7 choses à savoir sur la parentalité positive

7 choses à savoir sur la parentalité positive

Il est possible d’éduquer autrement, en modifiant d’abord sa vision personnelle, puis ses actes, afin qu’ils soient en cohérence avec cette vision. – Karine Le Goaziou

 

1. La théorie de l’attachement

John Bowlby, psychanalyste et spécialiste des relations parents/ enfants, définit l’attachement comme un besoin vital. Il a été montré scientifiquement que les bébés peuvent dépérir s’ils ne bénéficient ni d’attention ni de contact au même titre que de nourriture et de soins corporels.

citation attachement enfant

>>> Pour aller plus loin : Comprendre la théorie de l’attachement

 

2. Les travaux de la psychanalyste Alice Miller sur la violence éducative ordinaire

Alice Miller utilise les termes de « pédagogie noire » pour désigner l’éducation qui a pour but de briser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant (« il faut bien les mater », « il faut bien leur montrer qui est le chef »).  Elle la dénonce en tant que racine de la violence sociétale et terreau fertile aux idéologies les plus criminelles, dont le nazisme dans les années 1930/1940.

La pédagogie noire repose sur la répression et la négation des sentiments quels qu’ils soient.

>>> Pour aller plus loin : 8 principes de la pédagogie noire (+ ressources pour sortir du cercle de la violence éducative)

 

3. La réflexion en termes de besoins

Considérer que les besoins de chaque individu (enfants y compris) ont tous la même valeur aide à se libérer des exigences à l’égard d’autrui et à se relier à ce qui est vivant en lui.

  • Qu’est-ce qui l’anime ? Qu’est-ce qu’il ressent ? Quels sont ses besoins non satisfaits ? Quels besoins les enfants essaient-ils de nourrir quand ils nous disent non ? (un enfant de 2 ans qui ne veut pas ranger sa chambre, une adolescente de 15 ans qui veut absolument des vêtements de marque, un garçon de 7 ans qui refuse d’aller au lit à 21h…)
  • Quels besoins est-ce que j’essaie de nourrir par mes propres actions ?

Cette capacité à considérer les besoins de l’autre (enfants y compris) comme aussi importants que les nôtres nécessite de faire preuve d’empathie :

  • se déplacer et décoller les étiquettes pour rejoindre l’être humain et ce qui vit en lui
  • s’installer dans une relation d’égal à égal
  • accepter la rencontre de la vulnérabilité de l’autre

Pour autant, mes besoins comptent et l’équilibre consiste à trouver une manière de satisfaire les besoins des uns et des autres.

  • Comment trouver une solution qui satisfasse ses besoins aussi bien que les miens ?

>>> Pour aller plus loin : CNV : introduction à la Communication Non Violente

4. Le refus de la violence physique et psychologique

La violence éducative ordinaire (VEO) recouvre diverses formes de pression des adultes sur les enfants (physiques et/ou psychologiques) pour conditionner le comportement de l’enfant car ce dernier est considérer comme à corriger (à tel point que le verbe corriger prend deux sens : rectifier et infliger un châtiment).

Sous la violence, l’enfant ne comprend pas ce qui lui arrive et son cerveau se dissocie. Il est littéralement sidéré par la violence de ceux qui sont supposés lui apporter amour et protection.

Les personnes qui défendent (et vont jusqu’à promouvoir) les châtiments corporels se justifient souvent pas le fait qu’ils n’en sont pas morts. Cela dévoile donc que c’était bien la peur de mourir qui traversait les enfants d’alors (du fait de la rupture du lien d’attachement avec leurs parents).

Brigitte Oriol, psychothérapeute, cite cinq conséquences de la violence éducative ordinaire (VEO) :

  • Dysfonctionnement du système émotionnel
  • Apprentissage de la violence comme un modèle de relation sain
  • Répercussions dans la vie adulte
  • Perte des repères innés nécessaires à une vie équilibré
  • Une société empreinte de violence et amputée de liens empathiques

Catherine Gueguen, pédiatre, mentionne quant à elle de nombreuses études dans son livre Pour une enfance heureuse qui démontre les méfaits de la VEO sur le développement des capacités cognitives des enfants.

