L’amour est un micro-moment passager renouvelable à l’infini !

L’amour est un micro-moment passager renouvelable à l’infini !

L'amour est un micro-moment passager renouvelable à l'infini !

Barbara Fredrickson est neuropsychologue et a consacré l’essentiel de sa carrière à l’étude des émotions positives et leur impact sur notre bien-être. C’est ainsi qu’elle s’est plus particulièrement intéressée à l’émotion d’amour et qu’elle nous invite à repenser notre définition de l’amour afin de gagner en santé mentale et physique. Pour elle, la conception qu’elle qualifie de « romantique » de l’amour, selon laquelle l’amour serait un grand sentiment qui apparaît une fois dans la vie pour le meilleur et pour le pire, est incorrecte.

Selon Barbara Fredrickson, la vérité de l’amour est à trouver dans le corps et dans l’interaction avec les autres, et ces autres peuvent être n’importe qui (le plaisir d’une conversation avec un.e inconnu.e dans une salle d’attente, le regard d’un bébé , une communion lors d’un spectacle ou d’un tournoi sportif, une discussion informelle avec le voisin, un sourire avec un autre passager dans les transports en commun… tout cela relève de l’amour pour Barbara Fredrickson).

Elle affirme par ailleurs que nous pouvons faire naître l’amour à tout moment.

L’amour deviendra une énergie renouvelable dans laquelle vous pourrez puiser pour alimenter votre bien-être et le bien-être de tous ceux qui sont autour de vous. – Barbara Fredrickson

Barbara Fredrickson propose donc une approche inattendue de l’amour basée sur les neurosciences : des micro-moments de résonance positive entre plusieurs personnes qui sont passagers et que le corps réclame comme nutriments essentiels. Ces micro-moments nous changent : ils forgent de nouvelles alliances avec des inconnus, transforment les simples relations en amitiés et renforcent les liens avec ceux qui nous sont chers.

Ce qu’est l’amour selon les neurosciences et la psychologie positive

Une définition de l’amour selon les neurosciences

Pour Barbara Fredrickson, l’amour est synonyme de résonance positive qui apparaît quand 3 phénomènes sont liés (ces 3 phénomènes doivent être présents simultanément pour parler d’amour) :

  • le partage d’une ou plusieurs émotions positives (joie, émerveillement, rire, gratitude, plaisir, curiosité, sérénité…) avec quelqu’un d’autre;
  • une synchronie entre les réactions biochimiques et le comportement de deux personnes (postures/ gestes reproduits inconsciemment, phrases finies à la place de l’autre, réactions physiologiques à l’intérieur du cerveau comme la sécrétion d’ocytocine);
  • une intention mutuelle de contribuer au bien-être de l’autre, qui entraîne une sollicitude réciproque.

Barbara Fredrickson parle de résonance positive pour évoquer la réverbération d’énergie positive qui se poursuit d’elle-même entre plusieurs personnes pendant un certain temps. La neuropsychogue utilise la métaphore du miroir car chacun dans la relation reflète l’autre (ses émotions positives, ses gestes et son état émotionnel, son élan de sollicitude et de bienveillance). Dans ces micro-moments d’amour, chacun est à la fois le reflet et l’extension de l’autre.

Par ailleurs, l’amour étant une émotion, il est passager, comme toutes les autres émotions. Le lien peut être durable (comme c’est le cas avec les intimes : conjoint.e, enfants, ami.e.s, famille…grâce à la fréquence des moments passés ensemble, une histoire commune et une compréhension mutuelle du fonctionnement personnel de chacun) mais l’émotion d’amour telle qu’elle est vécue par le corps est passagère… mais peut-être renouvelée souvent sous deux conditions.

Les conditions de l’amour

Pour Barbara Fredrickson, l’amour ne doit rien au hasard : il y a des conditions préalables nécessaires.

La sécurité

Notre cerveau est sensible à la menace. Le sentiment de danger (qu’il soit réel ou seulement conçu comme dans le cas d’anxiété, de dépression ou de faible estime de soi) est le premier obstacle à l’amour.

Une relation sensorielle et temporelle

Par définition, dans l’approche de Barbara Fredrickson, l’émotion est corporelle… donc l’émotion d’amour ne peut surgir que dans une relation « physique ».

Le corps modelé au fil des millénaires par les forces de la sélection naturelle n’a pas été conçu pour l’abstraction de l’amour à longue distance. Le corps a soif de plus. Il a soif de moments d’unité. – Barbara Fredrickson

La synchronie entre les réactions biochimiques et le comportement de deux personnes nécessite la présence du corps (ou, a minima, d’un contact visuel). En effet, c’est par la vue qu’on peut déceler si un sourire est franc et bienveillant ou bien s’il est hypocrite/forcé (c’est bien la vie qui décrypte les éléments de communication non verbale) et c’est aussi par la vue que le corps peut entrer en synchronie (accord des gestes et postures). Or la synchronie est un des trois éléments de l’émotion d’amour.

Barbara Fredrickson considère que, en l’absence de regard, de toucher, de rire ou d’une autre forme de synchronisation comportementale, on ne peut pas parler d’amour mais plutôt de jeu parallèle. On peut par exemple se tenir la main par habitude, sans éprouver l’émotion d’amour (caractérisée par les 3 éléments : partage d’émotions positives, synchronie corporelle et biochimique et sollicitude mutuelle).

Du temps (ralentir)

Il nous faut trouver le temps et l’occasion d’entrer réellement en relation avec les autres.

Ce temps peut également être nécessaire pour repenser notre définition de l’amour et dépasser le malaise que peut provoquer en nous l’idée qu’une simple discussion avec un.e voisin.e ou un sourire échangé dans la rue avec un.e inconnu.e puisse être un micro moment d’amour.

