Comment accompagner en bienveillance les colères des enfants ?

Comment accompagner en bienveillance les colères des enfants ?

On peut considérer qu’il existe deux phases dans l’accompagnement des crises de colère :

  1. accompagner les colères quand elles se présentent,
  2. prévenir les grosses crises de colère des enfants avec des solutions préventives.

1. Accompagner les colères des enfants quand elles se présentent

La notion de colère réparatrice et l’écoute active

Tout d’abord, je tiens à préciser que la colère n’est pas en soi une émotion à bannir à tout prix. Elle a une valeur réparatrice face à une frustration : c’est ce qu’Isabelle Filliozat appelle la colère réparatrice. De plus, la colère est à prendre comme un signal qui vise à porter l’attention sur ce qui a provoqué la colère (le déclencheur). La colère est seulement la partie émergée de l’iceberg : quel est le déclencheur ? Enfin, le cerveau de l’enfant n’est pas mature d’un point de vue émotionnel : il est biologiquement impossible pour lui de maîtriser ses émotions. Il est littéralement submergé par ses émotions fortes.

L’enfant a besoin de l’accompagnement de l’adulte pour ne pas être envahi et débordé par ses affects, pour canaliser son énergie, pour apprendre à exprimer ses besoins de manière sociablement acceptable, pour savoir qu’il ne court pas de danger en se laissant aller à ce qu’il ressent. Pas question donc de le laisser seul avec ses émotions quand il n’a pas encore les outils mentaux pour gérer efficacement ce qu’il vit. Plutôt que laisser les enfants seuls aux prises avec leurs monstres intérieurs, nous pouvons être là. Les parents ont la responsabilité de la sécurité affective des enfants.

L’enfant a besoin de sentir la solidité de ses parents lorsqu’il vit une émotion et il a besoin de les voir eux aussi traverser des émotions, même fortes, sans être détruits.

Au fur et à mesure que l’enfant grandit, le parent se retire. – Isabelle Filliozat

L’écoute des émotions de l’enfant passe par une écoute empathique : refléter ce que nous entendons dans ce que vient de dire l’enfant, percer ce qui sous-tend les paroles prononcées par l’enfant, écouter la résonnance émotionnelle dans ce que l’enfant dit, se mettre à sa place.

C’est en ce sens que l’écoute active à travers l’accueil des émotions est une manière efficace et appropriée de réagir aux colères des enfants.

citation éducation bienveillante

Vous pouvez accompagner les colères de votre enfant avec des paroles qui témoignent de votre reconnaissance de ce que vit l’enfant :

« Je comprends que tu sois frustré, tu avais envie de ce bonbon/ jouet ».

 

Pour autant, frapper, casser, insulter ne sont pas acceptables

« Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper. »

« Les gens ne doivent pas se faire mal. Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour t’empêcher de te faire du mal ou de faire mal aux autres. »

Pour aller plus loin : 4 étapes de l’accompagnement des émotions de l’enfant

 

Proposer un endroit pour se calmer avec des outils de gestion des émotions

L’idée est de proposer aux enfants un espace de retour au calme plutôt qu’un isolement au coin. Cet espace de retour au calme sera agrémenté d’outils qui permettront à l’enfant de développer des compétences et de cultiver son intelligence émotionnelle. 

Cet espace serait agrémenté de :

L’adulte pourrait alors demander à l’enfant :

« J’ai l’impression que tu as besoin d’un temps calme. Est-ce que cela t’aiderait d’aller dans l’espace de retour au calme ? Si tu veux, je peux t’y conduire/ t’accompagner ».

Ainsi, l’enfant dispose des moyens de se calmer et ne sent pas exclu. Le temps de retour au calme a alors une visée structurante et éducative.

espace retour au calme discipline positive

Quand il ou elle tape

Il ou elle a le droit d’être en colère mais que ça ne lui donne pas pour autant le droit de taper. Taper, c’est interdit car taper fait mal et ceci est valable tout le temps pour toutes les personnes et même les animaux. Il faut que l’enfant comprenne que taper est moins efficace que demander calmement  pour obtenir quelque chose ou faire passer un message. Taper ne lui permettra jamais d’obtenir quoique ce soit de qui que ce soit.

« Tu peux dire les choses avec des mots. »

On peut se mettre à genoux à la hauteur de l’enfant pour lui passer ce message en évitant de :

  • rabaisser l’enfant (« méchant, tu devrais avoir honte »),
  • exploser nous-mêmes (allons plutôt nous isoler quitte à s’appliquer à nous-même la méthode du coussin de la colère ou de la feuille de papier jetée !),
  • frapper l’enfant.

