9 principes clés pour l’alphabétisation émotionnelle des enfants

9 principes clés pour l’alphabétisation émotionnelle des enfants

L’alphabétisation émotionnelle peut s’apprendre à tout âge mais c’est cependant pendant l’enfance qu’elle s’apprend le mieux. – Claude Steiner (psychologue et auteur de L’ABC des émotions)

Les enfants vont avoir tendance à adopter des habitudes émotionnelles qui collent avec la représentation que les adultes vont former à leur sujet (et que les enfants vont finir par se faire d’eux-mêmes à force d’être étiquetés) : grognon, gentille, impatient, méchante… Ces schémas émotionnels sont en grande partie appris des parents et des autres membres de l’entourage (adultes mais aussi enfants qui sont eux-mêmes dans un cercle vicieux d’étiquetage des autres et de mimétisme des adultes en reprenant les paroles qu’ils entendent).

Une fois adoptées, ces habitudes deviennent des schémas répétitifs ou scénarios décrivant la vie présente et la vie telle qu’elle sera. Ces scénarios peuvent durer toute une vie si rien n’est fait pour les changer. – Claude Steiner

On voit les effets de tels schémas qui se reproduisent de générations en générations. Claude Steiner écrit ainsi :

« De nombreux parents pensent que pleurer n’est pas un comportement masculin correct pour un garçon. Les garçons qui apprennent à ne pas pleurer deviennent des  hommes qui ont honte de pleurer. Quand un tel homme est suffisamment triste pour pleurer, il va le cacher en mentant à propos de ce qu’il ressent. Un jour, il perdra conscience de sa tristesse et niera son ressenti, même à lui-même. Il niera d’autres sentiments de vulnérabilité, tels que la honte ou l’envie. A ce stade, il ne reconnaîtra que ses émotions les plus fortes comme la colère furieuse ou l’amour fou.

Les filles sont traitées différemment. Leurs pleurs sont considérés comme mignons et touchants. Les filles ne sont pratiquement jamais poussées à croire qu’il n’est pas féminin de pleurer. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles les femmes sont généralement plus émotives que les hommes. »

Quand on montre de l’empathie aux enfants en proie à des émotions douloureuses (tristesse, peur, colère) tout en leur donnant des signes de reconnaissance physique (sourire, câlin, bisou, massage…), les enfants apprennent que leurs sentiments ont de la valeur et qu’ils peuvent les exprimer en toute sécurité.

Claude Steiner indique qu’il faut appliquer les mêmes règles de coopération dans les relation entre enfants et adultes que dans les relations entre adultes : égalité, honnêteté, absence de jeux de pouvoir. Il fait plusieurs suggestions pour l’alphabétisation émotionnelle des enfants, dès le plus jeune âge :

1.Garder le coeur ouvert

Embrassez vos enfants et prenez-les dans vos bras souvent et dites-leur que vous les aimez. Comme chacun de nous, ils recherchent et apprécient l’affection. Si vous leur montrez de l’amour par des signes de reconnaissance physiques lorsqu’ils sont jeunes, ils grandiront avec le coeur ouvert. – Claude Steiner

 

2.Ne pas rentrer dans des jeux de pouvoir avec les enfants

En utilisant des jeux de pouvoir pour obtenir d’eux ce que vous voulez, ils vont apprendre à être motivés par la peur et le contrôle. Si vous rentrez dans des jeux de pouvoir avec vos enfants (cela nous arrive à tous un jour ou l’autre), présentez-leur vos excuses. – Claude Steiner

 

3.Etre sensible

L’écoute empathique est la clé de l’alphabétisation émotionnelle des enfants.

Dans l’écoute empathique (ou écoute active au sens de Thomas Gordon), le parent essaie de comprendre ce que ressent l’enfant, de saisir ce que son message veut dire. Ensuite, le parent transforme sa compréhension dans ses propres mots et retourne le message à l’enfant pour vérification.

