Dire “Tu es un menteur” est inutile et délétère pour les enfants

mon enfant est un menteur

Dans son ouvrage J’aide mon enfant à avoir confiance en lui , Edwige Antier rappelle pourquoi il est inutile et délétère de dire à un enfant qu’il est un menteur, qu’on a honte d’avoir un fils/une fille menteur·se ou encore qu’on ne doit jamais mentir. Elle propose plutôt de dire : “Je suis étonné·e que tu m’aies menti car je sais que tu n’est pas un·e menteur·se” ou bien “Tu as eu peur que cela se passe mal si tu me l’annonçais ? Je ne veux pas que tu aies peur de moi.”

Quand on raisonne en termes de besoins, d’émotions et de réservoir affectif, on comprend vite que les mensonges des enfants ont une “fonction positive” (dans le sens où ils servent un besoin de l’enfant) et nous pouvons nous mettre à la recherche de la motivation qui a poussé l’enfant à prendre le risque de mentir (parce que mentir est bel et bien un risque).

En général, les enfants mentent parce qu’ils ont peur de la réaction des adultes (humiliation, punition, violence physique, retrait de privilèges..), parce qu’ils craignent un discours moralisateur ou qu’ils ont “appris” à mentir en observant les adultes autour de lui (un adulte qui ment en prétendant qu’il a oublié de faire quelque chose alors qu’il n’en avait juste pas envie enseigne déjà le mensonge car les enfants sont de grands imitateurs).

Par ailleurs, l’âge est à prendre en compte : les jeunes enfants ne mentent pas dans le sens où nous l’entendons. Ils peuvent en effet ne pas dire la vérité mais c’est simplement parce qu’ils n’ont pas les mots pour la dire, parce que leur mémoire ne leur permet pas de se souvenir des événements ou encore parce qu’ils ont du mal à différencier le réel et l’imaginaire.

La peur et la honte appellent le mensonge, la confiance appelle la transparence.

Edwige Antier compare les comportements des enfants avec le saut d’obstacles des chevaux. Quand un cheval est présenté devant un obstacle trop élevé, il “dérobe”. Pourtant, aucun cavalier ne dit de son cheval qu’il est un “dérobeur” parce qu’il réfléchit aux besoins du cheval et à la façon d’aménager l’environnement. L’obstacle va être baissé pour entraîner le cheval à sauter de plus en plus haut progressivement, sans le forcer ni le stresser mais dans une perspective de progression et de relation empreinte de respect.

Ainsi, Edwige Antier nous invite à réfléchir à ce qui a mené l’enfant à avoir tellement peur ou honte qu’il a préféré pendre le risque de mentir que de dire la vérité (s’exposant en réalité à une double sanction potentielle, à la fois pour le mensonge et pour ce qui a été caché initialement).

Par exemple, si un enfant qui sent la confiance et l’amour inconditionnel de ses parents revient de l’école avec une note en dessous de la moyenne, il n’aura pas besoin de cacher cette note (à la fois pour se protéger des punitions et pour préserver son estime de soi).

Il pourra partager sa déception avec ses parents qui pourront alors lui accorder de l’empathie et raisonner en termes de solutions : “merci de te confier à moi/ ça a dû te rendre tellement triste/ c’est vrai que c’est décourageant/ tu aurais tellement aimé avoir au moins la moyenne/ ça arrive à tout le monde de connaître des échecs, on va comprendre ensemble ce qui s’est passé si tu veux bien mon aide”.

La conscience morale de l’enfant ne naît pas de grands discours, mais par l’exemple d’un respect réciproque. – Edwige Antier

 

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Source : J’aide mon enfant à avoir confiance en lui de Edwige Antier (éditions Robert Laffont). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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