Un jeune enfant n’essaie jamais de défier délibérément les adultes.

Un jeune enfant n'essaie jamais de défier délibérément les adultes.

Une absence de dialogue intérieur pour expliquer le manque de respect des règles et consignes

Avant cinq/ six ans, les enfants n’ont pas encore la capacité de dialogue intérieur qui est essentielle à l’auto régulation. Les jeunes enfants essaient de résoudre les problèmes qu’ils rencontrent par un dialogue extérieur à haute voix. Il n’est pas étonnant d’entendre des jeunes enfants parler et décrire ce qu’ils font lorsqu’ils jouent : ils sont justement en train de construire leur dialogue intérieur et leur capacité d’auto régulation.

Entre deux et quatre ans, un enfant peut acquiescer à des règles, les répéter… puis tourner les talons et ignorer ces mêmes règles en faisant ce qui a été interdit !

C’est difficile de comprendre que les enfants ne sont pas encore capables de réguler leur propre processus mental. Les cellules du cerveau qui sont responsables du dialogue intérieur sont aussi celles qui régulent les pulsions. Jusqu’à ce que l’enfant ait environ quatre ans, et qu’il ait développé de fortes compétences verbales, la capacité de langage de ces cellules n’est pas en mesure de l’emporter sur les besoins moteurs irrépressibles exprimées par ces mêmes cellules. – Dr Coulter

La métaphore des poissons et du filet neurologique

Dans son livre L’autorité bienveillante, Kim Jonh Payne propose une métaphore pour expliquer ce phénomène : il s’agit d’imaginer un étang grouillant de poissons, de gros poissons rouges et de minuscules poissons bleus.

Les poissons rouges frétillants représentent des comportements impulsifs pas encore régulés. Les calmes poissons bleus aident l’enfant à réfléchir et à réguler son comportement. Les jeunes enfants sont équipés d’un “filet neurologique à larges mailles” : ils ne peuvent retenir que les gros poissons rouges. Parfois, ils attrapent quelques petits poissons bleus mais ces derniers ont tendance à s’échapper entre les mailles du filet !

Cette métaphore basée sur des éléments neurologiques permet de bien comprendre que les jeunes enfants n’essaient jamais délibérément de défier les adultes. Ils ne “cherchent” pas leurs parents ou ne “testent” pas l’autorité quand ils jettent de la nourriture par terre, même quand la consigne de laisser la nourriture dans l’assiette a été répétée plusieurs fois par les adultes.

Rappelons-le : il ne suffit pas pour un jeune enfant de connaître les règles pour être en capacité de la traduire en action effective.

Le filet neurologique devient de plus en plus fin avec l’âge, les maillons se tissent au fur et à mesure que l’enfant grandit.

 

Pour un accompagnement bienveillant et respectueux des jeunes enfants

La peur bloque le cerveau immature et fragile des enfants

Kim Jonh Payne rappelle que nos cris et notre colère, fruits de la frustration éveillée par le fait que l’enfant continue de jeter sa nourriture par terre, ne développent pas la capacité d’auto régulation de l’enfant, voire même la freine de par la peur et le stress provoqués dans le cerveau immature et fragile de l’enfant.

Le fait d’effrayer ou de choquer le jeune enfant risque de retarder le développement de son dialogue intérieur. Et cela interfère avec la construction des liens et de l’attachement grandissant entre vous et l’enfant. De pus, le petit peut être désorienté en voyant un adulte crier de manière impulsive et inquiétante tout en lui intimant de cesser ses propres comportements impulsifs. – Kim John Payne

Choisir la voie de l’exemple et de l’empathie

Ainsi, les jeunes enfants ont besoin de nous entendre penser tout fort et de nous voir faire preuve de compréhension en redirigeant les comportements sans violence. Les enfants ont besoin de signaux clairs Et bienveillants pour les aider à faire ce qui est attendu et acceptable dans la famille.

Kim Jonh Payne nous invite donc à choisir la voie de la compréhension qui consiste à nous dire à nous-mêmes “C’est frustrant pour moi quand je vois mon enfant faire ça mais je sais pourquoi il fait ça et je sais surtout qu’il ne le fait pas contre moi”.

La compréhension, l’empathie, la créativité et l’humour sont des guides efficaces pour accompagner les jeunes (et moins jeunes) enfants : “Hum, je vois que la nourriture est encore sur le sol plutôt que dans ton assiette. Nous savons tous qu’elle n’a rien à faire par terre. Je pense que c’est cette coquine de petite main qui l’a mise là. Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire ? Je sais : cette assiette va rester sur la table/ dans mes mains pour l’instant.”.

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Source : L’autorité bienveillante : rassurer et soutenir l’enfant du tout-petit à l’adolescent de Kim Jonh Payne (éditions ). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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