Pourquoi être bienveillant avec les enfants est-il si difficile ?

Pourquoi est-il si difficile de faire vivre les valeurs de respect, de confiance et de bienveillance dans nos relations avec les enfants ?

Isabelle de Lisle écrit dans le livre Je crois en toi : « La réponse pourrait bien se trouver dans notre propre déficit d’estime de nous-mêmes.  »

Inévitablement, l’histoire de nos enfants naît de la nôtre.

Nous sommes tous le produit d’une éducation et de méthodes pédagogiques, souvent basées sur la comparaison, le jugement, la culpabilité et la croyance qu’être « bon.ne » signifie être meilleur.e que l’autre.

De plus, la relation que nous entretenons avec nos parents ainsi que notre place dans la famille viennent colorer notre aptitude à accepter et valoriser les enfants. Il est important d’en avoir conscience pour se détacher, comprendre les aspects subjectifs de nos croyances, et remettre en question nos modèles de reproduction.

Notre degré d’affranchissement de ces conditionnements augure de notre propre potentiel à valoriser et accueillir les enfants tels qu’ils sont (et non pas comme nous voudrions qu’ils soient).  Ce processus de détachement peut prendre du temps : plus l’éducation que nous avons reçue a été autoritaire, plus ce processus sera long et, parfois, douloureux.

Pour accompagner les enfants et cultiver leurs qualités d’empathie, d’autonomie, d’optimisme, d’altruisme, il convient de nous questionner en profondeur sur notre histoire personnelle, d’entreprendre de restaurer notre niveau de confiance en nous et d’être volontaire pour continuer d’apprendre (adopter un état d’esprit de développement).

Cela passe par une meilleure compréhension de nous-mêmes, de l’autre mais aussi de nos propres besoins relationnels.

Une éducation positive privilégie la part émotionnelle de l’être : attitude chaleureuse, paroles encourageantes, regard de fierté et manière d’être inspirante.

Avant de choisir nos mots, de nous munir d’outils, de nous armer de pédagogies pour apprendre à apprendre aux enfants, commençons par désapprendre ce que nous avons appris pour nous connaître en profondeur et reprendre contact avec notre humanité. Grâce à une posture affirmée d’adulte au clair avec sa propre histoire, nous pouvons un jour prendre notre enfant intérieur par la main. Se sentir vivant est déjà en soi une merveilleuse aventure.

La bonne nouvelle est que l’état d’esprit ouvert, optimiste, réceptif et joyeux qui consiste à révéler les forces de l’enfant peut devenir aussi, pour l’adulte, un moyen de se réconcilier avec son âme d’enfant.

Le meilleur moyen de réaliser l’impact de nos paroles, de nos attitudes, de nos gestes, de nos expressions non verbales est de se mettre à la place de l’enfant qui les reçoit.

Le point de départ pour permettre l’éclosion de ce « nouveau nous » et de cette nouvelle relation est de s’autoriser à ralentir et faire des pauses à nous-mêmes :

  • accueillir sa solitude,
  • ressentir ses sensations physiques,
  • apprendre à reconnaître et accueillir nos émotions,
  • observer nos pensées,
  • accepter sa vulnérabilité.

Pour nourrir notre intériorité, des gestes simples suffisent : s’asseoir un instant en se concentrant sur l’air qui entre et sort par le nez, s’allonger et poser les mains sur le ventre qui se gonfle et se dégonfle, écouter le silence, sentir les pulsations du coeur au bout des doigts…

Notre vie en soi est un enseignement pour les enfants. Notre manière d’être est un message. Nous avons valeur d’exemple.

Commencer par nous valoriser nous-mêmes est une manière de se réaliser et d’accompagner les enfants à se réaliser à leur tour. Le respect et la bienveillance dont nous faisons preuve envers nous-mêmes et les autres (TOUS les autres, petits et grands, humains et animaux) illustre une façon d’être au monde.

Etre inspirant nécessite d’être soi-même inspiré.

Il n’est pas confortable de prôner la bienveillance sans s’autoriser l’indulgence.

Notre imperfection est la clé de notre humanité.

Enfin, nous pouvons penser à nous remercier intérieurement plus souvent pour nos bonnes intentions car elles nous conduisent à faire toujours du mieux que l’on peut.

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Source : Je crois en toi ! : Pourquoi et comment valoriser les enfants de Maria Basque, Karine Le Goaziou, Isabelle de Lisle, Ostiane Mathon (éditions Le Souffle d’Or). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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2 réponses

  1. perrine dit :

    Bonsoir, c’est mon souci, cet article reprend exactement ce que je vis en ce moment. Je veux changer de façon de faire avec mes enfants, mais intérieurement quelque chose m’en empêche. J’ai un blocage. Et je ne vois pas comment régler ce problème, afin d’avancer vers plus de bienveillance.

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