Les enfants apprennent de nos gestes plutôt que de nos paroles et ils reproduisent les exemples de leurs premiers modèles : leurs adultes qui s’occupent d’eux.

Pour aller plus loin : Comment réagir face à un jeune enfant qui tape, mord et se met en colère ?

 

Avant l’explosion, anticiper les prémisses annonciateurs 

Quand les premiers signes d’une grosse colère pointent le bout de leur nez, on peut agir avant que l’enfant ne s’énerve et et que la colère se transforme en violence. Par exemple, s’il s’agace sur un puzzle qu’il n’arrive pas à terminer ou sur ses pâtes qu’il n’arrive pas à piquer avec sa fourchette, on peut lui proposer de l’aide : « je parie que cette pièce va ici » ou « qu’est-ce que ça donnerait si tu faisais comme ça ?« . L’idée n’est pas de faire à sa place mais de le débloquer et de le laisser terminer son activité en autonomie.


crises de colère des enfants

A ce moment-là, on pourra valoriser sa maîtrise de lui-même et l’encourager : « Tu l’as fait tout seul« , « C’est agréable pour toute la famille quand tu restes calme et concentré.« , »Je comprends ce que tu ressens quand tout ne marche pas comme tu veux et je suis vraiment fier(e) de voir que tu es capable de garder ton calme« .

On pourrait aussi mettre en place un baromètre de la colère : par exemple, vert, tout va bien; orange, ça commence à chauffer; rouge, c’est explosif ! Quand l’enfant est capable de mettre des mots sur sa colère, il peut prévenir qu’il est en train de passer du vert au orange ou carrément du orange au rouge. Cela laisse le temps d’anticiper avec des moments de calme ou de reconnexion avant que la colère ne devienne explosive.

 

Un câlin quand c’est possible, plutôt qu’un raisonnement pendant les colères !

Quand la crise de colère est vraiment forte, il est inutile de raisonner ou d’expliquer quoi que ce soit à votre enfant. Vous pouvez regarder la vidéo sur le fonctionnement du cerveau pour comprendre les mécanismes à l’œuvre : ici.

Lorsque nous sommes en colère, nous sommes comme déconnectés de notre capacité à prendre des décisions logiques. Nous sommes en prises directes avec notre stress et plus rien ne joue le rôle de modérateur des émotions. Ceci est valable pour les adultes… et encore plus pour les enfants dont le cerveau est en cours de développement !

Si l’enfant est d’accord, on pourra accompagner sa colère par un gros câlin afin de le recharger en ocytocine, hormone du bien-être.

Quand l’enfant ne veut pas se faire approcher ou toucher, une simple présence empathique, calme et silencieuse l’aidera à passer le cap de cette tempête émotionnelle qui le submerge.

 

2. Prévenir les grosses crises de colère des enfants avec des solutions préventives

Savoir reconnaître ses émotions

Tant que le cerveau n’a pas atteint sa pleine maturité (pas avant 20 ans, certains chercheurs affirmant même vers 30 ans), les processus de gestion des émotions ne sont pas totalement fonctionnels. L’enfant a alors des difficultés à contrôler et maîtriser ses réactions émotionnelles. L’enfant n’est pas en mesure de gérer l’ensemble des émotions qui affluent en lui du fait de l’incomplétude de ses réseaux neuronaux.

L’apprentissage du langage et du vocabulaire des émotions aura alors sur l’enfant un impact sur son comportement social, et notamment sa capacité à surmonter le stress, à gérer son agressivité et à exprimer ses affects. Voir cet article : 7 étapes pour apprendre à (re)connaître ses émotions.

 

Un tableau des émotions pour communiquer sur l’humeur du moment

Le tableau des émotions ou tableau des humeurs est un outil alternatif aux punitions et préventif des colères explosives car l’enfant peut l’utiliser pour définir son humeur du moment et vous la communiquer afin que vous la preniez en compte. Cet outil est efficace pour passer des colères explosives aux colères réparatrices.

tableau des émotions

On pourra afficher ce tableau (ou un autre) dans un endroit visible et central de la maison. On l’introduira en expliquant que tout le monde (adultes et enfants, même les animaux) ressent des émotions. On pourra raconter les situations dans-lesquelles nous avons mous-mêmes ressenti ces émotions puis demander aux enfants en quelle circonstance ils les avaient ressenties eux aussi.

