Les enfants sont covictimes de contrôle coercitif.

La vie entière des enfants est impactée quand un parent (le plus souvent, l’agresseur est le père) fait preuve de contrôle coercitif sur l’autre parent (le plus souvent, la mère). La mère est victime de violence et empêchée d’établir un lien émotionnel fort, sain et pérenne avec son ou ses enfants. L’enfant est covictime car, non seulement, les enfants voient leur mère contrôlée, contrainte ou violentée, empêchée de s’occuper d’eux et de les protéger, mais la majorité des enfants est également victime de violence psychologique et physique (et parfois sexuelle).

Dans son livre Le contrôle coercitif, Andreea Gruev-Vintila parle de « captivité invisible » pour désigner ce que les femmes et les enfants vivent dans la famille. Ainsi, le contrôle coercitif balise leurs vies d’un stress chronique et de conduites à comprendre dans le contexte d’une « vie en prison ».

Des comportements contrôlants qui passent inaperçus

La majorité des comportements de contrôle coercitif exercés par le père passent inaperçus pour les proches autant que pour les professionnels (médecins, enseignants, avocats, juges, policiers…) Les comportements de contrôle et de coercition sont des choix parentaux délibérés de la part de l’agresseur. Ils peuvent prendre plusieurs formes : 

  • Violence
    • physique : l’agresseur pousse, frappe, étrangle, casse ou jette les affaires, maltraite l’animal de compagnie…
    • psychologique : menace de suicide, menace de tuer l’animal de compagnie, menace de séparer l’enfant de sa mère définitivement, accusation de mentir, culpabilisation…
    • sexuelle : exhibition de la nudité, commentaires inappropriés à caractère sexuel, interdiction de fermer la salle de bain…
    • judiciaire : fausses accusations, non respect du jugement de garde établi…
  • Surveillance et microrégulation du quotidien de la mère et des enfants,
    • contrôle du téléphone (lecture des messages, géolocalisation, appels intempestifs en cas de séparation…)
    • isolement (privation de contact avec les grands-parents, les amis)
    • critiques des personnes proches
    • dissimulation d’informations utiles ou de documents concernant l’enfant (traitement médical, passeport…)
  • Sabotage de la relation mère/ enfant
    • mère critiquée devant les enfants et compétences parentales rabaissées,
    • mère empêchée d’allaiter, de le consoler, de l’aider à faire ses devoirs…
  • Comportements empêchés chez la mère
    • jouer librement avec les enfants,
    • les emmener au parc,
    • voir sa famille ou leurs amis,
    • les soigner de manière adaptée même après divorce
  • Négligences éducatives
    • traitements médicaux non prodigués, allergies non prises en compte,
    • soins empêchés (par exemple, refus de payer pour des soins psychologiques post séparation),
    • imprévisibilité (ne prend pas les enfants en weekend sans prévenir, les prend plus tard que prévu, les ramène plus tôt que prévu…),
    • promesses jamais tenues…
  • Performer le bon parent en public
    • récompenses conditionnelles et démonstratives,
    • école,
    • lieux de soins…
  • Instrumentalisation des enfants
    • surveiller la mère,
    • inciter l’enfant à dévaloriser sa propre mère…

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Une question peut aider les proches et les professionnels à mettre au jour le contrôle coercitif dans la vie des enfants et des mères : « Y a-t-il des choses que tu sentais que tu devais faire ou des choses que tu sentais que tu ne pouvais pas faire à cause de la réaction de (insérer le nom) ? C’est une question magique pour les enfants qui vivent le contrôle coercitif au quotidien. » 

Le principe de coparentalité en faveur des pères est meurtrier pour les enfants et leurs mères en cas de contrôle coercitif

Andreea Gruev-Vintila estime que le principe de coparentalité est meurtrier. En effet, le maintien par défaut de l’autorité parentale du parent violent a des conséquences graves pour les enfants, parfois mortelles (risque de féminicide et d’infanticide). Le juge aux affaires familiales cherche la plupart du temps à savoir si un homme est un « père suffisamment bon » pour exercer ses droits, demandant aux mères de surmonter « leurs peurs […] plutôt que de mettre en cause la violence des hommes ».

Pourtant, l’intérêt supérieur de l’enfant doit l’emporter sur l’intérêt de son père violent à maintenir des contacts avec lui. Les droits parentaux réclamés par les pères contrôlants coercitifs priment sur les besoins de sécurité, de stabilité et de soins spécialisés des enfants. Par ailleurs, il demeure impossible de soigner les psychotraumatismes enfants tant qu’ils sont exposés à leur parent violent. Enfin, les mères qui tentent de protéger leurs enfants des violences lors des droits de visite des pères violents sont traitées de parents “non coopératifs” et de “mères inaptes”  par la justice, pouvant mener à la perte de l’autorité parentale.

Toute décision qui ne prend pas en compte le contrôle coercitif du père sur les membres de la famille et qui estime que la mère est surprotectrice est guidée par la misogynie et l’adultisme.

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Source : Le contrôle coercitif : au coeur de la violence conjugale d’Andreea Gruev-Vintila (éditions Dunod). Disponible en médiathèque, en librairie ou en ecommerce.

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