Bannir le numérique des vies des enfants et des adolescents pour les protéger n’a pas de sens.

Dans le livre Les enfants et les écrans : mythes et réalités, Anne Cordier et Séverine Erhel estiment que bannir le numérique des vies des enfants et des adolescents pour les protéger n’a pas de sens. Comment défaire les mythes et les réalités au sujet des écrans et des enfants ?

Écrans et enfants : entre mythes et réalités

L’usage croissant du numérique n’entraîne pas de déclin de l’intelligence moyenne en Occident. En effet, les écrans ont un impact négligeable sur le fonctionnement intellectuel. En les privant des écrans, on prive les jeunes :

  • d’apprentissage sous toutes ses formes,
  • de sociabilité (référentiel commun nécessaire à la socialisation, affirmation de soi, agir dans le monde).

Pour les enfants, un accompagnement parental est utile dans les premières interactions avec les objets connectés (tablette, smartphone, console de jeux vidéos, ordinateur).

Pour aller plus loin : Pour une utilisation raisonnée des écrans chez les enfants (non, ils ne rendent pas autistes)

Pour les adolescents, l’accompagnement peut passer par un cadre co-construit et des échanges autour des activités pratiquées via et sur les écrans. Sur les réseaux sociaux, les adolescents peuvent expérimenter des codes relationnels et nouer des relations amicales. Les cyberviolences ne peuvent pas être étudiées indépendamment des violences sexistes et sexuelles et des formes hors ligne du harcèlement scolaire.

Au-delà de l’éducation, une approche politique

Pour autant, faire peser la seule responsabilité de l’émancipation des enfants sur les parents et les professionnels (enseignants notamment) ou associatifs traite seulement une partie de l’enjeu. Anne Cordier et Séverine Erhel nous conseillent de ne pas nier la responsabilité des industriels et concepteurs d’objets connectés et des plateformes de réseaux sociaux. Elles nous incitent à soutenir la culture du libre, afin de donner aux internautes le pouvoir de gérer leurs données. 

Beaucoup de sites Web intègrent des systèmes informatiques qui ont pour finalité de capter les données, l’attention ou l’argent des internautes; ces dark patterns sont au service des entreprises, et non des utilisateurs. – Anne Cordier et Séverine Erhel

Éduquer à l’autodétermination

Éduquer les jeunes à l’autodétermination en lien avec les écrans, c’est leur permettre :

  • d’agir en conscience dans un espace respectueux de leur santé comme de leur vie privée,
  • de partager en toute conscience des enjeux des connaissances sans capitalisation de données ni contrôle autoritaire. 

écrans enfants

L’usage du numérique est un facteur de développement parmi d’autres, à partir du moment où l’usage des écrans est source d’interactions entre adultes et enfants avec un contenu adapté.  

  • À chaque âge son programme et son jeu (respecter la signalétique PEGI qui informe les consommateurs sur les contenus sensibles des jeux vidéo et l’âge approprié pour y jouer)
  • Expliquer et co-construire des règles d’utilisation (exemple : calendrier de temps numérique pour la semaine avec une répartition des temps dédiés à chaque type d’écran)
  • Laisser l’enfant progressivement couper les écrans de manière autonome pour développer l’auto contrôle
  • Jouer avec les enfants, les regarder jouer, discuter du contenu, demander à l’enfant quelles stratégies il déploie, quel niveau il a atteint, ce qu’il aime dans le jeu/ le programme
  • Questionner, faire du lien, mettre en perspective les contenus 

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Source : Les enfants et les écrans : mythes et réalités coordonné par Anne Cordier et Séverine Erhel (éditions Retz). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur les sites de ecommerce.

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