On pourra ensuite expliquer qu’ils peuvent utiliser le tableau des émotions pour définir leur humeur du moment, que nous prendrons en compte cet état et que nous le respecterons. Pour ma part, j’avais conservé l’étiquette aimantée de son prénom de l’école : parfait pour indiquer la case de l’humeur du moment (d’autres personnes utilisent des pinces à linge).

 

Exprimer sa colère sans violencce, ça s’apprend

Il existe des manières de s’exprimer sans agresser ni hurler et encore moins taper. Il est possible d’apprendre des techniques pour laisser sortir la colère de manière respectueuse de soi et des autres, comme par exemple :

  • utiliser une feuille de papier que l’enfant met en boule en imaginant y mettre toute sa colère puis qu’il jette de toutes ses forces,
  • dessiner la colère jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse,
  • faire un câlin à un doudou ou à un animal de compagnie.

Vous pouvez visionner cette vidéo de sophrologie ludique pour plus de détails : j’aime particulièrement la position du karaté pour jeter la colère hors de soi !

sophrologie ludique pour enfant relaxation dynamique

Pratiquer la pleine conscience dès le plus jeune page

La pleine conscience peut aider les enfants en ce sens. Je vous propose de découvrir 3 exercices de méditation de pleine conscience pour apprendre aux enfants à retrouver leur calme : 3 exercices pour apprendre aux enfants à retrouver leur calme.

calme enfant

Une pratique régulière de la méditation de pleine conscience peut aider à mieux apprivoiser ses émotions dès 5 ans. Livre « Calme et attentif comme une grenouille » est parfait pour cultiver l’intelligence émotionnelle des enfants.

Des livres pour enfants pour aborder le thème de la colère dans les moments calmes

Les livres peuvent servir de médiateurs pour parler de la colère avec les enfants. Nous avons beaucoup aimé celui-ci avec ma fille. En plus d’éclairer les enfants sur les mécanismes de la colère, il propose des pistes pour apprivoiser cette émotion forte et éviter qu’elle ne dégénère en violence ou en actes regrettables.

sam et watson plus forts que la colère

Et à l’extérieur ? 

Il est toujours difficile de gérer des colères explosives à l’extérieur de la maison et de surcroît en public.

Si votre enfant vous réclame un jouet/ un bonbon… dans un magasin et que vous n’êtes pas disposé à lui accorder, faites glisser subtilement la discussion sur un autre terrain. Par exemple, si votre fille veut que vous achetiez une poupée au magasin (c’est du vécu !),

  • demandez-lui ce qui lui plait dans cette poupée,
  • posez-lui des questions sur ce qu’elle vous décrit et donnez votre propre avis,
  • dites-lui que ce n’est pas le moment des cadeaux mais qu’en revanche, elle peut garder cette idée dans sa tête pour la mettre sur sa liste de Noël ou d’anniversaire,
  • conseillez-lui de bien la regarder pour se souvenir de tous les détails à répéter au Père Noël qui ne devra pas se tromper !

 

En mesure préventive, Isabelle Fiiliozat conseille dans « J’ai tout essayé » de donner des responsabilités avant les courses (par exemple, chargez votre enfant de choisir et peser les fruits et de trouver le rayon des pâtes). Vous pouvez aussi avertir votre enfant avant de quitter la maison que vous allez en courses mais que vous n’achèterez que ce qui est prévu sur la liste et rien d’autre.

Et l’option du câlin est toujours valable dans le cas des colères hors de la maison :-).

Plus de ressources dans cette vidéo :

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32 réponses

  1. Excellent article, comme d’habitude 🙂 Je teste régulièrement les exercices de sophrologie avec mes enfants, ça fonctionne très bien, il faudrait que je prenne le temps de rédiger un article sur le sujet.

    • Caroline dit :

      Bonjour Sabine,

      merci pour votre commentaire qui me touche beaucoup !

      Si vous écrivez un article en ce sens, faites-moi signe, je le partagerai sans hésitation ;-).

      Bonne journée,
      Caroline

  2. elodie dit :

    merci infiniment pour tout vos articles qui me parlent ,et me donne pleins d astuces! néanmoins , actuellement confrontées a une situations de vie pénible , il m arrive encore de ne pas arriver a maitriser mes propres émotions ou colères . Dans ces cas là, mes enfants savent que ça arrive aussi aux parents comme je leur ai appris, on se pardonne quand c est nous 4 qui explosons , on se donne des signes d amour, enfin plus eux que moi , car quand je suis en colère , il m est difficile de leur dire je t aime ou de leur faire un câlin ; bien sur je leur dis après , mais ce que j ai pu dire sous la colère est bien présente ! je connais pourtant plein de choses pour me canaliser sauf que je n arrive pas a l utiliser quand la colère est trop forte! peut être pourriez vous m aider ? merci d avance

  3. Marka dit :

    Bonjour,
    super article!!!!je veux le partagé sur fb mais j’y arrive pas!!!dommage!!

