Un jeu pour dépasser les scénarios d’anxiété des enfants (contredire la petite voix intérieure négative)

Un jeu pour dépasser les scénarios d’anxiété des enfants (contredire la petite voix intérieure négative)

Un jeu pour dépasser les scénarios d'anxiété des enfants

Le fait d’avoir une réaction émotionnelle est normal face à une remarque, un reproche ou une critique. L’émotion se manifeste d’abord dans le corps à travers des sensations physiques qui sont accompagnées de tendances à l’action, elles-mêmes alimentées par des pensées. Ce sont justement ces pensées, ces histoires que nous raconte notre petite voix intérieure, qui nous fait souffrir. Cela est valable pour les adultes mais également pour les enfants.

Quand les réactions corporelles de défense ont joué leur rôle (à savoir satisfaire le besoin de sécurité et d’intégrité à travers une mobilisation à l’action comme crier, pleurer, fuir…), alors le corps est soulagé. L’émotion en tant que telle est passée car elle a rempli son objectif (attirer l’attention sur un événement potentiellement dangereux pour la survie et mobiliser des réactions défensives pour y survivre). C’est alors que la petite voix intérieure prend le relais du corps qui a été activé pour retrouver un équilibre émotionnel. En effet, l’incident à l’origine de l’émotion a réveillé les besoins existentiels de sécurité, d’identité et de réalisation de soi.

La petite voix intervient pou justifier les histoires qu’on s’est déjà raconté en lien avec des ressentis similaires du passé (« personne ne veut de moi », « je suis nul.le », « il/elle veut toujours m’embêter », « ils/elles vont se moquer de moi », « je suis timide », « je suis sûr.e qu’il/elle ne m’aime pas »….). Ces messages intérieurs font durer la réaction émotionnelle dans le temps alors que, normalement, une émotion passe en quelques minutes.

Avec ces histoires inventées de toutes pièces par notre mental, nous nous créons nous-mêmes un stress (enfants comme adultes). A ce moment-là, pouvoir faire une pause est utile. Cette pause (sous forme d’une respiration profonde, de quelques pas ou sauts sur place, d’un verre d’eau ou encore de mouvements d’étirement) permet de prendre conscience de ceci : « Ce n’est qu’une réaction émotionnelle avec l’histoire que je me raconte et non plus avec la réalité de la situation. »

Dans son livre Les principes toltèques appliqués aux enfants, Florence Millot propose un petit jeu réalisable avec les enfants pour les aider à sortir de leurs suppositions, des histoires qu’ils s’inventent et qui viennent alimenter leur anxiété et leurs tendances à la violence.

Il y a deux étapes :

Etape 1 : Trouver plusieurs autres histoires

Il est important de faire comprendre aux enfants que ce qui se passe dans leur tête ne sont que des histoires… et qu’il est donc possible d’en avoir plusieurs versions. Ce qui fait souffrir, c’est de croire que ce que l’on pense est vrai comme s’il n’y avait qu’une seule possibilité, qu’une réalité.

Pour apaiser la réaction émotionnelle, il est possible d’apprendre aux enfants à se raconter au moins quatre histoires différentes, avec un recours à l’humour, à l’imaginaire pour encore plus d’efficacité :

  • une histoire « normale », plausible,
  • une histoire drôle,
  • une histoire farfelue ou impossible,
  • une histoire qui fait du bien.

Généralement, les enfants s’accrochent à la pire histoire, celle qui réveille une grande peur humaine : celle de ne pas être aimé.e. C’est précisément cette interprétation qui les fait souffrir.

Le seul fait de penser à quelque chose de négatif va provoquer des contractions dans le corps, des mécanismes de défense, d’attaque, de repli sur soi ou de fuite. Le cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel (perçu par les 5 sens) et un danger imaginaire (issu des représentations mentales).

Florence Millot écrit que s’amuser à distordre ce que l’on perçoit du réel avec deux, trois ou quatre interprétations permet de « tromper » nos émotions en passant de l’inquiétude au rire, à l’improbable ou au ridicule. Il faut bien comprendre que ce sont les représentations (le discours de la petite voix intérieure) qui influencent les émotions et les réactions.


Cette première étape consiste donc, une fois que l’émotion a été identifiée et nommée, d’aller jusqu’au bout de celle-ci en l’amplifiant, en la ridiculisant, en la diminuant. Les enfants pourront alors retrouver de la liberté parce qu’ils se rendront compte qu’ils peuvent choisir une autre voie que celle des pensées et ressentis douloureux. Ils ne sont plus bloqués sur une seule supposition qui tourne en boucle et qui s’auto alimente en ruminations mentales. Quand la petite voix dans la tête est modifiée, la réaction émotionnelle disparaît et le corps s’apaise.

Etape 2 : Demander à la personne concernée son point de vue

Poser des questions à l’autre sur son comportement à l’origine de la réaction émotionnelle permet non seulement de créer du lien au service de la relation mais également de connaître la vérité (qu’elle soit agréable ou non), empêchant ainsi la petite voix de s’emballer.

Le fait de poser des questions à la personne concernée est plus facile à dire qu’à faire, à la fois sur la forme et sur le fond :

  • sur la forme : on pourra inviter les enfants à imaginer un scénario qu’ils joueront plusieurs fois avant de passer à l’acte afin qu’ils évitent de bafouiller, de se laisser impressionner ou de même d’esquiver la confrontation (le plus efficace étant de compter sur la technique des petits pas – décomposer une grande action qui semble insurmontable en plusieurs petites actions envisageables et effectuer ces petites actions les unes après les autres – et sur l’anticipation des obstacles)

 

  • sur le fond : on pourra guider les enfants dans la formulation de leur demande
    • d’abord, trouver un moment propice et d’adresser à l’autre pour lui dire qu’ils ont une question à lui poser
    • ensuite, parler de ce qui a été perçu par les 5 sens (observations), de ce qui a été ressenti (émotions) et formuler une demande :
      • Observation : Quand tu as fait ceci/ dit cela…
      • Emotion : je me suis senti.e ….
      • Demande : Est-ce que tu serais d’accord pour me dire pourquoi tu as fait ceci/ dit cela…. ?

Si la vérité n’est pas agréable (par exemple, qu’elle confirme le scénario catastrophe), alors des compétences émotionnelles et relationnelles peuvent être utiles pour que les enfants se laissent traverser par l’émotion douloureuse sans s’effondrer et qu’ils sachent rebondir.

Des pistes ici pour les enfants :

5 étapes pour aller avec les émotions (plutôt que contre elles)

8 fiches de gestion émotionnelle pour les enfants à télécharger (colère, tristesse, peur, honte, stress, jalousie, timidité, découragement)

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Source : Les principes toltèques appliqués aux enfants de Florence Millot (éditions Hachette). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

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