6 peurs qui nous empêchent d’être des parents bienveillants et nous maintiennent dans le contrôle


aimer nos enfants inconditionnellementPour Alfie Kohn (auteur de “Aimer nos enfants inconditionnellement”), faire des suggestions pour éduquer les enfants autrement a peu de chances de prendre racine et d’avoir un véritable impact si nous ne traitons pas d’abord les raisons qui nous poussent à agir comme nous l’avons toujours fait.

Si nous voulons faire autrement, nous devons penser autrement. 

Comprendre les origines de l’éducation traditionnelle et de la violence éducative ordinaire évite de trouver des raisons de rejeter toute idée nouvelle et de se réfugier dans les comportements familiers au premier incident de parcours.

 

Alfie Kohn liste 6 peurs qui nous retiennent et influencent notre façon d’interagir avec nos enfants.

 

1. La peur d’être un mauvais parent (la peur d’incompétence)

La peur de ne pas savoir faire, d’être incompétent, de ne pas être à la hauteur peut mener à plusieurs réactions inappropriées :

  • appliquer des conseils qui rassurent même s’ils sonnent faux dans notre coeur
  • accéder à toutes les exigences des enfants, sans distinguer besoins et désirs ni prendre en compte les besoins des adultes
  • faire semblant de tout contrôler en devenant hyper autoritaire

 

2. La peur de l’impuissance

C’est clairement déstabilisant pour la plupart d’entre nous de nous réveiller avec un bambin au caractère affirmé lorsque, la veille, on s’est endormi avec un nourrisson sans défense. Celui qui a été un adorable bébé ose désormais suivre sa propre volonté et s’oppose à nos demandes. Allons-nous résister à la tentation de chercher des moyens de déjouer cela ?

Allons-nous pouvoir réaliser la transition entre “faire faire” et “faire avec” ?

Allons-nous pouvoir nous détacher de cette croyance que nos enfants ont des intentions malveillantes et nous manipulent ?

Allons-nous accepter que les désaccords avec nos enfants ne sont pas des batailles à gagner à tout prix et que l’empathie et la négociation ne sont pas synonymes d’échec  ?

A cause de notre résistance à lâcher parfois le contrôle de la situation, nous perdons souvent beaucoup de temps à réparer nos relations.

3. La peur d’être jugé

La moitié des enfants du monde sont sacrifiés à l’opinion des voisins. – Alexander S. Neill

Alfie Kohn regrette que nombre de nos actions soient motivées par la peur de ce que penseront de nous les autres adultes. Nous sommes plus enclins à faire preuve de pratiques coercitives, à nous énerver ou à ressentir le besoin de contrôler nos enfants quand nous avons peur du jugement des autres.

 

4. La peur pour la sécurité des enfants

Il est difficile de faire la distinction entre définir des règles sensées, adaptées à l’âge des enfants et un contrôle excessif, une surprotection étouffante.

Ne pas donner assez d’occasions à l’enfant de faire des choix et des expériences peut sonner le glas de sa confiance en lui.

 

5. La peur d’infantiliser (la peur du “retard”)

Les gens qui se conduisent comme si l’enfance était une course de vitesse se retrouvent invariablement à exercer sur leurs enfants toute une série de pressions contreproductives.

Alfie Kohn nous conseille de nous “détendre” pour laisser avancer les enfants à leur rythme et de prendre du recul en nous disant : “Crois-tu vraiment qu’il portera encore des couches au lycée ?”.

Il ajoute par ailleurs que les parents d’adolescents ne pressent jamais leurs enfants devenus grands à aller plus vite : devenir sexuellement actif, mettre du maquillage plus tôt…

 

6. La peur d’être trop permissif

Libérer les parents de cette peur est un pas en avant primordial pour les aider à devenir les parents aimants qu’ils sont capables d’être. – Alfie Kohn

Selon Alfi Kohn, il faut accepter de continuer à nous poser la question tout au long de notre cheminement. A partir du moment où nous sommes capables de regarder en face les raisons qui nous poussent à agir comme nous le faisons, nous pouvons commencer à aborder dans le détail les idées pour cheminer vers une éducation bienveillante et une parentalité inconditionnelle.

De nombreux livres sur l’éducation considèrent le laxisme comme la source de tous les maux et font croire que la seule alternative à ce laxisme serait d’exercer une autorité parentale autocratique et coercitive, utilisant la force physique et exigeant l’obéissance à tout prix.

Alfie Kohn écrit : “Il est presque impossible de faire la liste des dégâts que causent certains parents par leurs diktats autocratiques, ou leur acceptation conditionnelle dans la crainte que quoi que ce soit d’autre ne revienne à être laxiste.”

Alfie Kohn liste dans son livre “Aimer nos enfants inconditionnellement” les méfaits d’une éducation trop autoritaire, à partir d’études scientifiques. Catherine Gueguen a fait un travail similaire dans son livre “Pour une enfance heureuse”.

 

Ainsi, cheminer vers une éducation bienveillante et inconditionnelle passe par le fait d’accepter d’affronter les questions gênantes sur nos pratiques éducatives ou sur la manière dont nous avons été élevés. Lorsqu’on nous suggère des manières différentes de gérer un conflit avec les enfants, nous pouvons apprendre à résister à la tentation de nous défendre en répondant : “Mes parents ont fait comme ça avec moi et je n’en suis pas mort/ je m’en suis sorti/ je suis bien élevé/ je suis équilibré”.

Une fois que nous sommes conscients des peurs qui nous maintiennent dans un modèle éducatif traditionnel, nous sommes prêts à regarder en face les choses désagréables pour pouvoir évaluer ce que nos parents ont fait de bien et les points sur lesquels nous pourrions travailler.

Alfie Kohn nous invite à nous poser une question cruciale pour dépasser nos peurs : Est-il possible que ce que je viens de faire ait plus à voir avec mes propres besoins, mes propres peurs et ma propre éducation qu’avec ce qui est vraiment le mieux pour mes enfants ? 

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Source : Aimer nos enfants inconditionnellement de Alfie Kohn (éditions L’Instant Présent).

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