    • Caroline dit :

      Bonjour

      avez-vous essayé l’encadré Facebook en bas ? J’ai essayé à l’instant sur mon compte personnel et cela fonctionne.

      Bonne journée
      Caroline

  4. sandrine dit :

    article très intéressant mais comment faire quand rien de tout ça ne fonctionne. Ma 2ème fille a 7 ans et demi et la moindre contrariété dégénère en colère.Même quand les choses lui sont expliqués en amont, même prendre le temps de la canaliser c’est parfois synonyme de coup de pied ou coup de poing, le câlin impossible elle envoi tout valser. Elle veut faire selon son envie en toute circonstances.

    • Caroline dit :

      Bonjour Sandrine,

      merci pour votre message que je prends comme un témoignage de confiance. Je vais m’appuyer sur le livre d’Isabelle Filliozat « Il me cherche » pour vous répondre.
      Quand un enfant fait une « crise », il est sous stress et dans ce cas, réfléchir n’est plus possible car le siège de l’intelligence est submergée par les émotions. Il convient alors de « calmer les circuits cérébraux » de l’enfant. Isabelle Filliozat propose de :
      – sourire à l’enfant en crise
      – lui dire des mots apaisants (« c’est énervant, frustrant quand… »/ « je t’aime »)
      – lui tendre une bouteille d’eau à boire
      – lui proposer de jouer
      – l’emmener faire une balade si possible dans la nature/ verdure
      – mettre de la musique douce
      – provoquer un contact physique (caresse sur les cheveux, massage..)

      Pour se calmer, l’enfant a besoin de recevoir des manifestations d’attachement. Isabelle Filliozat compare les parents à des « stations d’essence » : quand l’enfant a besoin de se recharger en amour, les parents sont sa base de ralliement. Afin d’aider votre fille à se recharger en amour pour affronter toutes les contrariétés de la vie, vous pouvez remplir son réservoir « en prévention » :
      – des moments et sorties privilégiés avec elle sans jugement ni énervement,
      – des temps de jeux à la maison avec elle exclusivement,
      – des câlins et massages,
      – des mots d’amour,
      – des sourires et des rires.
      J’aime beaucoup cette idée du livre « Qui veut jouer avec moi? » : un jeu pour recharger les enfants en amour. Installez votre fille sur vos genoux et annoncez lui que vous allez la remplir d’amour de papa et/ou de maman. Commencez par tapoter les orteils, remontez tous le long du corps et finissez par un bisou sur le sommet de la tête. Vous pourrez même ajouter « l’œuf d’amour. » Faites semblant de casser un oeuf sur la tête de votre fille puis suivez le mouvement de l’oeuf qui coule avec vos doigts.

      Peut-être que votre fille a aussi besoin d’être rassurée par rapport à son frère/ sa soeur s’il y a des problèmes de jalousie dans la fratrie : je vous propose de lire cet article pour éviter les rivalités entre les enfants d’une même famille.

      Enfin, ses crises de rage sont peut-être le symptôme d’un besoin qu’elle n’arrive pas à exprimer : Filliozat explique que l’enfant a tendance à décharger sa fureur sur la personne en qui il a le plus confiance (« sa figure d’attachement »). Une fois que vous l’avez calmée en remplissant son réservoir, vous pouvez essayer d’explorer avec elle ce qui ne va pas. Cela peut passer par une écoute active ( « tu as l’air de souffrir de quelque chose en ce moment/ je vois bien que ça ne va pas. Tu as envie d’en parler/ veux-tu m’en dire un peu plus ?/ Tu peux venir m’en parler quand tu te sentiras prête ») et des questions ouvertes qui éviteront le pourquoi (« qu’est-ce qui se passe ? qu’est-ce que tu ressens ? qu’est-ce que tu t’es dit ?/de quoi as-tu besoin ? »).

      Quoiqu’il en soi, un enfant qui refuse le contact est un enfant qui attend qu’on rétablisse le lien :-).

      J’espère avoir pu vous donner quelques pistes. J’ai envie de vous recommander la lecture de « Il me cherche » pour approfondir ces quelques éléments.

