4 grandes difficultés du Mois d’Or (le mois suivant l’accouchement) à ne pas négliger

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Dans leur livre Le mois d’or : bien vivre le premier mois après l’accouchement, Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin listent quatre grandes difficultés que rencontrent les jeunes parents, et en particulier les mères, le mois suivant l’accouchement (et aussi après).

Le Mois d’Or est le mois de la transition et du lâcher-prise, il n’y a rien à réussir ! Il ne doit pas rimer avec pression. – Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin

1.La fatigue

Le rythme imposé par un nourrisson (ou plusieurs en cas de naissance multiple) est aussi soutenu qu’inattendu. Pour les couples qui sont déjà parents, ce rythme est moins inattendu mais rendu plus difficile par la présence d’aînés qui nécessitent également du temps et de l’attention.

Entre les heures de bercement, les nuits entrecoupées, les origines des pleurs à déceler, la vigilance permanente, cette réalité est exigeante tant sur le plan physique que psychique et émotionnel. – Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin

Pour les femmes qui allaitent, les hormones de l’allaitement favorisent un sommeil récupérateur ainsi que la synchronisation des cycles de sommeil entre la mère et son bébé. Mais cela est rarement suffisant. Par ailleurs, le manque de sommeil rend plus irritable et accroît la sensibilité aux douleurs physiques (ex : douleurs aux seins en lien avec l’allaitement, douleurs suite à une césarienne, maux de dos…).

Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin rappellent qu’il est important de récupérer de l’énergie lors des 30 à 40 jours suivant l’accouchement et formulent quelques conseils :

  • accueillir cette réalité comme normale sans lutter contre les sensations et émotions ressenties (en s’accordant le droit d’être épuisée et en validant les émotions vécues comme légitimes : oui, c’est normal d’être fatiguée; oui, c’est normal de vouloir du soutien; oui, j’ai le droit de pleurer de fatigue);
  • s’entourer de personnes de soutien en exprimant des besoins même contradictoires (à la fois de soutien et d’intimité), à commencer par le conjoint qui ne se rend pas toujours compte de l’état de fatigue post accouchement (cela peut passer par un planning d’aide proposé à la famille et/ou aux amis proches);
  • allaiter en position allongée en particulier la nuit (en respectant les conditions de sécurité relatives au cododo);
  • avoir une alimentation riche en fer et en omégas (avec complémentaires si besoin, en accord avec le médecin/ la sage femme qui assure le suivi post accouchement).

 

2.Le fantasme de la perfection

Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin nous rappellent l’importance de ne pas chercher à devenir quelqu’un d’autre que nous sommes.

L’une des clés est d’effacer la notion de devoir, qui se traduit dans les fameux “il faut” ou “je dois” et plutôt se concentrer sur la réalisation de ce qui est possible dans les conditions actuelles. Rester libre de l’accomplissement ou non des objectifs que vous vous serez fixés, ne vous mettez aucune pression sur d’éventuels résultats à obtenir. Sur le chemin de la parentalité, le lâcher-prise et la bienveillance envers vous-mêmes vous aideront. – Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin

 

3.Le sentiment de culpabilité

Les difficultés et les ratés font partie de la vie et de la parentalité. Nous pouvons accueillir la culpabilité comme un signal nous montrant que nos réactions ne sont pas appropriées, que l’on est à bout et qu’on a besoin d’aide (matérielle et/ou émotionnelle).

Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin soulignent que développer la conscience de nos émotions est une richesse dans le contexte de la parentalité, et en particulier lors du Mois d’Or.

Accueillir nos émotions permet de transformer ces dernières en terreau fertile pour le changement :

  • comment vais-je procéder la prochaine fois qu’une situation similaire se présentera afin de réduire l’écart entre mes valeurs et mes actes ?
  • quels outils sont à ma disposition ?
  • qu’est-ce qui me manque et où puis-je trouver de nouvelles ressources pour combler ce manque ?

 

4.L’isolement

Dans l’immense majorité des cultures, la jeune mère ne reste jamais seule chez elle avec le bébé ! Et pour cause, elle traverse l’une des phases les plus délicates de sa vie. […] En France, de nombreuses mères souffrent de solitude et d’épuisement durant la période post-partum. Alors que l’on est entourée pendant la grossesse et l’accouchement, à commencer par le personnel médical, on se retrouve seule chez soi avec son bébé, entraînant un sentiment de vide et un manque de repères. – Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin

Le Mois d’Or est marqué par une contradiction : rester dans sa bulle avec le bébé sans se sentir isolée.

Les jeunes mères ont besoin que leur entourage s’intéresse à elles avec empathie (et pas seulement au bébé). Il est donc utile d’apprendre à verbaliser les besoins et les émotions ressenties et à demander de l’aide matérielle à l’entourage (ex : faire le ménage, préparer ou faire livrer des repas, sortir les aînés…). Un recours à des professionnels de la santé peut s’avérer utile.

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Source : Le mois d’or : bien vivre le premier mois après l’accouchement de Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin (éditions Presses du Châtelet). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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