Les banals échanges quotidiens avec des collègues et des inconnus apparaissent désormais sous un nouveau jour, comme autant d’occasions stimulantes d’établir des liens, de vous développer, d’être en meilleure santé les uns les autres. Vous découvrez également comment des micro-moments d’amour se répercutent de façon irrésistible sur l’ensemble du réseau social . – Barbara Fredrickson

Comment faire apparaître des micro-moments d’amour ?

Pour Barbara Fredrickson, nous avons le pouvoir de renouveler des micro-moments d’amour passagers à l’infini (ou presque). Elle propose de nombreux exercices dans son livre dont voici quelques exemples.


Commencer seul.e : les trois relations affectueuses

Tous les soirs, pendant quelques semaines,

  • repenser à la journée écoulée en se remémorant les trois plus longues interactions sociales,
  • les considérer dans leur ensemble en s’interrogeant sur la validité de deux affirmations :
    • pendant ces interactions sociales, je me suis senti.e « en phase » avec la ou les personnes qui m’entouraient,
    • pendant ces interactions sociales, je me suis senti.e proche de cette ou ces personnes.
  • évaluer l’exactitude de ces affirmations sur une échelle de 1 à 7, où 1 = totalement faux et 7 = totalement exact,
  • consigner les réponses (dans un carnet, un tableau informatique…).

Prendre conscience de la qualité des interactions permet d’enclencher un cercle vertueux, l’amour engendrant la confiance et la force.

Cet exercice des « trois relations affectueuses » a un double effet positif :

  1. il pousse à rechercher les gens dont on apprécie la compagnie et incite à valoriser ces relations.
  2. il encourage à chercher le moyen d’améliorer les relations difficiles dans la vie.

On peut compléter cet exercice par un autre : celui de créer trois relation affectueuses par jour. Au cours de la journée, il s’agit de rechercher trois occasions au moins d’établir avec d’autres des relations chaleureuses, respectueuses et bienveillantes. L’intention de rechercher et de créer davantage de micro-moments de relations affectueuses peut contribuer à améliorer la santé et le bien-être.

La méditation de l’amour bienveillant

Cette méditation s’inspire d’une tradition bouddhiste. Essayer la méditation de l’amour bienveillant prépare à créer de la résonance positive.

La méditation de l’amour bienveillant ouvre les portes de la perception pour nous arracher au cocon de notre égocentrisme et redonner aux autres toute leur humanité. Elle remet en cause notre tendance naturelle à traiter les autres comme de simples accessoires ou des personnages peu étoffés qui ne jouent qu’un rôle secondaire dans la pièce nombriliste de notre vie. – Barbara Fredrickson

La méditation de l’amour bienveillant peut s’appliquer à soi-même, aux personnes proches mais peut également être élargie à tout être vivant (du plus proche au plus lointain).

Un exemple en vidéo (par Elisabeth Couzon) :

La compassion : créer de la compassion au quotidien

Dans des moments du quotidien, au milieu de l’agitation, il est possible de s’arrêter pour voir les autres autrement :

  • porter l’attention sur les visages et la posture, les éléments de communication non verbale – dos voûté, sourcils froncés, soupir – des autres (idéalement, de simples passants)
  • observer les gens de façon inoffensive en veillant à conserver une distance respectueuse et à être animé.e d’une intention d’amour
  • imaginer les difficultés (petites ou grandes) que ces personnes connaissent peut-être actuellement
  • contemplez un instant dans le coeur et l’esprit cette source de souffrance peut-être commune
  • émettre le souhait que cette personne soit délivrée de la douleur et de la souffrance
  • réciter des formules d’amour bienveillante et compatissant :
    • Puissent tes difficultés disparaître
    • Puisses-tu trouver la paix, le bien-être et la force
    • Puisses-tu être délivré.e de ton fardeau

L’objectif de cette pratique et simplement de s’ouvrir et de sensibiliser aux douleurs et aux épreuves auxquelles les autres sont confrontés…. et c’est nous qui risquons d’être le plus transformés !

La réjouissance : accueillir avec amour le bonheur d’autrui

La réjouissance aimante permet de se relier à celles et ceux à qui la chance sourit.

On peut être tenté de croire que les événements heureux, presque par définition, se traduisent par un sentiment agréable. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Si les événements heureux peuvent procurer des moments de joie, de gratitude, de sérénité ou d’amour, tout dépend de l’intérêt que les gens portent à ces événements, de leur investissement ou, à l’inverse, du désintérêt, voire de l’indifférence absolue qu’ils leur inspirent. [ou de la rancoeur et de la jalousie] –  Barbara Fredrickson

On peut apprendre à prendre les bonheurs des autres comme des événements à chérir et célébrer. Ces moments créent de nombreuses occasions de réduire la distance sociale et de créer les conditions pour une résonance positive. Offrir du soutien aux gens quand ils vont bien est aussi important que de le leur offrir quand ils vont mal.  Barbara Fredrickson écrit même que c’est précisément les moments où nous nous réjouissons du bonheur de quelqu’un qui lui fait comprendre que nous tenons réellement à lui et lui donnent à penser que nous lui donneront soutien dans le futur dans une mauvaise passe également.

Cette réjouissance aimante peut prendre la forme d’une formule traditionnelle de ce type : Puissent ton bonheur et ta chance se perpétuer. 

L’amour, transformé en résonance positive, se décline sous plusieurs formes. IL tend vers la compassion quand la souffrance domine, et vers la réjouissance quand le bonheur domine. Par dessus tout, l’amour est dans la relation. –  Barbara Fredrickson

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Source : Ces micro-moments d’amour qui vont transformer votre vie : une approche révolutionnaire de l’émotion suprême de Barbara Fredrickson (édition Poche Marabout)

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