L’auto empathie : descendre en soi avant de pouvoir s’élever

L’auto empathie, c’est l’écoute et l’accueil de ce qui se passe en soi; c’est un temps que l’on prend pour prêter attention à son propre vécu, particulièrement dans des contextes difficiles.

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L’auto empathie : la définir 

Deux questions clés peuvent aider dans ce processus d’auto empathie :

  • Comment est-ce que je me sens (mes sensations, mes émotions, l’intensité de mes émotions) ?
  • A quoi est-ce que j’aspire (mes besoins, mes valeurs) ?

Quand on veut faire preuve d’empathie envers soi-même, il s’agit de rester en relation avec ces deux questions jusqu’à ce qu’une clarté se fasse en soi et/ou jusqu’à ce qu’on ressente un soulagement physiologique à l’inconfort du moment (comme un mouvement physique qui passe de la contraction à l’expansion, cela peut être un soupir, un mouvement de tête, une décontraction…).

L’auto empathie passe par le fait de se dire OUI : “Oui, c’est vrai, je suis en colère”, “Oui, c’est vrai, je ressens une profonde tristesse”, “Oui, c’est vrai, j’aurais eu besoin de compréhension”, “Oui, c’est vrai, c’est important pour moi de protéger la nature”…

On peut qualifier l’auto empathie de “sain égoïsme” car l’attention qu’on décide de se porter à soi-même a un pouvoir apaisant, ressourçant, recentrant, clarifiant… et ouvre vers l’accueil des autres. En ce sens, on peut dire que prendre le temps de s’écouter soi-même pour faire la paix intérieure vient féconder la paix extérieure.

Quand je comprends mon coeur, je comprends tous les coeurs. – Anne van Stappen

Cette écoute de soi est bénéfique dans une relation conflictuelle parce qu’elle permet de se retrouver, de se connecter à ce qui donne de l’élan, d’agir à partir des besoins identifiés et clarifiés plutôt que de jugements et critiques sur l’autre. Les jugements en soi ne sont pas mauvais, dans le sens où ils indiquent que des actes vont à l’encontre de ce qui est important pour nous. Toutefois, dans une situation de communication interpersonnelle, adresser un jugement à l’interlocuteur n’aide jamais à cheminer vers une solution et une relation apaisée.

Se tourner vers l’intérieur de soi-même et accueillir ce qui s’y passe est le moyen le plus immédiat et le plus puissant pour nous aider à traverser les tempêtes et les écueils de nos relations et pour trouver de la clarté quant à nos besoins, valeurs et objectifs. – Anne Van Stappen

3 clés pour apprendre à faire preuve d’auto empathie avec la Communication Nonviolente

1.Dire oui à ce qui est

Faire preuve d’auto empathie commence par le fait d’accueillir ce qui se passe en soi, sans critique ni jugement, et en se donnant le droit de ressentir ce qui est ressenti. L’auto empathie passe par le mot “oui”, se dire oui à soi-même en entier (les sensations internes, les émotions même désagréables, les pensées mêmes honteuses, les besoins personnels, les valeurs importantes…)

2.Prendre le temps d’être juste à l’écoute de ce qui se passe en soi

Dans une situation difficile, il s’agit de s’arrêter pour écouter toutes les facettes des :

  • sensations : comment ça fait dans le corps ? où est-ce que cela se passe ? y-a-t-il des contractions à l’intérieur ? où précisément ? comment pourrait-on les décrire (avec des images, des mots, des couleurs…) ?
  • émotions : qu’est-ce qui est ressenti ? quelle est l’intensité des émotions ? quelles sont les pensées qui accompagnent les émotions ?
  • besoins : quels sont les besoins en jeu et qui sont insatisfaits ?

Prendre le temps d’écouter les signaux du corps permet de les décoder et d’en comprendre les messages. Il y a un lien entre sensations et émotions (les sensations alertent sur la présence et la nature des émotions) et entre émotions et besoins (identifier et nommer les émotions donnent des indications sur les besoins insatisfaits qui en sont à l’origine).

Le simple fait de transformer les pensées négatives en ressentis et besoins change l’énergie. Par exemple, se dire “Je n’ai aucune volonté !” est décourageant. Il est possible de transformer ce jugement en aspiration : “Je suis inquiet car j’ai besoin de croire en moi et en ma capacité à garder le cap sur mon objectif”.

3.Transformer les peurs en besoins et en désirs

Dans la vie quotidienne, il est possible de s’exercer à transformer les peurs en désirs :
  • J’ai peur de rater -> J’ai le désir de bien faire.
  • J’ai peur de mourir.-> J’ai le désir de vivre chaque instant de ma vie de la façon la plus intense, la plus vivante, la plus joyeuse possible.
  • J’ai peur de dire ce que je pense -> J’ai le désir d’être authentique, d’être compris.e et accepté.e.
  • J’ai peur d’être rejeté.e -> J’ai le désir d’être en lien.
  • J’ai peur des conflits -> J’ai le désir d’avoir des relations apaisées où être en relation prime sur le fait de savoir qui a raison.
  • J’ai peur de rater ma vie -> J’aspire à réussir ma vie !

A chacun et chacune de s’exercer à transformer ses expressions de peur en désirs afin de redonner leur juste place aux valeurs et aux besoins.

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Source : Sagesse et puissance de la Communication NonViolente : coffret de 56 cartes et un livret de Anne van Stappen (éditions Jouvence). Disponible en librairie, en centre culturel ou sur les sites de ecommerce.

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