Le plus important pour le parent est de transmettre son propre message « décodé » sans évaluation, sans opinion, sans conseil ni raisonnement ou encore analyse. Il retourne seulement ce qu’il pense être le sens véritable du message de l’enfant : rien de plus, rien de moins :-).

L’objectif de l’écoute active est d’aider l’enfant à en dire plus, à approfondir, à mieux développer sa pensée.

Lire aussi : L’écoute active : une règle d’or de la communication parent/enfant

 

4.Etre honnête

Ne leur mentez jamais ouvertement et faites le moins de mensonges par omission possible, en vous assurant de dire la vérité. Si vous voulez qu’ils disent la vérité, vous devez d’abord leur donner l’exemple. Après tout, les enfants sentent bien quand on leur cache quelque chose et ils vont apprendre à faire de même avec vous. Faites en sorte que l’honnêteté soit le lien le plus fort entre vous et votre enfant. – Claude Steiner

Pour aller plus loin : 6 réactions bienveillantes face aux mensonges des enfants

 

5.Relâcher le contrôle

Claude Steiner insiste sur deux points :

  • donner du pouvoir personnel aux enfants

Cela peut se faire à travers des jeux de chahut dans lesquels les adultes laissent les enfants gagner, des petites missions ou responsabilités, des encouragements, des décisions prises par eux-mêmes sur les sujets qui les concernent, un aménagement de l’environnement familial de manière à donner l’opportunité aux enfants de faire des choses en autonomie…

  • partager nos ressentis intérieurs, nos peurs à leur sujet, nos vulnérabilités avec nos enfants

Un exemple en vidéo par Thomas d’Ansembourg pour travailler sur nos croyances et nos peurs en tant que parents.

6.Comprendre les démons des enfants

Soyez conscient des peurs de vos enfants et acceptez-les. Apprenez à reconnaître quand ils ont peur et pourquoi. Parlez de leurs peurs, validez-les et aidez-les à les éviter. – Claude Steiner

Signes d'anxiété enfants

Source : J’ai plus peur (Lawrence Cohen – éditions JC Lattes)

 

7.Encourager des loisirs émotionnellement alphabétisés

Claude Steiner nous encourage à lire des livres porteurs de valeurs humanistes, à voir des films émotionnellement alphabétisés dans lesquels les héros et héroïnes font preuve d’intelligence émotionnelle et d’empathie.

Claude Steiner nomme d’ailleurs son livre Le conte chaud et doux des chaudoudoux (InterEditions).

le conte chaud et doux des chaudoudous

Dans tous les cas, parler des livres et des films avec les enfants est bénéfique : identifier les émotions de chaque personnage, essayer de comprendre leurs motivations, envisager ce qu’on aurait ressenti à leur place et comment nous aurions agi, envisager d’autres manières de faire.

 

8.Enseigner l’auto défense émotionnelle

Apprenez aux enfants à défendre leurs frontières et à rejeter les comportements qu’ils ne veulent pas en disant « Je n’aime pas ça » ou « S’il-te-plait arrête » ou « Laisse moi seul.e ». – Claude Steiner

Claude Steiner nous conseille de jouer à des jeux de rôles pour simuler des situations dans lesquelles l’intégrité des enfants seraient menacée afin de leur apprendre à réagir à différentes circonstances.

Lire aussi : Le respect ? Ça se perd ma p’tite dame ! Et si cela commençait par le respect des limites personnelles des enfants 

 

9.Etre patient.e

L’éducation des enfants prend du temps, mais une fois qu’ils ont appris, la leçon reste. Répétez vos leçons régulièrement et pratiquez ce que vous enseignez. – Claude Steiner

…………………………………………………………………………………………………………..

Source : L’ABC des émotions – Un guide pour développer force personnelle et intelligence émotionnelle de Claude Steiner (InterEditions). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander L’A.B.C. des émotions  sur Amazon ou sur Decitre.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *