Les ravages du “séparatisme” dans le cadre de la famille nucléaire

Les ravages du "séparatisme" dans le cadre de la famille nucléaire.

La famille nucléaire rime avec isolement

Valérie Vayer est psychothérapeute et autrice du livre À moi ! Lorsque l’ego paraît : pour une égologie pratique. Dans cet ouvrage, elle dénonce les ravages du “séparatisme” dans le cadre de la famille nucléaire.

Des enfants perpétuellement affamés de liens, les pleurs, les disputes, la démission des parents, le durcissement des géniteurs, la mise à distance des enfants avec menaces et coups pour ramener le silence et tenir les “horaires”, c’est ça, l’enfer nucléaire. – Valérie Vayer

Valérie Vayer regrette que les parents soient très isolés, en particulier les mères, dans nos sociétés occidentales et que tout pousse les parents à se séparer de leurs enfants très tôt (congé maternité court et congé paternité encore plus court, valorisation du monde professionnel au détriment de ma famille, instruction obligatoire dès 3 ans, …). Elle écrit notamment que, comme si ce n’était pas déjà assez difficile de n’être que deux parents isolés du reste du “village”, le modèle de la famille nucléaire dans un contexte capitaliste finit par transformer les parents en “concurrents” pour la satisfaction de leurs besoins (plutôt qu’en partenaires de vie).

Les discours séparatistes nous privent de notre véritable nature humaine

Valérie Vayer dénonce les discours séparatistes qui prétendent que nous rendons service aux enfants en les obligeant à se passer de leurs parents (via la crèche ou l’école) en arguant que les enfants auraient un besoin impérieux de socialisation imposée. Or les enfants ont avant tout besoin de passer du temps auprès de leurs parents, en particulier leurs mères. Quand les enfants sont séparés tôt, souvent et longtemps de leur mère, ils apprennent à se débrouiller tout seuls dans un abandon contre-nature. A l’âge adulte, nous en venons à croire individuellement et collectivement que cet isolement et cette souffrance, ce sentiment de vide sont normaux.

Valérie Vayer affirme que nous restons ignorants de ce dont nous avons besoin, tout en exigeant des autres de pallier ces manques vagues, ces insatisfactions perpétuelles. Les autres peuvent être un.e conjoint.e, un patron, un.e enseignant.e ou le gouvernement… tout le monde sauf les parents que nous avons du mal à remettre en question.

La conséquence du séparatisme en lien avec la famille nucléaire est que la plupart des adultes, et donc des parents, sont des “nourrissants souffrants” qui ont du mal à offrir ce qu’ils n’ont pas reçu, à savoir un amour conditionnel qui passe par de la proximité physique et émotionnelle, par de la disponibilité consciente, par la capacité à vivre au rythme d’un bébé sans impatience ou irritation.

Nous sommes si insuffisants pour nous-mêmes qu’être disponible pour un autre est insurmontable, surtout dans la durée. Ou alors on s’y oblige, on se sacrifie – encore – et on le fait payer bien trop cher. Mais si quelqu’un nous propose de l’aide, de l’affection, nous manifeste de la reconnaissance, des encouragements ou – pire ! – de l’Amour, la plupart d’entre nous sommes incapables de le recevoir; beaucoup se sentent gênés, mal à l’aise, ou même humiliés d’être alors considérés comme faibles ou, pire, chochottes ! Ils mettent un point d’honneur à illustrer la devise de tout bon séparatiste : besoin de personne ! – Valérie Vayer

Quand le séparatisme mène les mères au bord de la folie…

Pour une meilleure compréhension des besoins des parents ET des enfants

Ainsi, Valérie Vayer s’insurge contre le fait que la plupart des parents vivent comme un fardeau, plutôt que comme une chance, le fait d’être un soutien total et entièrement dévoué pour un bébé dépendant. Elle nous invite à nous interroger : quelle mère en est capable pour son enfant ? quelle famille peut vivre ainsi dans le don, si tout le reste de la société est basée sur l’exploitation, la domination, la course à la productivité des faibles au profit des forts ?

Valérie Vayer soutient avec force que les mères ont besoin de materner entourées de personnes sincères, disponibles et conscientes de leurs propres besoins et des besoins de proximité des enfants.

Être mère de plusieurs enfants sans aucune autre présence humaine, adulte, porteuse au quotidien, revient à se faire déchiqueter à la fois par leurs besoins qui deviennent contradictoires en milieu nucléaire, et par l’incapacité d’y répondre. Sentir nos enfants malheureux sans aucun moyen d’être suffisamment là pour chacun, cela rend fou. – Valérie Vayer

Valérie Vayer témoigne avoir eu des envies de meurtre et de suicide aussi longtemps qu’elle a cru aux mensonges séparatistes. J’ai pu complètement me relier à ces envies en repensant aux premières années de ma fille (en particulier quand je me suis retrouvée maman solo à ses 2,5 ans). Ce sont précisément mes lectures autour de l’éducation bienveillante qui m’ont peu à peu éveillé aux besoins affectifs et relationnels des humains (les miens et ceux de ma fille en particulier).

Le séparatisme entretient les problèmes sociaux (violence, déficit d’altruisme, amour conditionnel)

Valérie Vayer dénonce les incitations séparatistes faites aux mères pour retrouver un semblant de santé mentale, à savoir le retour à la vie professionnelle. Elle écrit : “Je comprends que les féministes luttent contre cet enfer typiquement féminin des femmes isolées chez elles en devenant mères. Mais il est dommage que les solutions contribuent au problème : en éloignant les femmes des enfants, on détruit toujours plus nos liens.”. Les mères elles-mêmes voient dans le monde du travail un salut. Il est plus reposant de travailler que de supporter les pleurs d’un bébé, les sollicitations incessantes des aînés et les critiques ou pression sociales (sous-entendant que les mères restant à la maison se la coulent douce). De plus, les mères retrouvent une identité sociale au travail et des interlocuteurs adultes.

Les femmes ont le choix entre prétendre que “même pas mal” pour elle et leur bébé, comme le veut la propagande séparatiste, ou sentir qu’elles s’arrachent le coeur comme en témoignent celles qui sont les premières surprises par la violence de cette étape, appelée “séparation”. Ce qui se dit doctement là-dessus, dans un brouillard émotionnellement anesthésiant, fait partie des mensonges les plus énormes de la propagande séparatiste : le jour où les féministes se battront vraiment pour que mère et bébé aient le droit à une fusion digne de ce nom, notre monde changera. On ne “réussit” pas une séparation : une séparation en mode de garde séparatiste est un échec de l’humanité à assurer l’émergence de liens durables. – Valérie Vayer

A travers son livre,  Valérie Vayer nous invite donc à transmettre la fierté du bonheur, de la détente et de la paix en nous reconnectant à ce qu’est réellement l’Amour, dans l’abandon des mythes séparatistes qui détruisent les liens entre humains dès le plus jeune âge.

…………………………………………………..
Source : À moi ! Lorsque l’ego paraît : pour une égologie pratique de Valérie Vayer (éditions Le Hêtre Myriadis). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet (site de l’éditeur)

Commander À moi ! Lorsque l’ego paraît : pour une égologie pratique sur Amazon, sur Decitre, sur Cultura ou sur la Fnac