Faut-il souffrir et payer pour apprendre à “bien” se comporter ?

Faut-il faire souffrir les enfants pour qu’ils comprennent les leçons ? Doivent-ils payer pour leurs comportements inappropriés ? Des pistes pour apprendre et développer l’auto discipline des enfants avec une approche bientraitante et efficace.

citation discipline positive

Des pistes pour enseigner des compétences émotionnelles et relationnelles sans faire souffrir l’enfant

On pourrait proposer plusieurs étapes pour utiliser l’erreur comme une opportunité d’apprentissage. On pourrait commencer par offrir de l’empathie pour la cause du comportement inapproprié. Poser des mots sur les émotions et les besoins de l’enfant afin de l’aider à exprimer sa souffrance. Par ailleurs, les enfants font au mieux dans les conditions dans lesquelles ils se trouvent et avec les compétences dont ils disposent. Punir un comportement qui ne prend pas en compte le contexte et qui n’enseigne pas de compétence. Nous pouvons plutôt chercher ce qui empêche l’enfant de coopérer ou de s’exprimer.

citation éducation

Parfois, un temps de pause est nécessaire pour privilégier la relation et éviter l’escalade d’hostilité. On peut proposer à l’enfant d’aller dans un espace de retour au calme qu’on aura aménagé pour lui (par exemple, une cabane dans sa chambre avec des cousins, des matières douces, des livres, des plumes ou moulins sur lesquels souffler, des crayons et du papier). 

Il se peut que ce soit nous qui ayons besoin de nous calmer : prendre un temps de respiration, s’isoler aux toilettes, boire un verre d’eau…

Une fois la souffrance qui a mené au comportement inapproprié exprimée et le calme revenu, la résolution de problèmes peut commencer. Les questions ouvertes balaient la description des faits, les comportements, les pensées et les sentiments des différents protagonistes, font prendre conscience de ce que chacun a pu ressentir, puis ouvrent sur des solutions possibles.

  • Que penses-tu de ton geste ? de ton attitude ?
  • Qu’est-ce que tu essayais de faire ?
  • Qu’est-ce que tu t’es dit ?
  • Comment penses-tu que l’autre se sent ?
  • Si toi même tu avais subi ça, qu’aimerais-tu qu’on te fasse ?
  • Comment est-ce que tu peux réparer ?
  • De quoi aurais-tu besoin ?
  • Que pourrais-tu faire ?

Des alternatives aux punitions (sans souffrir pour apprendre)

Rechercher des solutions : l’enfant lui même ou l’enfant et le(s) parent(s) listent des solutions potentielles au problème. Cela peut se faire sous forme de brainstorming où chaque idée est accueillie puis évaluée en fonction des besoins de chacun. Les différentes options sont étudiées et seule(s) est(sont) retenue(s) la(les) idée(s) qui convienne(nt) à chacun.

Trouver une réparation

Prendre ses responsabilités et assumer les conséquences dans le cas d’une infraction à une règle/loi/contrat

Un des éléments clés de l’éducation est de faire passer aux enfants l’idée que reconnaître sa responsabilité (dans un dommage matériel ou une blessure causée à autrui, dans une insulte ou un accident) et manifester de la compassion est preuve d’intelligence et de grandeur d’âme, pas de faiblesse et encore moins d’humiliation.

Formuler les apprentissages retirés  :

  • Qu’as-tu appris de cette expérience ?
  • Qu’est-ce qui a changé en toi ?

Le coin (ou isolement) : une alternative éducative à la punition qui cherche à faire souffrir pour apprendre ?

Le coin est une forme de violence et n’est ni utile ni efficace. Faber et Mazlish, spécialistes des relations parents/ enfants, écrivent qu‘un enfant qui se comporte mal n’a pas besoin d’être séparé des membres de sa famille. Il a besoin d’être arrêté et qu’on lui indique une autre direction : Je ne te laisserai jamais frapper/ insulter/ casser/ faire de mal. Tu peux dire les choses avec des mots, dis comment tu te sens et de quoi tu as besoin.

Un enfant qui se comporte mal a plus besoin d’une mise en contact avec un adulte qui se soucie de lui, qui fait preuve d’empathie, qui peut l’aider à reconnaître ses émotions et qui va l’aider à trouver des meilleurs solutions de les exprimer.

Par exemple, on pourrait dire à un enfant qui tape son frère ou sa sœur : “Ce n’est pas facile d’avoir un petit frère/ une petite sœur qui te pousse et t’embête. Aujourd’hui, tu es tellement en colère que tu l’as tapé(e). Je ne permettrai jamais à un de mes enfants d’en taper un autre. Par contre, je peux t’aider à faire une liste de choses que tu pourrais faire à la place si il/elle t’embête encore.”

Cette liste pourrait être faite conjointement avec les idées de l’enfant et du parent (comme par exemple, repousser la main doucement, donner une feuille de papier et du crayon pour que l’autre enfant dessine, lui donner quelque chose pour jouer, jouer la porte fermée pour être tranquille, demander de l’aide à un adulte).

Ainsi, les enfants ne se perçoivent pas (et ne sont pas perçus) comme des personnes méchantes qu’il faut éviter mais plutôt comme des personnes responsables, qui connaissent plusieurs façons de s’occuper de leur propre colère.

faut-il-souffrir-pour-apprendre

Connaître les principaux facteurs de stress pour réagir avec compréhension

Qu’est-ce que je vise en tant que parent ? Me décharger de mes tensions, contrebalancer mon sentiment d’impuissance ? Protéger un cadet, assurer la sécurité physique de mon enfant, le rassurer, lui enseigner une compétence ou une valeur, pallier son immaturité cérébrale, l’aider à développer son cerveau préfrontal, restaurer le lien et la confiance mutuelle… ?

Connaître les principaux facteurs de stress permet de réagir aux comportements inappropriés de manière aidante en raisonnant en terme de besoins non satisfaits et d’attachement. Voici quelques raisons qui peuvent expliquer les comportements inappropriés des enfants :

  • Un danger ou l’insécurité (pour un enfant, la distance psychique ou physique avec la personne qui prend soin de lui)
  • Une panique d’attachement liée à une anxiété de séparation
  • La non satisfaction de besoins physiologiques vitaux (soif, faim, sommeil, mouvement…)
  • La non satisfaction de besoins affectifs vitaux (confiance, appréciation, acceptation, appartenance, souveraineté, un manque de prise de risque et d’initiative…)
  • Le décès d’un proche, d’un animal de compagnie
  • Des relations conflictuelles avec l’entourage, des conflits de possession ou de territoire
  • Le découragement
  • Les émotions refoulées (peur, colère, tristesse…)
  • Les stimulations sensorielles excessives ou désagréables (bruits, lumières, odeurs…)
  • Des demandes inadaptées aux compétences des enfants (trop difficiles, qui le contraignent trop et qui génèrent de la contre volonté par exemple)

Un enfant apprend mieux quand il se sent mieux (quand le lien et la confiance sont maintenus). Un enfant apprend par le sens de la responsabilité personnelle, par la confiance qu’on place en sa capacité à réparer et par la compréhension intrinsèque des règles dans son propre intérêt (sécurité…) et dans l’intérêt de la vie collective. Enregistrer

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