      Bonne journée
      Caroline

  5. Yannick dit :

    Bonjour
    Merci pour cet article qui est plus que synthétique.
    Nous sommes parent d’un petit Lukas 7 ans, détecté haut potentiel l’an dernier, ce qui met un éclairage sur son hyperémotivité gestion des frustrations, des coleres, des questionnements sans cesse.
    Avec l’âge qui avance, les crises s’espacent : au lieu que cela soit quotidien, c’est plutôt une fois ou deux par mois. Elles sont plus rares mais tout aussi voir plus violentes.
    On a compris qu’à l’école il se devait être exemplaire et qu’il cumulât cette pression… Il est délégué et prend son rôle très à cœur !! Le lâcher prise se fait à la maison…
    Sur les deux dernières crises : l’une a été gérée par certes le coin, en prenant l’enfant dans les bras pour l’immobiliser afin qu’il ne se fasse pas mal, en lui disant que je l’aimais et qu’il avait le droit de ne pas être d’accord etc… Il a fini par se calmer avec son doudoune et de l’huile essentielle !!
    Celle d’hier soir je ne l’ai pas vu venir… Il était devant la tv (habituellement pas en semaine, mais à cause d’imprévus nous ne sommes pas allés au sport). Ma femme est rentrée à la maison, et elle me demande si les devoirs sont faits : Lukas reaffirmr que oui (comme il l’avais fait avec moi, mais je n’avais pas vérifié !! ) du coup c’était pas fait ! Nous lui coupons la tv et la : c’est deux fils qui se touchent : il explose… Il a cassé une porte de placard dans la cuisine et à cherché à nous taper etc… Et j’ai fini par exploser à mon tour, il s’est pris une gifle (ne portez pas de jugement car je culpabilise suffisement comme ça et je n’en ai pas dormi !!)…
    On est vite dépassé et je vais tenter un osteo spécialisé chez l’enfant et l’inscrire sur des modules de pleine conscience ( que nous pratiquons ma femme et moi) et je pense acheter un punching-ball !!
    Dur dur d’être parent : on les aime et on n’est pas formé à cela !

    • Caroline dit :

      Bonjour Yannick,

      merci pour votre témoignage.
      Ma fille est elle même HP et je suis maman solo… alors les crises émotionnelles, je sais ce que c’est et je sais à quel point c’est dur de les accompagner !
      Un truc qui fonctionne bien avec ma fille concernant les arrêts d’activités qu’elle aime bien (comme la télé dans votre témoignage), c’est de lui demander « tu as besoin de combien de temps encore ? » (chez nous, c’est plutôt la sortie du bain qui pose problème 🙂 ).

      Quant à la crise que vous décrivez, il y a sûrement eu de la frustration du fait que votre fils n’a pas pu aller au sport (d’autant plus s’il n’a pas pu se défouler vu que la séance de sport a été annulé). Un jeu de chahut aurait probablement été le bienvenu (karaté chaussette, bataille d’oreillers, bataille de pouces…) : à garder en tête peut-être pour une prochaine fois :).

      • El oud dit :

        Bonjour je suis depuis peu vos article cherchant des solutions pour aider mon fils haut potentiel aussi à gérer ces crises de colère qui durent depuis plusieurs et devant lesquels je suis complètement démuni je pe sais avoir tt tester jusqu’ à ce que je vous lise et j ai pleuré de voir que je ne suis pas seule à vivre cette situation il fait parfois preuve d une violence qui me dépasse et étant enceinte j ai parfois peur de la suite
        Merci pour vos article cette clairvoyance et cette simplicité dansl amour maternelle m à durant de longues années manquer

  6. Imen dit :

    Merci beaucoup pour cette synthèse. Elle m’aidera beaucoup dans ma relation avec mon fils de 7 ans qui se met souvent en colère.

