Les émotions guérissantes : pourquoi ne jamais réprimer les émotions et les pleurs des enfants

Les émotions guérissantes : pourquoi ne jamais réprimer les émotions et les pleurs des enfants 

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Isabelle Filliozat utilise l’expression « émotions guérissantes » dans le sens où c’est l’expression de l’émotion qui est guérissante.

L’émotion est une réaction physiologique de notre organisme : c’est le déluge d’hormones qui préparent notre corps et l’aident à faire face à une situation donnée.

Sans émotion, nous ne serions pas vivants.

L’émotion est une structure en 3 étapes :

  • la charge : quand ça monte à l’intérieur, quand on ressent les sensations corporelles liées à l’émotion (gorge sèche, rythme cardiaque qui s’accélère…)
  • la tension : on utilise l’énergie de l’émotion dans une action, une parole, un comportement
  • la décharge :  le moment où l’on pleure, crie, tremble… La décharge n’est que la 3° partie de l’émotion, c’est l’étape qui permet le retour au calme.

Quand on est face à un enfant, il s’agit alors de ne pas empêcher cette 3° étape qui est souvent confondue avec l’émotion elle-même. L’enfant a besoin de se décharger pour ne pas rester en tension. Comme cette tension n’est plus utile, elle doit pouvoir sortir du corps en s’extériorisant.

Par exemple, pleurer fait du bien suite à un choc, à une peur, à une douleur, même suite à une forte joie. Dire « ne pleure pas » revient à dire « Garde ta douleur à l’intérieur de toi ».

Au contraire, on devrait encourager les enfants à pleurer : « Vas y, pleure un bon coup parce que, quand on pleure un bon coup, ça dure quelques secondes et ça s’arrête. Les émotions sont des états, elles sont temporaires. Comme quand le soleil et la pluie s’alternent. »

Les émotions sont effectivement des états, elles ne sont pas des traits de caractères. Un enfant qui pleure n’est pas un enfant pleurnichard ou faible : il pleure pour décharger la tension en lui. Au contraire, plus on l’empêche de pleurer, plus il va accumuler de la tension en lui qu’il n’a pas le droit d’évacuer… et plus ses envies de pleurer seront fréquentes et fortes.

Isabelle Filliozat a écrit un livre pour nous aider à mieux comprendre les émotions des enfants : Au coeur des émotions de l’enfant.

 

Quand les émotions des enfants mettent les parents sous stress

Par nature, quand les parents qui voient leurs enfants pleurer, les comportements instinctifs de soin et de protection sont activés.


Dans la théorie de l’attachement, on parle de caregiving, qui est la capacité des parents à :

  • percevoir et interpréter les signaux verbaux et non verbaux du bébé de manière adéquate et rapide
  • à accepter le besoin d’attachement du bébé (c’est-à-dire le fait que le bébé pleure et soit parfois triste, sans pour autant penser que le bébé fasse du cinéma)
  • être sensible à la détresse du bébé, en montrant assez d’empathie pour répondre à ses besoins
  • soutenir l’exploration du bébé et favoriser la résolution de problème ensemble
  • réguler les émotions du bébé
  • respecter son rythme de développement
  • faire sentir à l’enfant que je sens ce qu’il ressent sans être moi-même submergé par mes émotions.

Pourtant, les mécanismes naturels de protection de certains parents ne s’activent pas face à un enfant en pleurs. Les zones du cerveau qui s’activent chez un parent qui a été carencé affectivement et victime de violence éducative sont les zones de stress : ils se mettent alors à minimiser (« c’est pas grave, c’est pas la peine de pleurer pour si peu »), empêcher (« arrête de pleurer »), voire tourner en dérision les pleurs des enfants (« t’es qu’un bébé », « y en a marre des pleurnichards », « regardez comme il pleure, bouhhhh »). Le cerveau n’est plus équipé pour répondre aux besoins de l’enfant.

Comme ces parents se sentent démunis, impuissants et ne savent pas quoi faire pour aider leurs enfants, le cerveau disjoncte. Le centre rationnel et logique du cerveau est inhibé au profit du centre des émotions qui sonne alors l’alarme dans tout le corps. C’est la tension et l’énervement qui prennent la place du soutien et du partage émotionnel.

Pourtant, on peut retrouver ces mécanismes naturels. Cela peut se faire à travers un travail sur soi, sur sa propre éducation, à travers un travail de reconnexion avec ses propres émotions, à travers des informations concernant la nature bonne de l’enfant et ses besoins affectifs.

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Isabelle Filliozat a écrit plusieurs livres qui peuvent aider les parents dans cette voie : Je t’en veux, je t’aime (réparer la relation à ses parents) et Il n’y a pas de parents parfaits (l’histoire de nos enfants commencent par la notre).

1 réponse

  1. Janna dit :

    C’est tout vrai cet article, je le sais par expérience. Merci.

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