Quand la participation aux tâches ménagères soutient l’épanouissement des enfants…

Comment élever des enfants heureux et équilibrés sans trop les couver (ou l’importance des tâches ménagères et de l’amour inconditionnel)

Réussir n’est pas ce qu’on croit : réussir n’est pas avoir de bonnes notes ou entrer dans une bonne école; c’est avoir les ressources internes nécessaires pour se réaliser, nous dit Julie Lythcott-Haims.

Quand l’école et les notes étouffent l’enfance et l’adolescence

Tous les parents disent ne vouloir que le bonheur de leurs enfants mais, quand ils rentrent de l’école, nous commençons trop souvent par nous enquérir de leurs devoirs et de leurs notes. Nous nous comportons comme si nous croyions qu’ils n’auront pas de futur s’ils n’entrent pas dans les meilleurs collèges, dans les grandes écoles les plus réputées.

Le risque majeur est que nos enfants pensent que leur valeur vient de leurs notes scolaires et/ou de leurs résultats lors de compétitions extra scolaires.

Par ailleurs, quand nous nous substituons à nos enfants (pour faire leurs devoirs par exemple ou quand nous les déchargeons des tâches domestiques familiales), nous privons nos enfants de la chance de développer leur auto-efficacité, plus importante encore que la confiance en soi qu’ils ont à chaque applaudissement.

L’auto-efficacité se construit quand nos actions mènent à un résultat, pas les actions des parents pour l’enfant, mais ses propres actions à lui.

Deux piliers pour soutenir l’épanouissement des enfants

Ce que je dis c’est que nos enfants n’ont pas besoin que nous soyons obsédés par leurs notes mais que nous soyons intéressés par le fait que leur enfance leur fournisse une base pour réussir, bâtie à partir de choses telles que l’amour et les tâches ménagères. – Julie Lythcott-Haims

Pour que nos enfants développent leur auto-efficacité, ils doivent beaucoup plus penser, prévoir, décider, faire, espérer, gérer, essayer, échouer, rêver et expérimenter la vie pour eux-mêmes.

Premier pilier : les tâches ménagères

La plus longue étude longitudinale jamais conduite sur l’humain est l’étude Harvard Grant. Elle a révélé que les succès professionnels sont liés aux tâches ménagères faites enfant ! Plus tôt vous commencez et mieux c’est :).

Le fait de participer aux tâches domestiques de la famille contribue à forger une mentalité où on remonte ses manches, une mentalité où les efforts faits vont améliorer l’ensemble, où on se demande comment aider, comment anticiper les besoins des uns et des autres.

taches ménagères enfant

Le fait d’engager les enfants dans des tâches assimilées à des « corvées » (ménage, rangement, repas…) développe leur sens de la responsabilité et leur apprend à faire des choses même quand ils n’en ont pas envie.

Je peux vous livre deux anecdotes personnelles à ce sujet : concernant mon enfance et ma fille.

Pour ma part, mes parents étaient viticulteurs et je me souviens avoir toujours participé aux vendanges dans mon enfance et mon adolescence. Mes parents avaient bien compris que je n’aimais pas aller dans les vignes alors j’avais le « droit » de rester en cuisine… je me rappelle bien les soirées de septembre passées à laver à la main les 40 couverts des vendangeurs, avant de mettre la table du petit déjeuner du lendemain pour ces 40 mêmes personnes ! C’est d’ailleurs assez drôle parce que j’ai passé quelques jours chez mon père pendant les dernières vacances avec ma fille et il se trouve que mon frère et mon père devaient étiqueter des bouteilles et les mettre en cartons pour une grosse commande. Je disais à mon frère que cela me rappelait les mercredis et samedis après midis passés à mettre des bouteilles sur l’étiqueteuse pour aider nos parents et que ce n’était pas forcément de bons souvenirs… au même moment, ma fille courait de partout pour les aider, pour ranger les bouteilles, pour pousser les cartons sur la chaîne, pour ramasser des étiquettes ou des capsules tombées par terre 🙂 !


En ce qui concerne ma fille, je l’ai toujours invitée à m’aider mais sans jamais la forcer (il est vrai que nous ne sommes que toutes les deux et que la masse des tâches ménagères n’est pas insurmontable pour moi… si nous avions été une famille plus nombreuse, j’aurais peut-être cherché une solution pour mieux répartir les tâches, notamment via un temps d’échange en famille). Jusqu’à présent, elle m’aidait ponctuellement et faisait avec moi (pas en autonomie) en terminant rarement une tâche qu’elle avait commencée. Il y a 2/3 mois de cela, je me suis rendue compte qu’elle était plus entreprenante, qu’elle effectuait certaines tâches sans que j’ai besoin de le lui demander, qu’elle était plus encline à m’aider (par exemple à ramasser et plier le linge). Dernièrement, j’avais sorti des carottes pour faire une soupe et elle m’a dit : « Non maman, c’est moi qui les épluche ». Et effectivement, elle a épluché le kilo de carottes et les a coupées en rondelles pour les mettre dans la casserole. Elle sait également se servir du four : quand le timer sonne, elle prend les maniques et sort elle-même les plats chauds. Elle a eu 7 ans en décembre et je sens une vraie évolution dans son comportement.

Là encore, je crois que donner l’exemple avec entrain (par exemple, je chante régulièrement quand je cuisine ou fais le ménage… c’est la fameuse question de Thomas d’Ansembourg : « Notre façon d’être adulte fait-elle sens et donne-t-elle envie à nos jeunes ? »), faire confiance (dès le plus jeune âge) et inviter à la coopération (via des jeux, des messages Je…) plutôt que contraindre est efficace à long terme pour le développement du sens de la responsabilité individuelle des enfants.

>>>Pour aller plus loin : 

Comment doser notre aide pour aider utilement les enfants ?

6 astuces pour demander de l’aide aux enfants

 

Deuxième pilier : l’amour inconditionnel

Au lieu d’êtres obsédés par les notes et résultats quand notre descendance rentre de l’école et nous du travail, nous devons laisser les technologies, lâcher notre téléphone, les regarder dans les yeux et les laisser voir la joie qui illumine notre visage lorsque nous revoyons nos enfants après quelques heures. Puis nous devons leur demander comment était leur journée, ce qu’ils ont aimé de leur journée. – Julie Lythcott-Haims

Les enfants ne peuvent pas aimer les autres s’ils ne s’aiment pas et ils ne s’aimeront pas si nous ne leur offrons pas un amour inconditionnel.

Contrairement à ce que nous font croire les classements des grandes écoles, aller dans l’une d’elles n’est pas un pré-requis pour être heureux et réussir sa vie.

Les enfants ne sont pas des bonsaïs. Ce sont des fleurs sauvages d’un genre et d’une espère inconnus !– Julie Lythcott-Haims

>>>Pour donner de l’amour inconditionnel: 13 principes directeurs de l’amour inconditionnel (par Alfie Kohn)

principes directeurs parentalité inconditionnelle

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