  7. Soun dit :

    Bonjour,
    j’ai pu lire vos coms avec attention. Je recherche une solution depuis plusieurs semaines, mon garçon de 7 ans qui est au cp fait des crises (pleure, crie, lance des choses et frappe même les adultes de l’école,c’est très violent apparemment, ça se passe toujours à l’école, et maintenant l’école nous averti qu’ils appeleront la police si je ne pourrai pas venir le récupérer quand il fait ça. C’est une pression énorme que nous subissons depuis plusieurs semaines, nous avons consulté trois psychologues et rien à l’horizon, notre enfant est normal, il a besoin d’apprendre à obéir selon l’école. C’est bien beau de me dire ça mais avant mars il n’y avait rien! C’est arrivé d’un coup! Je suis à moins 5kg depuis, je n’en dors plus, l’école me dis que mon enfant n’est pas normal, qu’il est un danger pour les autres, et il entend ça souvent à l’école maintenant, tout le monde a peur de lui. Un enfant qui était parmi les premiers de sa classe devient un cancre à l’école. Il est bien à la maison avec nous, il tente les interdis parfois mais accepte la punition. Il m’a expliqué qu’il a peur d’aller en classe, il est conscient que ça créer un problème pour tout le monde mais ne se sent vraiment pas bien quand il se retrouve en classe, une fois il m’a dis qu’il avait peur de la nouvelle directrice. Il tient les mêmes propos à son papa.
    J’ai insisté pour un test hp, on ne sait jamais!
    Quoi qu’il en soit, je n’en peux plus, mon fils est tout timide d’habitude, il parle peu mais travail très bien de son plein gré. Et l’école me fait vraiment une pression, wahou! Je me dis il ne veut pas entrer tant pis, il reste avec moi et puis ça viendra tôt ou tard, mais l’école insiste pour que je le laisse, maintenant j’ai la boule au ventre de retrouver la police en venant le récupérer quand ils l’ont bien fait pleurer et essayer de le maintenir de force dans l’école. Donc 1h30 après!
    À savoir qu’il fait ça lors de ses activités extra scolaire également… tout autant violent! 🙁
    Que faire svp, nous sommes à la fin de l’année mais l’école me dis vous imaginez l’année prochaine?
    Ah on n’en peux plus :'(:'(:'(:'(:'(

    • Caroline dit :

      Bonjour

      je lis beaucoup de souffrance dans votre témoignage. Votre fils a l’air d’être très malheureux et j’ai l’impression que cette impuissance à l’aider vous rend très triste également.
      Avant de vous répondre, je tiens à préciser que je ne suis ni psychologue ni coach parentale (juste une maman enseignante) et que les quelques pistes que je peux vous donner sont à prendre comme des « conseils d’amie ».

      La première chose que j’ai envie de vous dire est de le déscolariser. Vous avez l’air de pouvoir le garder avec vous en journée et je pense que c’est la meilleure solution. L’école n’est pas obligatoire, seule l’instruction l’est. Vous pouvez très bien finir l’année scolaire en instruction en famille (vous trouverez facilement sur Google les démarches à suivre et les déclarations à faire auprès de la mairie et de l’inspection académique). Vous êtes dans votre droit et c’est de l’abus de pouvoir de l’école de vous forcer à le mettre à l’école. C’est inacceptable de la part de l’équipe enseignante de vous faire subir ce chantage (à la limite du harcèlement moral)… je ne vois pas en quoi cette réaction est aidante ou structurante pour votre fils..

      Je pense que vous avez raison d’insister pour le dépistage HP (je retrouve un peu des traits de ma fille dans ce que vous décrivez et elle a été diagnostiquée HP). Peut-être y-a-t-il d’autres troubles à détecter (TDAH par exemple) ? Avez-vous envisagé un neuropédiatre ?

      Il s’agit aussi de comprendre les motivations de ce comportement : peut-être est-ce en effet la directrice qui lui fait peur (les enfants HP sont extrêmement sensibles à l’environnement et aux personnes qui ne les comprennent pas). Mais cela me semble être un prétexte, il y a sûrement une cause plus profonde à trouver (comme la partie de l’iceberg sous l’eau).
      Est-ce que vous avez connu des gros changements actuellement (naissance, déménagement, événement familial, régime alimentaire…)? Y aurait-il autre chose à l’école (harcèlement scolaire…) ? Comment vous sentez-vous vous même (est-ce que votre fils est en train de prendre en charge des émotions qui ne lui appartiennent pas) ? Qu’est-ce que votre fils essaie de vous dire par ces gestes et qu’il n’arrive pas à mettre en mots ?

      Pour ce qui est du « traitement des symptômes », vous pouvez peut-être essayer des méthodes douces (fleurs de Bach, kinésiologie, psychomotricité, homéopathie…). Votre fils a-t-il assez de temps pour se défouler en plein air ? Je sais que ma fille devient vite irritable et agressive si elle ne passe pas assez de temps en jeu libre à l’extérieur (c’est parfois pesant mais je m’astreins à passer au minimum 1h30 par jour après l’école dehors, quel que soit le temps… parce que sinon, les soirées dégénèrent). Par ailleurs, l’alimentation peut jouer un rôle sur l’agressivité. Peut-être pouvez-vous essayer de réduire les quantités de sucres et d’additifs industriels (via les gâteaux industriels et plats préparés) dans son alimentation ?