>>> Pour aller plus loin :Existe-t-il de bonnes fessées ? Exposé sur les conséquences de la violence éducative et ressources pour en sortir

 

5. La communication respectueuse et positive

Les piliers d’une communication respectueuse et positive entre parents et enfants sont les suivantes :


  1. l’écoute active

Il vaut mieux accepter les sentiments de vos enfants tels qu’ils sont, plutôt que de prendre l’approche directive qui consiste à tenter de se débarrasser du pleurnichage et des cris en essayant de rassurer ou de menacer l’enfant. Les enfants veulent que vous sachiez qu’ils éprouvent des sentiments pénibles et que vous vous rendiez compte de leur importance. – T. Gordon

2. les messages-je

Les « messages-je » s’opposent aux « messages-tu » qui sont orientés vers ce que l’autre fait de mal (« tu ne devrais pas faire ça », « tu es insupportable », « tu ne respectes rien »).

3. la solution gagnant-gagnant

La solution gagnant gagnant est une méthode sans perdant. Les conflits sont résolus sans que personne ne perde : la solution trouvée doit être acceptable pour les adultes et les enfants. C’est dans l’interaction et l’expression des besoins de chacun qu’une solution acceptable par tous émergera.

>>> Pour aller plus loin : 3 règles d’or d’une communication efficace entre parents et enfants

 

6. Une autorité horizontale, mettant l’accent sur la coopération plutôt que sur l’obéissance

Jesper Juul propose une nouvelle approche de la parentalité et de l’éducation et nous invite à nous poser les questions suivantes :

  • que voulons-nous vraiment pour nos enfants ?
  • pourquoi nos attitudes et nos comportements semblent parfois aller à l’encontre de ce que nous voulons vraiment pour eux ?
  • comment exercer une autorité personnelle pour des enfants sains, forts et en bonne santé ?

Dans l’éducation « traditionnelle », les enfants sont contre la coopération, ils sont asociaux et égocentriques. Ils sont mauvais par nature. Par conséquence, ils ont besoin d’être éduqués, (re)dressés.

Dans l’approche d’une éducation différente, les enfants sont bons par nature, ils sont compétents et ont la volonté de coopérer. Par conséquence, ils ont besoin d’être accompagnés avec empathie.

Jesper Juul propose 5 valeurs pour une nouvelle autorité horizontale :

  1. L’authenticité (une autorité basée sur qui nous sommes et pas sur les rôles que nous croyons devoir jouer)
  2. L’équidignité (tenir compte à la fois des besoins des enfants et de ceux des adultes sans porter atteinte à l’intégrité physique et psychologique des enfants pour affirmer nos propres limites tout en entendant et prenant au sérieux les besoins et les sentiments de l’enfant)
  3. La responsabilité personnelle (porter la responsabilité de la qualité de l’interaction familiale au lieu d’en rejeter la faute sur les enfants ou de se la rejeter d’un parent à l’autre)
  4. L’empathie (écouter et accueillir les émotions des enfants sans chercher à les calmer, les minimiser, les faire taire, les nier ou encore les moquer)
  5. La volonté d’apprendre et de grandir en même temps que les enfants (accepter de tromper, de s’excuser et de réfléchir à des alternatives pour les prochaines situations semblables)

 

7. Le jeu comme moyen d’épanouissement

La parentalité ludique telle que prônée par Lawrence Cohen propose un regard neuf sur la discipline. La discipline telle que le conçoit la parentalité ludique est une occasion de renforcer les liens entre parents et enfants par le jeu, l’humour, l’empathie et l’intimité partagée.

citation parentalité ludique

>>> Pour aller plus loin : 9 pistes positives pour repenser la discipline avec la parentalité ludique

 

Chaque parent qui crée un foyer fondé sur le respect mutuel et la coopération nous rapproche tous d’un monde pacifique et durable. – Sura Hart et Victoria Kindle Hudson

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