Quand un enfant rencontre des difficultés au coucher : 3 idées pour apaiser l’anxiété de séparation nocturne

Quand un enfant rencontre des difficultés au coucher

De nombreux enfants, jeunes et moins jeunes, rencontrent des difficultés au moment d’aller se coucher : certains veulent encore jouer, d’autres déclenchent de l’anxiété qui peut se manifester sous diverses formes (demander un verre d’eau, se relever pour aller aux toilettes, rappeler les parents plusieurs fois, pleurer, avoir mal au ventre…). Ces couchers difficiles sont épuisants pour toute la famille, tant pour les enfants qui risquent de manquer de sommeil et éprouvent des émotions réellement désagréables, que pour les parents.

Plus les enfants sentent de la connexion physique et émotionnelle au moment du coucher, plus ils se sentiront en sécurité et plus la résistance au sommeil diminuera. Pourtant, cette évidence est plus facile à dire qu’à vivre et il se peut que certains enfants éprouvent encore des difficultés au moment du coucher à un âge avancé (8 ans et plus). En tant que parents, nous pouvons activer des leviers pour faciliter les couchers mais ces leviers ne sont pas des baguettes magiques. La consolidation des fondations de la sécurité interne des enfants peut prendre plus ou moins longtemps selon le tempérament, les expériences et l’âge de l’enfant.

Voici 3 idées qui peuvent aider à apaiser l’anxiété de séparation nocturne des enfants :

Valider les émotions et passer par l’imaginaire pour accorder ce qui ne peut pas être obtenu dans la réalité 

Le coucher peut réellement être difficile pour les enfants dans le sens où ils voudraient continuer à jouer et ne pas être séparés de leurs parents. Il est utile de leur refléter leurs émotions et pensées avec authenticité afin de créer un pont émotionnel avec eux : “C’est vrai, tu n’as aucune envie d’aller te coucher. Tu préfèrerais continuer à jouer et c’est vraiment pénible cette histoire de sommeil ! Tu voudrais que les humains n’aient pas besoin de dormir et qu’on puisse rester debout toute la nuit. On pourrait jouer en pyjama, et après on irait manger des pizzas à minuit… et après qu’est-ce que tu aimerais faire ? {…} C’est vrai que ce serait trop cool de pouvoir faire tout ça.”. Après cette validation émotionnelle sans chercher à rediriger les émotions ou le comportement de l’enfant, on pourra passer aux deux idées suivantes pour clore le rituel du coucher.

Insister sur le prochain temps ensemble plutôt que sur la séparation nocturne 

Le coucher marque le départ d’un temps de séparation et peut provoquer une véritable bouffée d’anxiété chez certains enfants. Il peut être aidant de braquer la lumière sur le prochain temps de connexion (le lendemain matin) plutôt que sur la déconnexion (la nuit). Il est possible de parler de choses que parents et enfants feront ensemble dès la nuit terminée. Cela peut passer par des rituels matinaux et la préparation de ces rituels la veille au soir, au moment du coucher :

  • choisir un livre qui sera lu ensemble au réveil ou lors du petit déjeuner
  • noter sur un papier les trois meilleurs moments de la journée chacun de son côté et se les lire au réveil
  • échanger un vêtement qui sera redonné à son propriétaire le lendemain (le parent donne un de ses vêtements à l’enfant et inversement)

Parler de choses agréables desquelles rêver 

Il est possible de parler avec l’enfant des rêves qu’il aimerait faire la nuit. Il est envisageable de poser la question à l’enfant : “de quoi aimerais-tu rêver cette nuit ?” puis d’enchaîner en lui demandant d’ajouter des détails (décrire les personnes, évoquer les sons et les odeurs, exprimer les émotions agréables associées à cette idée de rêve…). Plus l’enfant parlera de son rêve à l’adulte, plus cette idée de rêve sera vive.

……………………………..

Pour aller plus loin :

Pourquoi les enfants protestent, pleurent et rechignent au moment d’aller se coucher (un “décalage évolutionniste”)

Jouer avec les enfants qui ne veulent pas dormir, une solution pour des couchers moins difficiles ?