      Pour en revenir à l’école, je vous encourage à réfléchir à une alternative pour l’an prochain (est-ce envisageable de pratiquer l’IEF ou alors de le scolariser en école Montessori/ Freinet/ Steiner/ Sudbury ?).

      J’espère avoir pu vous donner des pistes.

      Je vous envoie beaucoup de pensées positives.
      Caroline

  8. Pollen dit :

    Bonjour,
    Je me permets un petit commentaire suite a votre article qui aiguille pour des bambins car je fais (deja) face aux frustrations de ma fille de bientot 8 mois : si je lui retire un objet (exemple sa cuillere avant de se coucher) elle a l’air de se sentir frustree (rale, pleurs comme si c’était la chose la plus triste qui existe !). Comment reagir de facon intelligente et bienveillance a cette reaction d’un bébé ? (Et dire que ce n’est que le debut ^^)

  9. aude dit :

    Bonsoir,
    j’ai lu avec bcp d attention tous vos témoignages et conseils.
    Je me retrouve bcp dans le commentaire de soun.
    ma fille de 7 ans à été diagnostiquée hp depuis peu.
    nous lui avons fait faire un test apres que ses maîtresses (seulement en février ) apres les avoir rencontré,nous dresse un portrait plutôt négatif de ma fille (limite si elles ne pensaient pas qu elle avait un soucis psychologique et mm psychoaffectif)
    Ma fille est suivie par une psychologue, qui lui a fait les test et à effectivement été diagnostiquee hp.
    nous avons expliquer tout ca aux maitresses, mais j ai l impression que l une( * la directrice )des deux à pris ma fille en grippe et que de toutes façons rien ne changera.
    la où il y a problème, c est que depuis qqs temps ma fille se remet à taper ses copines et aujourd’hui à ecrit des gros mots, dictés par une autre, et elle va montrr ca à la directrice. …
    donc carton rouge…. ( sanction avant une exclusion )…..
    Je ne sais plus comment faire avec ma fille,on lit des livres sur le bien/le mal,on travaille avec la psy…..et j’ai l impression que rien ne change. …pourtant elle sait les regles…mais elle ne les respecte pas… ou alors peu de temps…
    comment l aider autrement?
    Merci.

    • Caroline dit :

      Bonjour

      avant de vous répondre, je tiens à préciser que je ne suis pas psychologue ni coach familiale (juste une maman enseignante qui lit beaucoup !). Les quelques pistes que je vais évoquer sont donc à prendre comme des « conseils d’amie » :).

      Les enseignants sont souvent désarçonnés par les enfants HP car ces derniers cherchent toujours à savoir pourquoi une règle existe, quelle est sa légitimité et n’hésitent pas à la remettre en cause si elle ne leur parait pas juste. Je ne pense pas que votre fille ait un problème de distinction du bien et du mal mais c’est peut-être l’inverse ! Elle a un sens tellement aigü de la justice qu’elle se rebelle contre ce qui lui parait être un manque de justice et de respect. Et on ne peut pas dire que l’école soit adaptée pour certains enfants HP (et pourquoi je dois rester assise toute la journée ? et pourquoi je ne dois pas discuter ? et pourquoi je suis obligée d’apprendre ça ?…).
      J’aurais tendance à dire que le principal est de reconnaître les émotions de votre fille : « c’est difficile dans cette école, tu as l’impression que personne ne te comprend ? la directrice t’oblige à faire des trucs et tu te sens infantilisée ? tu aimerais qu’elle te reconnaisse à ta juste valeur ? tu n’aimes pas être assise toute le journée en te taisant et en écoutant des trucs que tu sais déjà ? »).

      Les enfants HP ont souvent un décalage entre leur intelligence dite scolaire (maths, français, science, histoire…) et leur intelligence émotionnelle/ relationnelle. Peut-être que cela vaudrait le coup de faire quelques exercices d’éducation émotionnelle pour que votre fille apprenne à apprivoiser ses émotions pour exprimer son côté « soif de justice et de connaissance » sans heurter les autres ou s’attirer des problèmes. Le dernier cahier des émotions d’Isabelle Filliozat est très bien fait pour cela : http://urlz.fr/3Kmf

      Par ailleurs, je vous invite à consulter ces deux articles sur les enfants HP :
      Aider un enfant surdoué à réussir à l’école
      Mieux comprendre les enfants HP (haut potentiel) : juste une avance intellectuelle ?

      J’espère avoir pu vous aider.

      Bonne journée
      Caroline

  10. Anne-Claire dit :

    Bonjour, merci pour votre articld, mais j’aimerais accompagner ma fille de 16 mois qui dès qu’elle a une frustration se met à se taper la tête avec ses mains et à pleurer. Comment aider un enfant de cet âge à l’accompagner dans ses émotions?
    Merci d’avance

  11. CHS dit :

    Bonjour.
    Je tombe sur le blog par hasard en cherchant à comprendre le pourquoi de tant de colères chez les enfants, de la violences et l’explosion face à de toutes petites frustrations. Je m’occupe d’enfants depuis 20 ans et j’ai 52 ans. Cette situation est assez récente pour moi mais je l’observe depuis 2010. J’aimerai savoir pourquoi : tablette ? téléphone portable (les petits de 3 ans jouent avec ceux des parents). Je fais aussi les petits devoirs avec les enfants. Croix et bannière : « c’est trop dur, pas envie, c’est nul … « .
    C’est très de décourageant et j’ai face à moi des parents épuisés, qui chercent eux aussi. Très souvent on me parle de Hp. Alors à moi de sourire. Mes deux enfants le sont. 23 et 24 ans maintenant, j’ai connu le grand écart entre l’émotionnel et le savoir, la déprime de lado et même l’échec universitaire au début pour le plus prometteur en apparence mais aussi le plus fragile. JAMAIS tout le reste décrit.
    Je me questionne suis je d’un autre temps ?
    amicalement

    • Caroline dit :

      Bonjour,

      merci pour votre message… mais j’avoue que je ne saurais trop quoi vous répondre :). Je n’ai pas assez de recul ni assez d’expérience pour vous apporter une réponse étayée, constructive et hors des phrases bateaux comme celles que vous mentionnez (les enfants HP ou même TDAH).

      Isabelle Filliozat dit que nos enfants sont beaucoup plus stimulés que ceux des générations précédentes : plus d’écran en effet, plus de publicité, plus de produits dans les magasins, plus de marketing partout jusque dans la rue, plus de bruit… Or le cerveau humain n’est pas fait pour ces surstimulations.

      Par ailleurs, plusieurs pédagogues mettent en garde contre le trouble du déficit de nature. Les enfants d’aujourd’hui seraient des « enfants d’intérieur » qui ne sont pas assez en contact avec la nature et qui ne bénéficient pas assez de temps de jeu libre.

      Il y a également un enjeu autour de l’alimentation et des perturbateurs chimiques en tout genre. On peut également noter l’accélération du temps : on a tendance à pressurer nos enfants avec des horaires de fous. Thomas d’Ansembourg dit justement que que le premier enjeu de la non violence est de réapprendre à prendre le temps… d’autant plus qu’avec les incertitudes économiques, les enfants sont soumis à une forte pression entre la peur de leurs parents de les voir échouer à l’école et les exigences de l’école (« aie des bonnes notes sinon tu finiras chômeur » pour caricaturer mais finalement, on n’est pas si loin de la réalité…).

      Enfin, notre société occidentale accorde peu de place à la fragilité, à la vulnérabilité et tolère de moins en moins la nature de l’enfant (les bruits, le désordre, le temps nécessaire aux apprentissages…). Ne serait-ce pas plutôt alors la société qui serait malade de ses enfants ?

      Je ne sais pas si j’ai répondu à votre question mais j’espère avoir pu soulever quelques pistes à creuser 🙂

  12. DUSAUTOIR dit :

    Bonjour,

    Voilà je cherche des piste pour notre fille de 21 mois.
    Le coucher c’est bien passé jusqu’à présent avec un rituel sympa pour nous trois…
    Depuis 3 jours nous sommes démunis. la fin d’activité avant le rituel ce passe mal. Impossible de passer au rituel avant la nuit.
    Nous pensons que le rituel doit évoluer mais nous ne savons pas comment faire car hier nous avons changé sensiblement les choses et c’est tourné a la catastrophe.
    Colère, pleurs , cris, impossible de faire un câlin… pour la calmer d’impuissance nous avons quitté la chambre en lui parlant avant. 5 minutes après elle dormait…
    Je ne suis pas du tout satisfaite de la façon dont nous avons géré cela mais nous avons été abasourdi par l’événement.
    Comment l’accompagner au couché sans que cela retarde l’heure et que cela se passe tranquillement comme jusque maintenant?
    Voilà merci pour votre « écoute » …
    Claire

  13. Marie dit :

    Très Interressant, merci beaucoup !

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