La colère : prendre une pause pour ne pas la laisser parler à notre place (ni la laisser déborder en violence)

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L’importance d’une pause pour accueillir l’émotion de colère

Le risque de parler quand nous sommes sous l’emprise de la colère est de dire ou faire des choses excessives, inappropriées, injustifiées, voire blessantes (d’un point de vue affectif et parfois même physique).

La colère est une émotion saine qui éclaire sur un besoin mais elle n’est pas bonne conseillère en communication. Dans son livre Communiquer avec bienveillance en famille, Marianne Doubrère nous conseille alors de prendre un temps de pause quand nous sentons la moutarde nous monter au nez. Prenons le temps…de ne rien dire !

Durant cette pause et ce silence, il est possible de :

  • sentir ce qui se passe dans notre corps (nommer les sensations : je sens mes poings se serrer, je sens mes mâchoires se contracter, j’ai le souffle court, je sens mon coeur s’emballer…),
  • prendre le temps d’écouter notre petite voix intérieure qui alimente la colère au risque de la transformer en violence (j’ai envie de tout casser; j’en peux plus, c’est toujours le même cirque avec eux; mais ils peuvent pas juste écouter au lieu de râler tout le temps…),
  • si nécessaire, s’isoler un moment pour décharger la colère quand elle est trop forte jusqu’à sentir qu’elle est complètement déchargée (courir, sauter, crier, pleurer…),
  • une fois le calme revenu en nous, nous demander quelles pensées nous mettent dans cet état (je suis épuisé, je voudrais tellement qu’ils m’écoutent, je rêve d’une soirée où tout se passerait dans le calme, j’en ai marre de tout gérer toute seule…) et de les décoder en besoins ,
  • essayer d’identifier d’éventuelles émotions cachées par la colère (la colère étant souvent une deuxième émotion qui cache de la peur ou de la tristesse) ,
  • sentir la colère retomber en nous mettant à l’écoute du corps qui doit déjà être plus détendu,
  • dire l’émotion (à la hauteur de l’émotion ressentie : c’est OK d’être en colère, pas d’être violent ni physiquement ni verbalement).
  • éventuellement (et avec des enfants de 7 ans et +), formuler des demandes en trouvant les mots justes et ouvrant à des solutions gagnant/ gagnant (sinon reformuler des consignes courtes et en langage positif, passer par l’humour et le jeu quand on s’en sent l’énergie ou encore lâcher prise si l’énergie est totalement absente).

La colère est une émotion saine et normale

La colère est une alerte qui nous signale que notre intégrité n’est pas respectée, qu’une injustice est commise (contre nous ou quelqu’un d’autre) ou encore que nous sommes face à une frustration.

Nous pouvons apprendre à considérer la colère comme une alliée qui nous invite à chercher ce dont nous avons besoin pour nous sentir mieux (rétablir l’équilibre face à un manque de respect, face à une injustice ou une frustration). Il ne faut pas craindre la colère (ni chez nous ni chez les enfants) car elle est moteur de changement et d’indignation d’un point de vue individuel et social.

Le risque de réprimer une colère sans écouter ce qu’elle a à nous dire est que cette colère explose plus tard (c’est le principe bien connu de la cocotte minute). Quand nous ne nous occupons pas de notre colère, elle s’occupe de nous et nous coupe de nous-même : nous risquons alors d’accuser les autres, de les attaquer plutôt que nous connecter à nos propres besoins.

Pour aller plus loin : L’expression de la colère : utiliser l’énergie de la colère pour servir nos besoins plutôt que pour attaquer les autres

Faire de la prévention pour éviter que la colère ne déborde en violence contre les enfants

Marianne Doubrère nous invite à faire de la “prévention” en étant attentifs à l’état de notre “vase de colère” (pour éviter la fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase) :

  • prendre des temps d’introspection régulièrement pour se mettre à l’écoute de notre corps et de nos émotions (afin d’éviter l’accumulation de contrariétés non accueillies qui font déborder le vse)
  • agir à partir de l’énergie des besoins et des valeurs (aligner les actions et les décisions avec nos aspirations profondes, aussi bien dans les petites actions comme des choix de consommation que les grandes actions comme les choix professionnels)
  • apprendre à dire non en exprimant des limites personnelles (est-ce que ça fait oui ou non en moi ?)
  • passer le relais à un autre adulte quand c’est possible
  • s’entourer d’un réseau de personnes capables d’une écoute bienveillante et empathique (sans jugement ni conseil non sollicité)
  • lister ce qui fonctionne pour faire retomber la pression et vider le vase comme le fait de boire un verre d’eau fraîche, de regarder une photo de l’enfant bébé ou de sauter (et pourquoi pas l’afficher de manière visible dans la maison)

Parfois, cette prévention peut passer par un réaménagement complet de l’organisation familiale (une reconversion professionnelle par exemple), par un (long et douloureux) travail sur ses blessures du passé, par le fait de se donner le droit de prendre soin de soi et demander de l’aide.

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Source : Communiquer avec bienveillance en famille de Marianne Doubrère (éditions Mango). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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