirait que le parent est à court de patience depuis longtemps alors que le second à l’air de découvrir la chose, et deuxièmement parce que donner la responsabilité d’un chien à un enfant qui vit sous mon toit ce n’est pas vraiment envisageable, il sera de ma responsabilité, à moi de demander un service aux enfants si jamais… (Bon je titille là ;))

    Et c’est pareil pour les tâches ménagères, perso que ce soit l’une ou l’autre des situations (agressive ou sous entendue) je déteste qu’on me parle comme ça, un peu comme si au lieu de dire « Tu peux me passer le sel stp ? » on disait « Oh, le plat n’est pas assez salé » « Tu peux me lancer la machine stp ? » « Oh, ce serait bien si la machine tournait »
    Parce qu’au final ça revient un peu au même que quand on les reprend sur le « J’ai soif », « Tu peux me servir de l’eau stp ? »…
    Du coup j’ai vraiment du mal à l’appliquer aux enfants, et de toute façon le « Oh y a plein de légo sur le sol » ne gagne qu’un « Ouiii j’ai fait une super construction, regarde comment qu’elle est belle ma construction ! » « Ce serait bien que les légo retrouvent leur boîte » >[/Voix de légo on] Boîiteee Boîtteeeee où es tu ??? Tu es perduuuuue ? Boîteee ?? » [/Voix de légo off] Deuz, 4 ans.
    Avec preums en revanche c’est vrai que ça marche, mais il faut avoir son attention, si tu ne t’adresse pas directement à lui, tu as plutôt intérêt d’être très proche de lui, sinon tu n’existes pas vraiment. (Du coup le « tu » ça va quand même souvent plus vite :x)
    – Je ne m’ennuie jamais XD-
    Et en cas de catastrophe, genre le verre d’eau renversé, je les fais réfléchir sur comment qu’on pourrait ramasser ça, des fois ils se proposent d’aller chercher l’essuie tout, des fois, je dois leur demander, je pense qu’il y a une grosse différence entre la gueulante et la demande…
    Ce n’est pas un service qu’ils aident au quotidien, c’est normal, et ça les aidera plus tard, ici on essaye de faire en sorte que tout ne soit pas prit comme des corvées, c’est marrant de mettre la table c’est marrant de vider le lave vaisselle, etc… (Oui ok ils ont 4 et 7 ans c’est encore facile de rendre plein de trucs agréables plus tard je finirai par déchanter)… Mais du coup on reste dans le « tu » encore une fois…

    Au final j’évite les « tu » pour les « Tu es chiant » and co, mais je l’utilise pour « je n’aime pas ton comportement »… Mais là encore pour une manche tirée, le Quatran se fiche de savoir si j’aime ou pas, donc ça se calme par un « Mets tes mains dans tes poches et patiente tu me montreras après ».

    Le coup des mots par contre j’adore l’utiliser, j’ai une espèce de tablette sur mon congélateur, et je m’amuse à faire des dessins de fourchette pour leur faire penser à l’utiliser etc…

    Bref voilà pour de mon côté, en fait pour moi tout ça est surtout une question de patience, on peut dire « tu » sans utiliser un ton de reproche, parce que c’est lui surtout qui fait défaut, parce que suivant la sensibilité de la personne en face, même l’absence de « tu » peux blesser suivant le ton utiliser:

    – T’as encore laissé traîner tes chaussettes !!
    – Tu peux ramener les chaussettes dans la corbeille stp ?
    – Il y a des chaussettes sales sur le sol.

    Parce que le « Julie ton goûter », quand tu le dis tous les matins depuis des années, c’est quand même super lassant, (ici c’est « Preums ! Ton sac ! » tous les matins depuis 4 ans et demi… ) Alors je pense que le jour où je lâcherai un « Tu vas finir par oublier ta tête » il sera amplement légitime parce que je suis carrément pas parfaite XD
    (D’ailleurs là pour le coup on n’utilise plus le « Oh tiens, le gouter est resté sur la table »)

    Enfin bref, j’espère que ça tiendra dans la durée 😉

    Bon et totalement hors sujet, Pourquoi papa se tape les images du chien et des dépenses d’argent (Parce que ce ne sont même pas des courses alimentaires, y a une girafe dans le sac XD) alors que maman se tape les tâches ménagères et les goûters ?
    *Sifflement*

    Bonne soirée !

    • Caroline dit :

      Bonsoir,

      merci pour votre message. Je vois que cet article vous inspire :-))).

      Les BD et astuces sont tirées du livre de Faber et Mazlish « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». Je les ai relayées car je considère qu’on peut glisser ces manières de communiquer dans sa « panoplie ». Je vois vraiment ce blog comme une boîte à outils dans laquelle chacun vient piocher ce qui lui convient, peut tester des trucs puis les abandonner, peut rejeter ce qui ne lui plait pas, peut adopter des astuces ou encore les bidouiller pour les faire siennes.

      Je sais que le coup de « Je vois (la lumière allumée/ des jouets par terre…) » fonctionne bien avec ma fille. D’autres fonctionneront dans certaines situations mais pas dans d’autres. Et je suis bien d’accord avec vous, le ton est le plus important : une même phrase avec la même syntaxe et les mêmes mots aura un impact différent selon le ton utilisé et la communication non verbale qui l’accompagne.

      Bonne soirée
      Caroline

  4. Sébastien dit :

    Merci WZP pour votre commentaire. Effectivement, l’énonciation est aussi importante que l’énoncé. Les nouvelles méthodes d’éducation le plus souvent issues des thérapies cognitivo-comportementales nord américaines semblent en faire totalement l’impasse: elles s’adressent à des parents qui transmettraient des messages à leur enfant comme le ferait un robot ménager doué du langage, mais pas de la parole. Idéologiquement, ils n’auraient même qu’à utiliser des pense-bêtes! (mais les parents ne sont tout de même pas si bêtes que cela). Merci également de rappeler qu’une bonne mère, c’est une mère qui n’est pas parfaite.

  5. Blandine dit :

    Super! j’ai aimé cette article, et ces illustrations.

  1. 23 juin 2016

    […] 5 compétences pour susciter la coopération chez les enfants – Faber et Mazlish […]

  2. 21 juillet 2016

    […] 5 compétences pour susciter la coopération chez les enfants (d’après Faber et Mazlish) […]

  3. 30 novembre 2016

    […] Voir cet article : 5 compétences pour susciter la coopération chez les enfants […]

  4. 6 février 2017

    […] envie à nos jeunes ? »), faire confiance (dès le plus jeune âge) et inviter à la coopération (via des jeux, des messages Je…) plutôt que contraindre est efficace à long terme pour le […]

  5. 25 février 2017

    […] d’ouvrages clés (dont Au coeur des émotions des enfants d’Isabelle Filliozat, Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber et Mazlish, Aimer nos enfants inconditionnellement de Alfie […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *